Eden Hazard, du plomb dans l'aile
Le numéro 7 madrilène pourrait être à nouveau titulaire, dans un rôle inhabituel qu'il doit s'approprier. Analyse.

- Publié le 22-12-2021 à 08h20
- Mis à jour le 23-12-2021 à 08h39

Chaque minute est bonne à prendre lorsqu'on a perdu son statut de titulaire. Même dans une position inhabituelle. Pour la troisième fois depuis 2016, Eden Hazard a été aligné sur l'aile droite dimanche soir face à Cadiz (0-0).
Le Brainois a profité des forfaits de Rodrygo et Marco Asensio (Covid) pour être positionné sur le côté droit du 4-3-3 de Carlo Ancelotti, alors que Vinicius a gardé l'aile gauche. Hazard n'a toutefois pas rempli le même rôle de joueur de couloir que les habituels titulaires. Son match s'est en réalité surtout concentré aux côtés de Karim Benzema, dans une position plus axiale. Et c'est l'arrière droit Lucas Vazquez, bien couvert par Federico Valverde, qui a comblé les trous sur le flanc.
"Il a joué à droite mais il n'a jamais évolué près de la ligne parce que Lucas Vázquez était là pour l'occuper" , observe Carlo Ancelotti, conscient du profil différent de son joueur. "Il est clair que ce n'est pas un ailier qui joue à l'extérieur comme peut l'être Vinicius. C'est un ailier qui aime l'aile gauche, en allant derrière l'attaquant."
Le capitaine des Diables rouges a toujours eu ce penchant pour les déplacements vers l'axe, plutôt que les débordements le long de la ligne. Mais sa récente évolution à Madrid montre que cette tendance s'est encore accentuée. À bientôt 31 ans (le 7 janvier) et après deux années pourries par les blessures, Hazard ne possède plus la même explosivité. Il a aussi appris à gérer son corps différemment pour éviter de nouveaux problèmes. Et son jeu s'est forcément adapté.
Son activité sur le flanc gauche à Chelsea (cfr : carte de chaleur ci-dessous) s'est fortement diluée vers l'axe du jeu. "Avant, il était un ailier de percussion. Maintenant, il est presque un meneur de jeu excentré, à l'ancienne", analyse notre consultant Alex Teklak. "S'il se positionne près de Benzema, c'est aussi parce qu'il est un complice idéal pour lui. Il dédouble plus facilement les passes. Il peut s'appuyer sur lui et aussi lui donner de bons ballons."

"Il aime jouer plus derrière l'attaquant et ce que je veux, c'est qu'il soit à l'aise", admet Carlo Ancelotti qui ne compte toutefois pas changer son système pour le placer à côté de Benzema dans un duo d'attaquants. "Ce 4-3-3 nous a beaucoup donné. C'est vrai qu'on n'a pas d'ailier à droite pour le moment et ce serait la seule raison de jouer en 4-4-2, mais je ne suis pas sûr que nous le ferons."
L'entraîneur italien compte plutôt permettre à Hazard de s'approprier ce côté droit, avec ses qualités. Comme il le fait désormais à gauche. "Peu importe la place, il faut surtout que ce qu'on lui demande sur le terrain corresponde à ses capacités, ajoute Alex Teklak. S'il est au top, il s'adaptera à n'importe quel système ou position. Il faut par contre accepter que l'on joue différemment quand on n'a plus les mêmes jambes."
Reste aussi à voir ce qui découlera de cet intérim à droite. "Le plus gros problème d'Eden aujourd'hui, ce ne sont plus ses capacités mais bien la concurrence. Quand tout le monde est disponible, c'est impossible de bouger les autres ailiers. Vinicius est au-dessus du lot à gauche alors qu'Asensio et Rodrygo sont très forts à droite."
Alex Teklak retourne donc la question "Il ne faut pas se demander à quelle place doit jouer Eden mais plutôt où mettre les meilleurs ? Puis réfléchir à une position pour qu'Eden puisse permettre aux meilleurs d'être encore plus forts."
En attendant, on se réjouit déjà de le voir enchaîner deux matchs consécutifs. "Il est peut-être un peu fatigué car il n'a pas l'habitude de jouer tous les trois jours. Mais il s'entraîne bien depuis un mois. Donc s'il joue ce mercredi, je ne pense pas que ce serait un risque pour lui", assure Carlo Ancelotti.