Jan Vertonghen ne se sent pas trop vieux: "Je ne suis pas Benjamin Button mais vous avez vu Messi?"
Jan Vertonghen est conscient de son âge mais il n'arrêtera les Diables que quand il s'estimera fini. Ou quand le coach le pensera.

- Publié le 31-08-2021 à 06h52
- Mis à jour le 31-08-2021 à 19h37

Encore deux questions sur mon âge et je vous lance mon verre à la figure. Enfin non, ce n'est pas du plastique, ça pourrait faire mal." Un Euro collectivement raté puis les vacances n'ont pas changé Jan Vertonghen et son humour pince-sans-rire. De toute manière, on ne change plus vraiment à 34 ans.
Le championnat d'Europe a montré que Vertonghen n'était plus le défenseur flamboyant d'avant. Il n'a jamais été rapide mais les Italiens lui ont donné un sacré coup de vieux en quart de finale. Il est pourtant toujours bien là pour la rentrée des classes. Et les jeunes devront se bouger pour déloger le recordman de capes (131).
Jan, vous venez de rejouer en championnat après une blessure musculaire. Êtes-vous prêt pour ces trois matchs de l'équipe nationale ?
"Oui, j'ai survécu au test ce week-end. J'ai même pu tenir les 90 minutes. Au final, je suis revenu plus vite que ce que pensaient les médecins. Je suis donc ici dans l'espoir de tout jouer. Le coach sait que je suis toujours prêt, même si les matchs s'enchaînent."
La tendance est pourtant au rajeunissement, surtout en défense.
"Le groupe n'a pas beaucoup bougé ces dernières années et injecter du sang frais est une bonne chose."
Vous êtes prêt à aider les jeunes à prendre le relais ?
"Oui, je suis là pour aider mais il ne faut pas oublier que c'est l'équipe nationale. Les meilleurs jouent. Si les jeunes sont plus forts que les anciens, alors ce seront eux sur la pelouse. Mais qui doit sortir de l'équipe chez les anciens ? Ce n'est pas facile."
Avez-vous fait l'analyse de l'élimination contre l'Italie ?
"Oui. En fait… (il réfléchit) on est juste tombé sur une très bonne équipe. Forte derrière et forte devant. On n'a pas eu beaucoup de possibilités et ils avaient un super gardien pour les arrêter. Ils ont puni nos petites erreurs. On était très frustré. On aurait tous aimé avoir un match retour."
Ce lundi marquait les retrouvailles du groupe. La page de l'Euro est-elle déjà tournée ?
"On n'a pas encore eu le temps de beaucoup se voir mais de mon côté, ça fait encore mal. On avait un objectif et on l'a manqué. Je suis dans le foot depuis longtemps et je sais qu'il n'y a qu'un remède : jouer à nouveau et gagner."
L'âge avance dans le groupe. Cet Euro n'était-il pas la dernière chance de cette génération ?
"J'ai lu que la Fifa pensait à organiser la Coupe du monde tous les deux ans. Ce serait bien pour nous, les vieux (rires). Plus sérieusement, vous avez vu Lionel Messi ? Il a le même âge que moi, et a gagné son premier tournoi avec l'Argentine cette année."
Après l'Euro, avez-vous pensé à prendre votre retraite internationale ?
"Pas une seule seconde. C'est un choix très personnel. Marouane (Fellaini), Vince (Kompany), Mousa (Dembélé), Steven (Defour) ont décidé d'arrêter un moment. D'autres veulent continuer. Je pense que c'est avant tout un choix basé sur la forme physique. Si tu te sens bien, tu veux continuer. Quand j'aurai le sentiment que je n'ai plus le niveau, j'arrêterai mais je n'ai certainement pas cette impression en ce moment. J'ai fait le choix de Benfica pour continuer à jouer au plus haut niveau possible. Mais tout peut aller vite. Peut-être qu'en 2022, ce sera différent."
En apprenant que Toby Alderweireld allait jouer dans le championnat qatari, avez-vous craint de ne plus le voir chez les Diables ?
"Avec Toby, on se parle souvent. Je savais même un peu avant qu'il allait signer au Qatar. Mais le thème de l'équipe nationale n'est jamais venu dans la conversation. J'étais sûr qu'il allait continuer et qu'il serait encore repris. Je n'ai eu aucun stress pour lui au moment de la sélection. Il va jouer dans une compétition moins intense mais il y a l'exemple d'Axel Witsel. Je ne l'ai jamais connu aussi fort que pendant sa période en Chine. Toby va continuer à se préparer pour être au top. Comme pour moi, il va allonger les séances de massage et augmenter les heures en salle de gym mais on sera encore là."
Ça vous dérange qu'on parle tout le temps de votre âge ?
"Non, je comprends bien. Ce sont des questions légitimes. Je sais que je ne suis pas Benjamin Button (NdlR : l'histoire d'un homme qui naît vieux et qui rajeunit tout au long de sa vie). Je finirai bien par arrêter un jour mais je fais tout pour retarder l'échéance. Et j'aimerais vraiment gagner quelque chose avec cette équipe."