Haroun et Martens: "Tristes durant le Mondial ? Pas du tout !"
Faris Haroun et Maarten Martens reviennent sur leur période de gloire en noir-jaune-rouge. Flashback.
- Publié le 06-02-2015 à 16h48
- Mis à jour le 07-02-2015 à 13h42

Faris Haroun et Maarten Martens reviennent sur leur période de gloire en noir-jaune-rouge "Parfois, il faut avouer ne pas avoir autant évolué que d'autres jeunes" , confie Maarten Martens. Faris Haroun et lui viennent de débarquer au Cercle alors que leurs camarades de jeu de l'époque des Jeux Olympiques de 2008 cartonnent dans les plus hautes sphères européennes.
Ce n'est pas pour autant qu'ils ne sont pas fiers de ce qu'ils ont accompli. Ils se sont livrés à Fan , le supplément de Het Nieuwsblad .
Qu'attendiez-vous l'un de l'autre au moment de jouer les JO de Pekin en 2008 ?
Faris Haroun : "Maarten évoluait déjà à l'AZ Alkmaar, qui cartonnait aux Pays-Bas. Je savais que, comme tous ceux de cette équipe, il ferait une belle carrière car il en avait les qualités. Tout dépend ensuite de détails."
Maarten Martens : "Faris était un titulaire, une pièce maîtresse. La sélection était forte et Faris apportait son énorme volume de course. J'ai toujours été impressionné par son jeu."
Qui sont les meilleurs joueurs avec qui vous avez évolué ?
M.M. : "Les gars qui sont chez les Diables à l'heure actuelle ! À l'AZ, j'ai également côtoyé Arveladze. C'est un footballeur très spécial, mais bourré de qualités."
F.H. : "L'équipe Espoirs qui s'est déplacée à Pékin était très talentueuse. J'ai pu jouer avec Fadiga. Il est celui qui m'a laissé la plus grosse impression."
De plus en plus de jeunes joueurs quittent la Belgique dès que possible. Quel conseil pourriez-vous leur donner ?
M.M. : "Chaque cas est différent. Dans le mien, il est vite apparu que l' Eredivisie était la meilleure compétition pour moi. Certains sont capables de partir jeunes, d'autres n'y arrivent pas. Les routes sont toutes différentes, mais si un joueur a du talent il n'y a qu'une seule chose à faire : rester concentré et bosser. Regardez ce qu'a fait Dries Mertens. Il a pris un tracé unique en son genre, mais il est arrivé dans un grand club. Il est la preuve qu'il ne sert à rien de donner un conseil général car chaque cas est différent."
F.H. : "Partir est peut-être la meilleure option, mais une blessure peut vite arriver. Tant de facteurs jouent un rôle. Et tout dépend de la mentalité du garçon."
Êtes-vous satisfaits de votre carrière jusqu'ici ?
F.H. : "On peut toujours mieux, mais je suis heureux d'avoir été international et d'avoir joué en Angleterre."
M.M. : "Certains voudront débattre sur certains moments, sur certains choix, mais c'est inutile. J'ai toujours fait de mon mieux et je n'ai aucun regret. Si tu te donnes à fond et que les blessures viennent te stopper, c'est très gênant mais lorsque je déciderai d'arrêter le football, je n'aurai aucun regret. Puis, j'ai connu de belles choses. Je me souviens encore à quel point j'étais fier au retour de Pekin. C'était énorme d'avoir pris part à cela."
F.H. : "Les JO sont mon plus beau souvenir. On fait un truc de fou à ce moment-là."
Vous aviez atteint les demi-finales tandis que les Diables n'ont été qu'en quarts au Brésil…
M.M. : "À ce niveau, tout se joue sur des détails. Les États-Unis auraient pu réaliser le hold-up en fin de match et tout le monde aurait été déçu. C'est une question de chance. Si la Belgique l'avait eu contre l'Argentine, ç'aurait été un moment fabuleux."
F.H. : "Pour une première Coupe du Monde depuis un bon moment, c'est un beau résultat qui donne de l'espoir pour les grands tournois à venir."
Vos anciens équipiers étaient sur le terrain, cela ne vous a pas fait mal de les voir participer à la Coupe du Monde ?
F.H. : "Absolument pas. J'avais d'autres choses en tête et puis pas mal d'amis y ont participé. J'ai donc regardé avec plaisir."
M.M. : "Je n'ai aucun regret. Il faut juste avouer ne pas avoir autant évolué que d'autres jeunes."
Un autre de vos équipiers, Tom De Mul, a même dû prendre une retraite anticipée suite à de nombreuses blessures.
F.H. : "Cela n'avait rien à voir avec ses qualités. C'est vraiment dommage, mais c'est le football. Parfois, il faut avoir ce petit coup de pouce de la chance."
