Thibaut Courtois a démontré pourquoi il n'était pas un bon capitaine
Notre spécialiste des Diables rouges Christophe Franken revient sur la longue interview accordée par Thibaut Courtois à Sporza, ce mardi.

- Publié le 19-12-2023 à 17h05
- Mis à jour le 19-12-2023 à 17h32

L'interview qu'il a donnée à la VRT mardi est une masterclass. Thibaut Courtois a démontré pourquoi il n'était pas un bon capitaine pour l'équipe nationale. Et pourquoi il ne le serait jamais. Il ne parle que de lui, que de manque de respect, de considération qu'il n'a pas assez en Belgique par rapport à son statut au Real Madrid.
Quand on vise le capitanat des Diables, on doit pouvoir penser au collectif, au bien-être de l'équipe et l'intérêt supérieur du groupe. Mais Courtois ne voit le brassard que comme un trophée, que comme une manière de se mettre au-dessus des autres, de sortir du lot.
Ce sentiment n'est pas nouveau. Courtois n'a jamais été le Diable le plus altruiste dans la génération dorée, c'est un euphémisme. Domenico Tedesco l'a vite remarqué aussi. Il n'a jamais été très chaud de donner le brassard au gardien. Kevin De Bruyne aurait dû cacher le problème en étant le numéro 1 incontesté. Mais la blessure du stratège de Manchester City a fait exploser la bombe.
Il se sent trop bien pour la nouvelle génération des Diables
Les Diables joueront l'Euro sans le meilleur portier de la planète mais c'est un sacrifice qui pourrait aussi avoir de bons côtés. Courtois se sent trop bien pour l'équipe nationale nouvelle génération et c'est donc mieux de reconstruire sans lui, malgré ses timides excuses dans l'entretien, perdues dans un océan d'aigreur.
Il acceptait difficilement de voir les limites du jeune groupe de Tedesco. Contrairement à KDB, Romelu Lukaku et Jan Vertonghen, Courtois est tombé dans une forme de nostalgie. Celle de l'ère Roberto Martinez, le coach qui offrait des privilèges à ses cadres, loin de l'intransigeance de l'actuel sélectionneur.
Il aurait pu être un grand frère mais Courtois a choisi le rôle du gamin qui ne veut pas partager ses jouets. Cet été, il regardera l'Euro à la télé. Comme un autre grand égoïste l'avait fait pendant la Coupe du monde 1998 : Eric Cantona. Et même sans "Don Thibaut" dans la cage, on peut encore rêver que l'issue soit aussi belle.