Les Diables rouges appelés en mars sont souvent ceux de la sélection en mai
Les lignes sont en majorité figées lors du dernier rassemblement avant la divulgation de la liste pour une phase finale. Les blessures restent les moyens les plus susceptibles de les faire bouger. Retour sur ce qu'il s'est passé en 2014 et 2016…
- Publié le 24-03-2018 à 11h57

Les lignes sont en majorité figées lors du dernier rassemblement avant la divulgation de la liste pour une phase finale. Les blessures restent les moyens les plus susceptibles de les faire bouger. Retour sur ce qu'il s'est passé en 2014 et 2016…
Nainggolan avait disparu
Le Romain, comme Simons ou Gillet, n'avait finalement pas disputé le Mondial. Que la liste pour le match amical contre la Côte d'Ivoire ne recèle que 23 noms n'est finalement qu'un trompe l'œil. Mais aussi une indication des arbitrages futurs. Chez les gardiens, sans une fracture du tibia début avril qui l'a lancé dans une course contre la montre finalement perdue, Koen Casteels, de chaque rassemblement, aurait été du voyage au Brésil. Et le gardien d'Hoffenheim a finalement été remplacé par Sammy Bossut.
Ce qui peut paraître improbable quatre ans plus tard montre à quel point le temps passe vite puisque le gardien sortait d'une très belle saison avec Zulte Waregem alors que Silvio Proto s'était, lui, cassé le doigt.
En défense, Anthony Vanden Borre signe à l'époque un come-back retentissant qui va s'étirer jusqu'au Brésil et sera fatal à Thomas Meunier, mais surtout à Guillaume Gillet, la doublure au poste de latéral droit durant toute la campagne.
Finalement, chez les défenseurs, un seul nom a disparu de mars à juin : celui de Sébastien Pocognoli au profit de Thomas Vermaelen.
Dans une structure à huit éléments, Wilmots avait privilégié la polyvalence de l'Anversois qui n'avait pas été rappelé en mars à cause d'une élongation au mollet alors que le Liégeois a lui aussi payé un temps de jeu en chute libre à Hanovre (un match de mars à juin).
Steven Defour traînait au printemps 2014 exactement la même blessure que Vermaelen, qui l'avait empêché d'honorer sa sélection contre les Ivoiriens.
L'appel à Nainggolan relevait de l'évidence : dans la foulée de son transfert en janvier de Cagliari à l'AS Rome, le milieu avait gagné en exposition, confirmant son talent. Wilmots avait fini par le convoquer, ne pouvant nier l'évidence, mais s'était ensuite livré lors de ce dernier galop d'essai en amical à une démonstration par l'absurde en plaçant le Romain dans des conditions allant à l'encontre de ses qualités, comme pour démontrer qu'il n'avait pas sa place.
Dès mars, le Brabançon avait annoncé la couleur : "Steven et Radja ont un profil semblable." Deux mois plus tard, même discours : "J'ai dû faire un choix entre les deux. Oui, Radja est titulaire à l'AS Rome, deuxième du championnat d'Italie, mais Steven a été important en Croatie et en Écosse."
Si le vécu dans le groupe a prévalu dans ce cas sur la forme du moment, Wilmots a opposé le raisonnement inverse pour éjecter Timmy Simons et faire une place au talent d'Adnan Januzaj "parce qu'il ne fallait pas hésiter" alors que "la décision de ne pas reprendre Timmy était la plus difficile", le Brugeois ayant l'élégance de ne pas faire de vague. La rupture du tendon d'Achille de Benteke a ensuite ouvert la porte à Divock Origi en attaque. Une énorme surprise à l'époque.
Alors que Michy Batshuayi paraissait clairement en avance, celui qui portait à l'époque les couleurs de Lille et qui n'était encore que U19 avait été surclassé chez les Espoirs en mars. Avant que Wilmots "n'écoute son ventre". Et il n'aura pas été déçu au Brésil…
Chadli et Mirallas sacrifiés
Une cascade de blessures avait touché la défense avant l'Euro.
Comme deux ans plus tôt, Marc Wilmots dévoile en mars une liste de 23 noms pour un amical contre le Portugal qui possède les mêmes propriétés que sa devancière vue les absences majeures de Jan Vertonghen, Vincent Kompany, Kevin De Bruyne et Eden Hazard, tous blessés.
Du quatuor, seul le défenseur de Manchester City ne verra pas la France, pour cause de blessure.
Comme quatre autres défenseurs appelés à l'époque à affronter le Portugal puisqu'une véritable hécatombe va frapper ceux qui évoluent dans l'axe, touchant Nicolas Lombaerts, Bjorn Engels et Dedryck Boyata.
Non retenu en mars mais réserviste en juin, Laurent Ciman intègre logiquement le groupe alors que Christian Kabasele finira par lui aussi s'y faire une place dans la foulée de sa aussi longue qu'excellente saison avec Genk.
Mais si en juin, la problématique sera de se trouver une charnière centrale, elle se concentre en mars sur l'identité de la doublure de Toby Alderweireld dans le couloir droit. Thomas Meunier traversant un petit creux, Guillaume Gillet est rappelé après une éclipse de 18 mois. Le Liégeois ne se berce pas d'illusions : depuis deux ans qu'il est en France, il s'est installé dans l'entrejeu de Bastia puis de Nantes et il a conscience que ses chances de franchir le cut sont très réduites.
Sa déception sera nettement moins importante que deux ans auparavant quand Anthony Vanden Borre l'avait doublé dans la dernière ligne droite.
"J'ai préféré quelqu'un qui est plus habitué au poste de latéral droit comme Thomas Meunier qui est un candidat un peu au-dessus des autres pour l'instant", sert en guise de justification à l'appel du futur Parisien Wilmots qui surprend son monde en voyant "Dembélé et Witsel comme des recours potentiels au back gauche et au back droit".
Les regrets sont à chercher du côté de Steven Defour, Kevin Mirallas et surtout de Nacer Chadli.
Que les deux premiers ne soient pas convoqués en mars avaient valeur de message fort de la part du sélectionneur. En sursis, ni l'un, ni l'autre ne sont parvenus à inverser une tendance devenue favorable à Radja Nainggolan mais surtout à Yannick Carrasco qui profite pleinement à l'époque de la belle campagne de Monaco en Ligue des Champions.
La confirmation de son avènement fera une autre victime collatérale en la personne de Nacer Chadli qui paye aussi la polyvalence de Divock Origi.
"J'ai opté pour des profils particuliers au détriment de Mirallas et Chadli", justifie Marc Wilmots qui partira en France avec les trois avants-centres du printemps : Romelu Lukaku, Michy Batshuayi et Christian Benteke, même si ce dernier signera à l'époque une fin de saison plus que quelconque…
