Les Diables ne feront pas de cadeaux aux Russes: "On n'a pitié de personne"
Lukaku et Martinez ont savouré le retour au stade où ils ont vécu des émotions extrêmes, mais ils visent désormais l'or.

- Publié le 16-11-2019 à 08h16
- Mis à jour le 16-11-2019 à 08h25

Lukaku et Martinez ont savouré le retour au stade où ils ont vécu des émotions extrêmes, mais ils visent désormais l'or.
À une semaine près, cela fait déjà 500 jours que les Diables rouges se sont inclinés dans cette maudite demi-finale du Mondial contre la France. L'endroit du naufrage était le Sint-Petersburg Stadium, entre-temps devenu la Gazprom Arena. C'est là que les Diables affrontent les Russes ce soir. Mais c'est là, aussi, que la Belgique a obtenu sa médaille de bronze contre l'Angleterre. Aussi bien Romelu Lukaku (dont l'inflammation à l'orteil ne l'empêchera pas de jouer) que Roberto Martinez ont reçu des questions à ce sujet, à la conférence de presse de veille de match. "Moi, j'ai effacé ce match contre la France", dit Lukaku. "Je l'ai oublié. Je préfère retenir le positif, la victoire contre l'Angleterre, et la troisième place. Pas mal pour un petit pays. Mais on veut plus."
Quelques minutes plus tard, Martinez enchaînait. "On a connu les émotions les plus extrêmes dans ce stade. Elles nous sont revenues à l'esprit en nous baladant dans les catacombes de cette enceinte. Mais finalement, on est rentrés avec une médaille de bronze du meilleur Mondial depuis que je suis la Coupe du monde. Je prépare le groupe pour le prochain pas. Il est devenu plus mûr qu'en 2018."
On le sait : il ne suffit que d'un point aux Diables rouges pour terminer premier dans la poule. Et même une défaite par un but d'écart suffirait pour devancer la Russie, vu le 3-1 en Belgique . "Mais nous sommes ici pour gagner", dit Lukaku, qui s'est bien marré quand un journaliste russe a demandé s'il allait jouer à 50 % de ses moyens. "Nous n'avons pitié de personne. La faim est énorme dans le groupe. On ne prend rien à la légère. Ce n'est qu'en gagnant des matchs pareils qu'on peut se préparer à quelque chose de grandiose. Ce match en Russie est une finale pour nous."
Tiens, Martinez utilisait aussi le mot 'finale'. "Il n'y a pas de meilleur test que ce match. Le stade sera comble, la Russie a évolué et veut aussi la première place : c'est une véritable finale."
Chadli out mais Martinez n'en parle pas
Mauvaise surprise à l'entraînement des Diables rouges dans la superbe Gazprom Arena : Nacer Chadli manquait à l'appel. Pourtant, Chadli s'était dit bon pour le service, la veille. Et Roberto Martinez n'avait pas abordé le sujet à la conférence de presse, où nous lui avons demandé de faire un bilan médical.
L'Union belge a lancé une communication officielle après l'entraînement : Chadli est resté en Belgique, il devrait être prêt pour le match de mardi. Anderlecht ne doit donc pas trop s'inquiéter. Par contre, le forfait de Chadli permet à Thorgan Hazard de récupérer sa place, que Chadli était sur le point de reconquérir.
La seule autre incertitude concerne Thomas Vermaelen. Tout au long de la semaine, l'entourage de Vermaelen était formel : il ne jouerait pas, suite à sa blessure au mollet. Mais aussi bien jeudi qu'hier, il s'est entraîné. "On va évaluer son cas après le dernier entraînement", expliquait Martinez. Qu'en penserait son club japonais, Vissel Kobe ? Denayer et Cobbaut se tiennent prêts.
De toute façon, la défense devra être remaniée. Boyata fera son grand come-back. Son dernier (et seul match de cette campagne) date de mars, contre… la Russie. Martinez : "Au Mondial, il a montré qu'il est prêt. Cela a été le début d'un nouveau chapitre pour lui. On a été gâtés d'avoir des défenseurs uniques comme Alderweireld, Kompany, Vertonghen et Vermaelen. Ils doivent préparer la prochaine génération."
Dries Mertens, lui, devrait être la victime du retour d'Eden Hazard. Mertens semblait incontournable, mais quand l'effectif offensif est complet, même lui peut se retrouver sur le banc. Cela faisait d'ailleurs quatre matchs (du 11 juin contre l'Écosse) que De Bruyne et Hazard n'avaient plus joué ensemble.
Un 30 sur 30 en préliminaires ? Une chance sur trois d'aller en finale…
Si la Belgique bat la Russie et obtient un 30 sur 30, ce ne serait pas la première fois de l'Histoire que cela arriverait. Mais que signifie un bulletin parfait en préliminaires pour le tour final ?
Neuf nations ont donné le bon exemple à nos Diables en réalisant un parcours parfait : la France pour aller à l'Euro 1992, la Tchéquie avant l'Euro 2000, la France avant l'Euro 2004, l'Espagne et les Pays-Bas avant le Mondial 2010, l'Allemagne et l'Espagne avant l'Euro 2012, l'Angleterre avant l'Euro 2016 et l'Allemagne avant le Mondial 2018.
De ces neufs, trois ont atteint la finale : l'Espagne et les Pays-Bas en 2010 (l'Espagne l'a emporté), et encore l'Espagne, qui a aussi gagné l'Euro 2012. Par contre, trois de ces nations ont été éliminées dès le 1er tour : la France en 1992, la Tchéquie en 2000 et l'Allemagne au Mondial 2018. Le maximum des points ne garantit donc évidemment rien, mais veut quand même dire quelque chose…