Euro 2024: il fallait s'y attendre, revoilà le "Seum" et l'arrogance bien française
Il n'y aura pas de miracle : la Belgique n'échappera pas à l'arrogance française, même pas à quatre jours du choc des huitièmes de finale. Une humeur de Nicolas Christiaens.

- Publié le 28-06-2024 à 10h32
- Mis à jour le 28-06-2024 à 11h19

Que la guéguerre soit lancée dès ce jeudi par un consultant en recherche de buzz n'avait rien d'étonnant. Le fond de son propos n'était d'ailleurs pas tellement discutable, au contraire de la forme. Par contre, la déception fut grande à l'ouverture des pages de "L'Equipe" ce vendredi matin.
La 14e page de leur cahier du jour n'est pas digne d'un journal sportif de référence. Avec un gros titre mis entre guillemets : "Vous nous avez volé la Coupe du monde". Et un surtitre sans appel : "Sur les routes du Seum", accompagné de ce texte : "Six ans après la victoire française en demi-finales de la Coupe du monde (1-0), très mal vécue par les Belges, les deux équipes se retrouveront lundi. Jusqu'à ce match, nous parcourons la Belgique pour voir si cette frustration est toujours aussi forte."
Par "parcourir la Belgique", il semblerait que nos confrères entendent "aller de bar en bar à la recherche de bons clients pour remuer les cendres du Seum." Bingo, le premier volet de cette série plus digne des Héros du gazon que de Netflix nous emmène dans un troquet bruxellois où Daniel et Marc balancent leurs meilleures punchlines sur le "zizi de Lukaku" et mettent en garde Mbappé. De quoi faire une bonne tête de page illustrée, bien sûr, par des photos de Diables rouges qui font la moue et d'une supportrice qui les hue.

On a un scoop pour nos confrères de L'Equipe : ce n'est pas la victoire française en demi-finales que les Belges ont mal vécue (Eden Hazard l'avait parfaitement résumé, à chaud : "Je préfère perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France"). Mais bien l'arrogance de leur encombrant voisin, incapable de diminuer le volume d'une sono qui vibre au rythme du même "hit" insupportable pendant six étés de suite. Un hit qui, pour rappel, est né dans une autre interview délivrée à chaud : celle de Thibaut Courtois (qui n'est même plus Diable rouge), quelques minutes après ladite demi-finale.
Les prochains jours s'annoncent difficiles, car il ne suffira sans doute pas de boycotter L'Equipe pour y échapper. Et le pire, c'est que l'encombrant voisin – vous savez, celui qui vous explique pendant des heures qu'il faut bien finir par "donner sa chance à l'extrême droite" – risque bien de prolonger son bail pour six ans lundi soir.
Dans ce type de conflit, il n'existe que deux solutions à partir du moment où le déménagement est malheureusement impossible. Soit on verse dans la surenchère, ce qui n'apporte jamais rien de bon… quel que soit le résultat du match de lundi soir, d'ailleurs. Soit on laisse couler et on attend que le karma vole à notre secours.
Après tout, peut-être qu'un Français fêtera un but contre la Belgique avec la même arrogance que Paul Pogba contre la Suisse lors du dernier Euro. Et avec le même châtiment : une élimination quelques minutes plus tard et une fin de carrière en eau de boudin.