OHL Women sacré champion de Belgique pour la première fois : les clés de la réussite de Louvain en Super League
Louvain a mis fin à l'hégémonie d'Anderlecht dans le championnat féminin et a décroché son premier titre de champion de Belgique.

- Publié le 18-05-2025 à 18h57
Après le septuplé du Standard et le septuplé d'Anderlecht, le championnat féminin a un nouveau champion : OHL Women. Souvent placé ces dernières années dans le sillage du Sporting, le club louvaniste a pu, cette fois, soulever le trophée. Enfin diront certains. Le sacre l'a été dans un Den Dreef, qui n'a pas battu le record d'affluence de Super League d'Anderlecht, surchauffé avec le kop louvaniste pour rythmer l'ambiance électrique comme les grandes affiches de JPL ou de SL peuvent créer.

"Pour le club, c'est une bonne chose car il a commencé en bas", rappelle Julie Biesmans, la capitaine d'OHL qui avait déjà été plusieurs fois championne avec le Standard Femina. "Ça a toujours été difficile mais ils ont construit une équipe pour commencer à rivaliser. Pour le championnat, c'est bien aussi car cela montre que quand tu fais des efforts en interne, tu peux y arriver. Et puis, c'est bien aussi que ce soit un autre club qu'Anderlecht (rires)."
Une usine à talents
Pour beaucoup, ce titre était mérité. Non pas seulement pour cette saison mais pour le travail fait en profondeur. Là où Anderlecht s'est souvent présenté avec le plateau le plus fort grâce à son recrutement, OHL a fait le choix de la formation même s'il est allé piocher quelques joueuses d'expérience comme Biesmans. Louvain a sorti plusieurs talents ces dernières saisons dont certaines évoluent à l'étranger : Tysiak et Kees en Angleterre, Detruyer à l'Inter, Janssens à Hoffenheim.

D'ailleurs, le match du titre s'est joué samedi après-midi avec un quintet de joueuses de la génération 2008 sur la feuille de match et une moyenne d'âge de 22 ans pour le onze de base (24,7 pour le RSCA). Les deux buts ont d'ailleurs été inscrits par deux pépites : Hannah Eurlings (22 ans mais déjà considérée comme une ancienne) et Kadhiya De Ceuster (16 ans) qui n'a pas eu froid aux yeux lors de sa montée au jeu. Ces dernières années, cette jeunesse talentueuse a souvent failli mentalement, comme lors de la finale de la Coupe de Belgique 2024 perdue contre Bruges après avoir mené au score. Ce ne fut pas le cas cette fois.

"On avait d'ailleurs décidé de bien préparer les jeunes joueuses pour ce match car elles s'étaient mises dans une situation inconfortable (NdlR : suite à leur défaite la journée précédente contre le Standard Femina) avec cette obligation de victoire, raconte Aline Zeler, la Women Manager d'OHL. Mais désormais ces jeunes ont pris un an et les anciennes ont pris leurs responsabilités. On parle souvent de offday en football mais samedi, c'était tout l'inverse."

Une 10e couronne pour Aline Zeler
Si pour beaucoup dans le club, ce titre était une grande première, Aline Zeler peut se targuer d'avoir empoché son 10e titre national. Après neuf consécutifs en tant que joueuse (un avec Saint-Trond, sept avec le Standard, un avec Anderlecht), voici le premier en tant que membre d'une direction. "Et c'était le plus difficile à avoir, rigole la Marchoise. Sur le terrain, je pouvais encore tirer mais ici, c'est différent. Évidemment, tu essaies de délivrer les bons mots envers le staff et les joueuses mais c'est différent. C'est surtout un travail collectif. Et pas seulement aujourd'hui. L'ancienne direction, avec Peter Willems (NdlR : devenu CEO de l'Union belge) avait déjà fait un énorme travail pour la section féminine et on est dans la continuité avec la nouvelle sous Frédéric Van den Steen. À OHL, on retrouve les gens à la bonne place et on travaille avec des gens full-time aux postes importants. C'est indispensable pour le développement de la compétition."
