Les clubs du jeudi doivent doper notre coefficient UEFA
Genk, Antwerp et Gand représentent la D1 belge dans les "petites" Coupes d'Europe, dont la nouvelle Europa Conference League.
- Publié le 16-09-2021 à 13h59
- Mis à jour le 16-09-2021 à 14h00

Si Bruges attire tous les regards dans la prestigieuse C1, c'est ici que ça se joue réellement, pour les clubs belges. Dans les "petites" Coupes d'Europe, où il y a du neuf.
1. Europa Conference League : la petite nouvelle
L'UEFA a relancé une troisième compétition, pour permettre aux clubs des plus petits pays de disputer davantage de matchs et pour faire rentrer un peu plus d'argent, avec un autre produit à vendre aux TV : l'Europa Conference League (ECL). Même si elle est disputée par quelques gros bras comme Tottenham et l'AS Roma, on peut rêver d'un sacre belge, un jour, ce qui semble difficilement imaginable pour l'Europa League. Si Anderlecht a échoué à s'y qualifier, Gand représentera la Belgique dans cette nouvelle Coupe.
2. Du neuf en Europa League
Vu l'apparition de la nouvelle "C3", la "C2" passe de 48 à 32 clubs et se densifie, ce qui la rend plus relevée, pour Genk et l'Antwerp (voir ci-contre). Les vainqueurs de groupe sont désormais directement qualifiés pour les huitièmes de finale, alors que les seizièmes de finale verront les huit 2es de groupe affronter les 3es de Ligue des champions. Autre nouveauté : les 3es de groupe de l'Europa League seront reversés en seizièmes de finale de Conference League où ils affronteront un 2e de groupe. Les vainqueurs de groupe de ECL seront eux aussi directement qualifiés pour les huitièmes de finale.
Moins clinquante et moins rémunératrice que la C1, l'Europa League offre tout de même 3,6 millions € de primes de participation à ses clubs, contre 2,9 millions € en ECL (et 15,6 millions en C1). La victoire rapporte 630 000 € en C2 et 500 000 € en C3… contre 2,8 millions € en C1.
3. La Coupe des Belges ?
L'arrivée d'une troisième Coupe doit faire du bien au coefficient belge, en souffrance et qui a un grand besoin de points. Car une victoire en C2 ou en C3 rapporte autant qu'en Ligue des champions. Si ce ne sera pas forcément facile pour Genk et l'Antwerp, ils peuvent, au pire, retomber et se relancer dans une Conference League où l'on attend de Gand qu'il fasse carton plein. La C3 doit faire sourire notre coefficient. Et, pourquoi pas, ajouter une ligne au palmarès européen de la Belgique, vierge de titre depuis 1988 et Malines.
Genk n'a pas le droit à l'erreur avant les deux gros morceaux
West Ham est la tête d'affiche d'un groupe où le Dinamo Zagreb peut aussi faire mal.
Les adversaires: West Ham, Dinamo Zagreb, Rapid Vienne
Le groupe de Genk est moins relevé que celui de l'Antwerp, mais cela ne sera pas facile pour autant pour le vice-champion belge, qui a buté sur le Shakhtar Donetsk en préliminaires de C1.
West Ham, qui retrouve l'Europe pour la première fois depuis 2006 (hors préliminaires), fait figure de favori. Sixième de Premier League, il a été porté par des joueurs comme les internationaux tchèques Soucek et Coufal ou Declan Rice, finaliste de l'Euro. Cet été, l'équipe de Moyes n'a perdu que Lingard, rentré à Man-U, et a dépensé 75 millions € en transferts.
Le Dinamo Zagreb ne sera pas à prendre de haut. Le champion de Croatie dispose de nombreux joueurs de premier plan, dont son gardien, Dominik Livakovic (26), qui est aussi celui de la sélection aux damiers. Mislav Orsic (24 buts la saison passée), l'attaquant Bruno Petkovic et Luka Ivanusec, meneur de jeu prometteur de son pays, sont trois autres internationaux croates à suivre. La valeur du noyau des Croates est d'ailleurs estimée à 110 millions € par le site spécialisé Transfermarkt, soit à peine moins que Genk (127). Le Dinamo a marqué les esprits la saison passée en atteignant les quarts de finale de l'Europa League après avoir dominé un groupe où il a battu Feyenoord et le CSKA Moscou, puis sorti Krasnodar et Tottenham, avant de chuter sur Villarreal. Il faudra voir comment l'équipe aura digéré les départs de Josko Gvardiol pour Leipzig et de Lovro Majer pour Rennes.
Le Rapid Vienne, vice-champion 2021, semble nettement en dessous, d'autant qu'il rate son début de saison, avec à peine huit points en sept matchs de championnat. Il sera vital pour Genk de s'y imposer dès ce jeudi soir, donc.
Le noyau de Genk : Vandevoordt, Chambaere, Leysen, McKenzie, Sadick, Cuesta, Lucumi, Arteaga, Juklerod, Munoz, Preciado, Heynen, Trésor, Toma, Hrosovsky, Eiting, Oyen, Thorstvedt, Ito, Bongonda, Onuachu, Ugbo, Paintsil.
