Le football, miroir d'une société fracturée : "Il ne faut plus grand-chose pour que l'incendie prenne"
Après la victoire du PSG en finale de Ligue des Champions ce samedi, Paris a à nouveau été victime de vagues de violence.

- Publié le 01-06-2026 à 19h17

Ces violences étaient-elles prévisibles ? Pour Marco Martiniello, sociologue et directeur du Cedem à l'ULiège, la réponse est claire. "On remarque une résurgence de la violence un peu partout. Ce qu'on voit autour du football n'est que le symptôme d'une dynamique sociale plus large."
Première erreur à éviter : dresser un profil type. "C'est une erreur de globaliser. Si en France, on pointe les jeunes des banlieues, en Belgique, à Bruges, ce sont des gens plus âgés, issus de l'extrême droite. Il y a une diversité de profils, des gens qui viennent uniquement pour en découdre, mais aussi beaucoup qui se laissent emporter par l'effet de foule", analyse-t-il.
Un élément commun toutefois : "Ce sont très souvent des hommes, de milieux sociaux différents."
Nicolas Hourcade, sociologue français spécialiste du supportérisme, confirme et précise : "Les incidents de samedi sont significativement différents de ceux causés par les groupes ultras ou hooligans. Ils concernent plutôt les grands rassemblements festifs, pas seulement liés au sport."
Des fractures profondes
Et derrière les fumigènes et les mortiers, il existe des fractures plus profondes. "La France est un pays très fracturé. Des jeunes qu'on dit racisés, ethnicisés, se sentent rejetés par la République, et parfois tentés de la rejeter à leur tour. Le football, c'est le miroir déformé de la société. On y voit des jeunes invisibilisés qui veulent exister, se montrer, poursuit Martiniello. Parfois, on a le sentiment que la violence est attendue, incorporée au spectacle. Il ne faut pas grand-chose pour que l'incendie prenne."
Pour Hourcade, ces rassemblements festifs appellent une "gestion spécifique", qui fait encore défaut. La solution ? Elle ne viendra pas d'une seule réponse. "Il faut à la fois une politique éducative, préventive et répressive, mais aussi une série de solutions sociales pour s'attaquer aux racines du problème", conclut Marco Martiniello.
