Doku est prêt à remplacer Hazard si nécessaire: "Je suis devenu plus que juste un dribbleur"
Plus jeune Diable de la sélection, Jérémy Doku compte bien poursuivre son évolution en vivant son premier grand tournoi à tout juste 19 ans.

- Publié le 01-06-2021 à 18h59
- Mis à jour le 02-06-2021 à 18h43
C'est quand il sourit et tend fièrement l'arrière de son téléphone qu'on se souvient que Jérémy Doku vient seulement de fêter son 19e anniversaire.
"La coque ne date pas d'hier", sourit-il en brandissant son téléphone aux couleurs nationales et floqué d'une photo de lui-même sous la tenue des Diables. "Je ne dors pas avec, mais je l'aime bien."
Doku garde la zen attitude qui lui a permis de rester de marbre lors de ses premiers moments durs aussi bien à Anderlecht qu'à Rennes. En lui, pourtant, l'impatience grandit. Celle de vivre son premier grand tournoi sous la vareuse de l'équipe nationale.
"C'est une belle saison pour moi : premier transfert, premier grand tournoi", sourit-il. "C'est spécial d'être ici à l'aube d'une telle compétition. Il y a trois ans, j'étais encore sur la Groenplaats d'Anvers pour regarder les matchs des Diables à la Coupe du monde 2018 sur écran géant. Être dans ce groupe à mon âge est incroyable, mais je me suis bien intégré. Même auprès de joueurs plus âgés. Je ne me sens pas spécialement jeune vu que j'ai déjà eu quelques sélections. Je me dis que j'ai le même âge qu'eux. Puis, il n'y a pas d'âge dans le foot."
Doku est taillé pour avaler les records à la louche. Mais, s'il passe plus de dribbles en Ligue 1 que Kylian Mbappé, il n'a pas pu dépasser Enzo Scifo au classement des plus jeunes Diables rouges appelés à jouer un grand tournoi.
Il affiche neuf mois de plus que Scifo au moment de commencer son Euro, mais Doku n'en reste pas moins une exception. Seuls dix joueurs (en incluant ceux des listes élargies) seront plus jeunes que lui au moment de lancer les hostilités.
"Faire partie des plus jeunes joueurs du tournoi est une fierté supplémentaire. Cela signifie que j'ai été rapidement impliqué dans la sélection. Je suis en train de vivre quelque chose de fort. J'ai maintenant envie de montrer au sélectionneur qu'il a eu raison de me faire confiance et qu'il n'a pas fait le mauvais choix en me faisant confiance."
Il en aura certainement l'occasion. Et plus rapidement qu'il ne l'imagine. La blessure d'Eden Hazard pourrait le pousser au premier plan. Peut-être pas dans la peau de titulaire, mais dans celle d'un joker de luxe.
"Si je dois remplacer Eden, je ferai de mon mieux. C'est une grosse pression, mais je ferai au mieux. Nous avons une équipe capable de faire un bel Euro. On ne compte pas se cacher. On peut réaliser un grand truc."
Humble, il veut se concentrer sur la performance collective. Cela ne l'empêchera pas de vouloir montrer à tout le pays qu'il n'est plus le jeune homme qui a quitté Anderlecht contre 26 millions l'été passé.
Son passage à Rennes a été bénéfique. Il y a subi un premier choc en quittant son cocon de Neerpede et y a été assommé par les critiques en début de saison. Il s'est adapté et a relevé la tête. Sa saison s'est même ponctuée sur un climax : l'assist offrant l'Europe à son équipe.
Un modèle d'efficacité. Un des aspects de son jeu qui générait le plus de doutes. "Je suis convaincu d'être plus fort que je l'étais en quittant la Belgique. Je suis plus complet. Avant j'étais juste un dribbleur. Je me mettais à gauche, j'attendais la balle et je faisais la différence. Je viens désormais plus à l'intérieur, j'offre plus de solutions via des courses en profondeur."
Doku a travaillé. Dur. Et l'a encore montré en revenant plus tôt à Tubize pour s'entretenir en vue de l'Euro. Il avait besoin d'évoluer physiquement pour percer en France.
"J'ai pris en volume de course. Pour répéter les efforts. Tactiquement aussi j'ai grandi, je me positionne mieux. On m'a souvent dit d'être plus efficace. J'ai beaucoup travaillé sur mes centres et mes frappes. Et j'espère encore passer un palier avec les conseils de Thierry Henry."