L'Antwerp aura fort à faire
Les pensionnaires du Bosuil se retrouvent dans une poule compliquée mais homogène.
Les adversaires: Olympiakos, Eintracht Francfort, Fenerbahçe
Après avoir éprouvé toutes les difficultés du monde pour venir à bout de l'Omonia Nicosie, l'Antwerp retrouve les poules de l'Europa League un an après s'être signalé dans la compétition. Le tirage s'annonce redoutable avec trois équipes de qualité.
Engels va retrouver l'Olympiakos où Henry Onyekuru refoulera de manière éphèmere le sol de la Belgique. Les Grecs ont conservé une recette identique aux exercices précédents. Un mélange d'expérience avec des talents qui ont connu de grands clubs et de jeunesse. Malgré leurs 36 et 34 ans, Mathieu Valbuena et Youssef El-Arabi constituent les forces offensives du club le plus titré de son pays. Les attaquants anversois devront aussi se méfier de l'ancienne promesse du football français, Yann M'Vila, véritable sentinelle.
Avec trois petits points en quatre rencontres, l'Eintracht Francfort a raté son début de saison mais il constitue toujours un adversaire redoutable même si les Allemands n'ont pas encore gagné cette saison. Il faudra se méfier de Jens Petter Hauge, prêté par l'AC Milan et ô combien prometteur. Jesper Lindström, arrivé de Bröndby contre un chèque de 7 millions d'euros sera aussi à surveiller. Avec plus de dix arrivées, les Francfortois doivent bénéficier de temps pour acquérir des automatismes mais le talent intrinsèque existe.
Dans un 3-4-3 offensif et alléchant, Fenerbahçe endosse le rôle de favori dans un groupe compliqué mais homogène. Enner Valencia est une machine à buts et les Turcs peuvent compter sur le génie de Mesut Özil même si sa carrière est derrière lui. Sur le plan défensif, Attila Szalai, Marcel Tisserand et Luiz Gustavo forment une charnière centrale à trois hermétique, même si ce dernier peut évoluer un cran plus haut. La richesse de l'effectif constitue une force où le jeune Fatih Sanlitürk, 18 ans, marque dès qu'il entre en jeu. Aly Samatta aura à cœur de briller devant son club qui l'a loué au Great Old pour la saison.
Le noyau de l'Antwerp : Butez, De Wolf, De Laet, Engels, Buta, Quirynen, Vines, Dessoleil, Bataille, Van den Bosch, Almeida, Nainggolan, Verstraete, Fischer, Yusuf, Benson, Gerkens, Miyoshi, Dwomoh, Eggestein, Balikwisha, Samatta, Frey.
Gand n'a pas d'excuses
Les Buffalos doivent impérativement passer leur groupe.
Les adversaires: Partizan Belgrade, Anorthosis Famagouste, Flora Tallinn
L'exotisme découle de cette poule. Le tirage a réservé des destinations inattendues aux hommes d'Hein Vanhaezebrouck. L'an dernier, il avait été clément en Europa League mais ça n'avait pas empêché les Buffalos de signer un piètre 0/18. Il ne faudra pas sous-estimer ces adversaires prenables au vu de l'irrégularité démontrée lors de ce début d'exercice.
Le Partizan Belgrade n'est plus la grande armada qu'ont connue les observateurs du football des années 90 au même titre que son voisin de l'Étoile rouge, même si un déplacement au stade du Partizan ne représente jamais une sinécure. Dotés de nombreux autochtones, les Serbes peuvent compter sur l'ancien Anderlechtois Lazar Markovic, comme star de leur effectif.
L'Anorthosis Famagouste s'était signalé il y a treize ans en devenant la première équipe chypriote à atteindre la phase de poule de la Ligue des champions. Une décennie plus tard, le club aux treize titres et aux dix Coupes de Chypre ressort de l'anonymat grâce à la Conference League. Leur arme offensive est guidée par les pieds de Kyle Lafferty. Le buteur nord-irlandais a trouvé le chemin du filet adverse à cinq reprises en cinq matchs avec Kilmarnock avant de quitter l'Écosse pour s'offrir un nouveau défi. Si Famagouste veut briller, l'international devra faire preuve de son adresse habituelle.
Le club le plus populaire d'Estonie découvre la Coupe d'Europe même s'il fréquente assidûment ses tours préliminaires depuis 25 ans. Malgré un nom qui ne dit rien à personne, Flora Tallinn doit être pris au sérieux. Cette année, les Estoniens n'ont pas été ridicules face au Legia Varsovie (0-1, 1-3) et lors de l'exercice précédent, seul le Dinamo Zagreb les avait privés d'une participation historique aux phases de groupe de la Ligue Europa.
Julien Parcinski
Le noyau de La Gantoise : Bolat, Roef, Jochmans, Okumu, Operi, Ngadeu, Castro-Montes, Hanche-Olsen, Nurio, Godeau, Owusu, Odjidja, De Sart, Hjulsager, Samoise, Marreh, Kums, Bruno, Malede, Bayo, Tissoudali.