A l'Euro, les Diables avanceront dans une bulle de 72 personnes
À Tubize, la délégation belge, composée des joueurs, staffs et intendants, sera limitée dans ses contacts directs avec les proches. Une vie en groupe qui s'organise.
- Publié le 01-06-2021 à 18h11
- Mis à jour le 02-06-2021 à 20h01

C'est une bulle que les Diables rouges espèrent percer le plus tard possible. Depuis lundi, l'équipe nationale est installée à Tubize, et les règles y seront plus strictes que d'habitude pour un grand tournoi, coronavirus oblige. Port du masque pour se déplacer dans l'hôtel, respect des normes sanitaires à table. Les joueurs belges avaient eu un avant-goût de ces nouvelles mesures pendant les différentes fenêtres internationales de cette saison, mais, pour l'Euro, la vie en commun pourrait durer jusqu'à six semaines. Or, lors d'un grand tournoi, les familles sont souvent autorisées à rendre visite. Cela avait été bien mis en place pour la Coupe du monde 2018, moins pour l'Euro 2016, et certains joueurs s'en étaient plaints.
En 2021, il ne sera pas possible pour les membres de la famille de venir à Tubize, ou d'autoriser les joueurs à rentrer à la maison pour voir les proches, alors qu'ils seront à quelques kilomètres. "Ce n'est pas négociable", explique Philippe Rosier, le responsable Health and Performance de la fédération, qui doit chapeauter tout ce petit monde et fera partie de la bulle, composée de 72 personnes (joueurs, staff sportif, médical, communication, intendance). À l'heure des nouvelles technologies, il existe heureusement d'autres moyens de communiquer, et pas uniquement sur un petit téléphone. "Il sera possible de se connecter à la télévision de la chambre pour parler avec ses proches."
Amine Chadli, le frère de Nacer, converse plus souvent en virtuel qu'en présentiel. "On ne va pas trop souffrir de cet éloignement, car c'est presque notre quotidien, explique-t-il. Depuis que Nacer est rentré de Turquie, je ne l'ai pas vu, mais on s'appelle très régulièrement, notamment pour planifier les vacances après le tournoi. On aura le temps de se voir, alors (rires)."
À Tubize, les Diables, qui ont reçu leur première dose du vaccin, seront testés trois fois par semaine (lundi, mercredi et samedi), et les voyages seront bien encadrés. "Les repas seront pris à l'hôtel, très rarement dans l'avion ou dans le car", explique Philippe Rosier. Cela doit permettre de réduire le risque éventuel de transmission du virus, dans un espace très réduit. Que se passera-t-il, d'ailleurs, si un joueur, ou un membre de la délégation, est testé positif ? "Cela dépend de plusieurs facteurs, dont le taux de contagiosité. Si le joueur, ou le membre du staff, peut être isolé dans sa chambre, on opte pour cette formule. Si c'est trop délicat, il devra quitter la bulle, et Tubize."
Le Health and Performance Manager passe-t-il des nuits blanches, avec la crainte d'un cas positif qui se déclare à la veille d'un match ? "Je n'aime pas cette approche trop négative, en mode 'et s'il se passe ceci ou cela ?' On doit s'adapter, et trouver les meilleurs moyens pour garder les joueurs heureux, et en forme, dans un contexte qui n'est, c'est vrai, pas simple. Mais on a déjà géré des cas positifs (Mechele, Kaminski), une grande partie du staff est immunisée, et, par rapport aux rassemblements d'octobre ou novembre, on connaît mieux le virus. " Et le groupe apprend à vivre avec les contraintes, le plus longtemps possible.