Martens: "Je voulais juste écouter et j'ai signé"
Le club qui a réalisé le plus beau mercato hivernal ? Il se nomme peut-être le Cercle Bruges. Avec deux anciens internationaux, le petit frère de l'ogre de la Venise du Nord compte bien se maintenir fièrement parmi l'élite.
L'arrivée de Faris Haroun et de Maarten Martens est un coup aussi bien marketing que sportif et, pour le moment, le résultat est positif.
Maarten, Faris vous a-t-il conseillé de le rejoindre ?
M.M. : "Je ne jouais plus au PAOK et je cherchais une solution. Mon manager m'a parlé d'un intérêt du Cercle. J'ai accepté un entretien. À la base, je voulais juste écouter… et j'ai signé. Le projet me parlait. Seulement ensuite, j'en ai discuté avec Faris."
F.H. : "Quand j'ai vu qu'on évoquait son arrivée, je me suis dit que ce serait un vrai plus pour l'équipe car je connais ses qualités. Cela ne sera pas simple de sauver le Cercle et deux joueurs ne feront pas la différence, mais bien le groupe."
Les gens s'étonnent de voir deux noms comme vous se battre contre la descente…
F.H. : "Je ne choisis pas mon club en fonction de l'avis des gens. Cela fait un an que je n'ai plus joué et j'avais besoin d'un environnement qui me conférait de la confiance. Je devais aussi reprendre du plaisir sur le terrain et c'est le cas ici."
M.M. : "Je ne connais pas bien le parcours récent de Faris, mais il semble proche du mien. Quand tu ne joues pas pendant un moment, tu es moins heureux. J'ai commencé à réfléchir, à me dire que je n'avais jamais vraiment joué en Belgique et le Cercle m'a proposé un challenge. Je me suis dit que c'était l'occasion de retrouver du temps de jeu."
Vous voyez-vous retourner en Grèce, où se trouve encore votre famille ?
M.M. : "Peut-être. Il me reste un an de contrat et tout peut arriver, surtout en Grèce. Nous ne voulions pas que notre fille change d'école et encaisse un déménagement soudain. Nous verrons comment se passent les premiers mois et l'été sera le moment idéal pour prendre une décision."
Faris, vous imaginez-vous dans la peau d'un joueur du Cercle la saison prochaine ?
F.H. : "Je n'en sais encore rien. Nous allons d'abord maintenir l'équipe parmi l'élite et nous verrons ensuite."
Votre force est votre expérience à l'étranger !
M.M. : "En Grèce, j'ai appris qu'on pouvait gagner en jouant mal. Pour cela, il faut y croire. C'est très différent des Pays-Bas, où tout le monde joue son propre jeu. J'ai également tiré des enseignements de mes premières semaines d'entraînement ici au Cercle, car il y a beaucoup d'enthousiasme dans la manière de bosser."
F.H. : "J'essaie d'amener le travail physique effectué en Angleterre. Ça cogne dur là-bas et il faut bosser au quotidien pour être au top."
Si vous parvenez à sauver le Cercle, vous considérez cela comme un trophée ?
F.H. : "Non, car pour une équipe comme le Cercle, le maintien n'équivaut pas à un prix. Par contre, on ne peut cacher que c'est un réel challenge."
M.M. : "Jouer le maintien est une chose qui m'est inconnue, mais je perçois bien le défi et les intentions du club. J'espère pouvoir aider le club et qu'il en fasse de même. Au final, tout le monde en sortira gagnant."
"Van Gaal faisait déjouer les équipes anglaises"
Lorsqu'il évoluait à l'AZ Alkmaar, Maarten Martens était sous les ordres d'un certain Louis Van Gaal. Entre-temps, le coach batave est devenu l'un des techniciens les plus hype du football moderne.
"Il est convaincu d'être assez fort pour entraîner partout. Je me souviens qu'il posait souvent des problèmes aux équipes anglaises. Il trouvait toujours une parade tactique pour les faire déjouer. Il avait toujours une idée claire pour bloquer son opposant. Me suit-il encore ? Je n'en sais rien, mais le connaissant et connaissant sa passion pour le football, il suit tout."
Haroun : "Je restais avec Fellaini et Dembélé"
Faris Haroun n'a jamais caché qu'il aimait l'Angleterre et son foot. Même durant les quelques mois qu'il a passés sans club, le Belge a séjourné outre-Manche.
"J'y ai passé encore trois ou quatre mois. Je restais souvent avec Marouane Fellaini et Moussa Dembelé, de vrais amis avec lesquels je suis en contact. J'adore le style anglais sur le terrain, mais je ne veux pas me projeter dans l'avenir et penser à un retour là-bas. Je me concentre sur mes prestations avec le Cercle et nous verrons ensuite ce qui arrivera."
