Comment Mike Penders prend son pied à Strasbourg : "Je me sens beaucoup plus concerné grâce à ça"
Le jeune portier belge de vingt ans a dû travailler son jeu au pied pour s'intégrer dans la philosophie strasbourgeoise.

- Publié le 17-10-2025 à 14h02

"Mike, tu dois lire le pressing plus vite." Ces mots sont ceux prononcés par Liam Rosenior dans le vestiaire strasbourgeois après le match de Conference League il y a deux semaines au Slovan Bratislava. Son équipe venait pourtant d'entamer idéalement sa campagne européenne (1-2). Mais l'entraîneur anglais se veut exigeant. Surtout avec ceux en qui il croit énormément, comme Mike Penders (vingt ans).
Arrivé en prêt de Chelsea en juillet dernier, l'ancien gardien de Genk fait partie de grandes satisfactions alsaciennes de ce début de saison. Ses quatre clean sheets en dix matchs le témoignent, comme ses nombreux arrêts. Mais ce qui plaît surtout à Liam Rosenior, c'est son implication dans le jeu, grâce à ses pieds.
"C'est ce que demande le football moderne, a confié Mike Penders qui, malgré sa grande taille (deux mètres, comme Thibaut Courtois) parvient à briller grâce à sa patte gauche. Même les grands gardiens doivent faire beaucoup plus avec leurs pieds. Donc, il faut s'entraîner beaucoup sur cet aspect et c'est ce que je fais à Strasbourg où je touche énormément le ballon."
Même les grands gardiens doivent faire beaucoup plus avec leurs pieds.
Et c'est peu dire. Mike Penders donne en moyenne 41,5 passes au pied par match : personne ne fait mieux en Ligue 1. Il est même le gardien qui réalise le plus de passes courtes (28,65/match) au sein des sept plus grands championnats européens, selon DataMB. "Nous sommes une équipe qui aime jouer avec le gardien. Et, moi, j'apprécie aussi cela. Notamment parce que tu te sens beaucoup plus concerné au sein de l'équipe."
Comme un défenseur
Voilà pourquoi Liam Rosenior insistait sur sa lecture de la défense adverse. Au Racing, l'implication du gardien est essentielle à la construction par l'arrière. Le dernier rempart est même considéré comme un joueur de champ à part entière, capable d'orienter le jeu comme le ferait un défenseur central.
"Quand le gardien se positionne très haut, cela lui permet de trouver une passe entre les lignes ou d'attendre le pressing de l'attaquant pour ensuite décaler et construire avec un surnombre", a expliqué Sébastien Gimenez, l'entraîneur des gardiens RCSA, au micro de RMC.

Grâce à sa très belle vision de jeu, on a ainsi souvent vu Mike Penders casser des lignes en cherchant directement ses ailiers ou ses milieux. "Vous faites partie d'une équipe qui vous demande de prendre le ballon et de jouer, a insisté Rosenior à ses joueurs. Nous n'irons jamais jouer en déplacement en vous demandant de dégager le ballon vers l'avant pour espérer gagner."
Et ce, même si cette philosophie leur a déjà joué des tours à plusieurs reprises. "Nous avons commis quelques erreurs qui ont conduit à des buts mais je sais que les joueurs s'amélioreront grâce à elles, pense l'ancien manager d'Hull City. Je crois qu'il faut prendre des risques, jouer en défense, essayer de dominer la possession, s'exprimer avec le ballon et être capable de faire des erreurs."
C'est un joueur précoce qui deviendra un joueur de classe mondiale.
Mike Penders en a d'ailleurs commises. Comme son prédécesseur Djordje Petrovic la saison dernière, qui a, lui aussi, dû travailler énormément son jeu au pied pour finalement s'affirmer comme l'un des meilleurs gardiens du championnat. "Avec Mike, c'est le même processus. C'est un joueur précoce qui deviendra un joueur de classe mondiale, c'est une question de temps, notre travail est d'accélérer sa progression comme pour Petrovic."
Cela en prend en tout cas la bonne direction, comme en attestent les superbes résultats de son équipe et les nombreuses louanges reçues chaque week-end. "Mais, moi, j'essaye juste de me donner à fond, tempère le gardien des Diablotins. Et, si des critiques positives viennent, c'est toujours bien évidemment. Je suis aussi conscient qu'il m'arrivera d'encore faire des erreurs; donc, on verra si les commentaires resteront positifs toute la saison (rires)."
Ce vendredi soir sur la pelouse du Parc des Princes, le coéquipier de Diego Moreira tentera en tout cas de se montrer aussi solide que durant la semaine écoulée avec les Diablotins (deux matchs et aucun but encaissé). En cas d'exploit au PSG (seize points), le RCSA (quinze) pourrait même prendre la tête de la Ligue 1. "J'ai vraiment hâte de jouer contre le PSG, ça va être un grand match."