Matz Sels, titulaire à Nottingham Forest, surprenant troisième de Premier League : "J'ai fait des sacrées saisons à Strasbourg mais on le voyait moins"
Matz Sels vit cette entame de saison réussie avec flegme.

- Publié le 09-11-2024 à 12h03

Sa nature le préserve de toute forme d'emballement. Il y a pourtant un vrai frémissement à Nottingham Forest, 3e de Premier League après 10 journées et seule équipe à avoir fait tomber le leader, Liverpool, qui vit une entame de championnat jamais vue depuis 1980, l'année de la victoire en C1. Mais Matz Sels, papa pour la deuxième fois juste après la fin de l'Euro, n'a de toute façon pas trop l'occasion de se promener en ville pour mesurer cet engouement. "On va dire qu'avec les enfants, je n'ai pas trop le temps. Mais on sent les gens qui vivent pour le foot, c'est culturel en Angleterre", explique le gardien qui symbolise cette entame de saison réussie. Pas question pour lui de s'enflammer. Encore moins de tirer la couverture à lui même si, à 32 ans, il diffuse une impression de plénitude, reproduisant à Nottingham ses performances qui lui ont valu d'être déjà une référence à Strasbourg. Ce qu'il est en passe de devenir en Premier League.
Matz, comment expliquez-vous cette entame de saison plus que réussie ?
"C'est vrai qu'on a bien commencé. On a pris 5 points sur 9 lors des trois premiers matchs (1-1 contre Bournemouth, victoire 0-1 à Southampton et 1-1 face à Wolverhampton). Mais le déclic, c'est cette victoire 0-1 à Liverpool. Cela nous a donné confiance pour la suite."
Et voilà comment Nottingham Forest qui s'est longtemps battu pour le maintien la saison dernière se retrouve sur le podium mi-novembre…
"Oui, mais on n'a joué que 10 matchs. Il en reste encore 28 et c'est très long. C'est un instantanée de la saison. Évidemment, c'est mieux de commencer comme cela. Mais notre objectif reste de prendre le plus vite possible 40 points pour assurer le maintien. On verra peut-être ensuite si on peut se fixer de nouveaux objectifs."
Ce bon début de saison s'explique notamment par la solidité de votre défense qui n'a encaissé que 7 buts : il n'y a que Liverpool (6) et Leipzig (5) qui font mieux dans les cinq grands championnats.
"Quand tu n'encaisses pas beaucoup de buts, c'est plus facile, bien sûr, de prendre des points. Parce que les matchs qu'on a gagnés, c'est souvent 1-0 ou 2-1. À part le 3-0 contre West Ham le week-end dernier. Mais c'est le travail de toute l'équipe, pas le mien ou celui de l'attaquant. Celui du coach aussi : il veut qu'on joue plus proche les uns des autres, qu'il y ait moins d'espace entre les lignes pour qu'on soit plus en bloc. Et pour l'instant, ça marche bien. C'est très difficile de nous marquer des buts."
Même sur les phases arrêtées alors que l'an passé, vous étiez quasiment systématiquement en danger quand vous concédiez un corner ou un coup franc. Comment l'avez-vous travaillé ?
"Le mérite en revient au coach : là où certains restent sur leurs principes, lui n'a pas peur de changer quand cela ne marche pas entre marquage et défense en zone. Et c'est vraiment grâce à lui."
Je préfère qu'on s'impose 4-3 plutôt que d'avoir une clean-sheet.
Ce qui vous permet d'être à 4 clean-sheets après 10 journées. Personne, à l'exception d'Onana, ne fait aussi bien cette saison en Premier League…
"C'est une petite satisfaction personnelle. Je suis content d'avoir gardé quatre fois le zéro. Mais je préfère avant tout gagner : je préfère qu'on s'impose 4-3 plutôt que d'avoir une clean-sheet. Malgré les blessures au milieu, on a des bons joueurs. En attaque, cela marche bien aussi et on forme un vrai bloc. Un vrai collectif. En ce moment, on est vraiment une bonne équipe, difficile à battre et c'est vraiment un plaisir de jouer avec cette équipe."
Un nouveau gardien, Carlos Miguel, est arrivé cet été où on a aussi beaucoup parlé du prêt potentiel de Caoimhin Kelleher de Liverpool. Comment avez-vous vécu cette incertitude autour de votre place dans la hiérarchie ?
"Je pense avoir fait une bonne seconde partie de saison quand j'ai été acheté et avoir joué mon rôle dans le maintien. Après, il y a toujours des rumeurs. Ça fait partie du foot. Et si le club voulait prendre un gardien, c'est comme ça. Je peux juste montrer sur le terrain ce que je sais faire. C'est la seule chose que je peux faire. J'ai bien commencé la saison comme toute l'équipe."
Votre coach, Nuno Espirito, a expliqué que la concurrence était bonne pour tout le monde. Tout en ajoutant : "Matz donne de la confiance à l'équipe et nous a sauvés à tellement de reprises. Il est très important pour nous."
"Cela fait d'autant plus plaisir que c'est un ancien gardien qui connaît le poste. J'ai fait quelques bons matchs, comme toute l'équipe. Il faut continuer maintenant, garder le momentum le plus longtemps possible. C'est facile de parler d'un joueur ou de l'autre, mais c'est toute l'équipe qui performe bien."
Ici, les gardiens sont moins protégés.
Qu'est-ce qui change pour un gardien quand il joue en Ligue 1 et en Premier League ?
"Ici, les gardiens sont moins protégés, notamment sur les ballons aériens. Le jeu va plus vite. Il y a plus d'intensité et c'est plus médiatisé. J'étais capitaine, à la fin, au Racing. J'ai fait de sacrées saisons à Strasbourg mais on le voyait moins (sourire). On a quand même terminé une fois sixième. J'ai aussi été élu meilleur gardien de Ligue 1 mais j'étais plus sous les radars. J'étais moins médiatisé, on en parlait moins. Mais c'est à double tranchant : si tu performes bien ici, tout le monde le voit. Mais quand les choses vont moins bien…"
Elles vont plutôt bien pour vous car vous êtes en lice pour le trophée de l'arrêt du mois quand vous avez sorti de votre lucarne cette frappe d'Eze contre Crystal Palace.
"C'est aux gens de voter : peut-être que si les Belges votent, je vais gagner (rires). Plus sérieusement, j'avais déjà été nommé l'an dernier mais le plus important, c'est que les gens commencent à parler un peu de Nottingham parce qu'on fait une belle première partie de saison et qu'on mérite d'être là pour l'instant."
