"Bien sûr que je pense à la Coupe du monde" : enfin de retour, Orel Mangala se confie pour la première fois depuis sa grave blessure
Orel Mangala, qui n'avait plus joué depuis dix mois, suivra attentivement le tirage au sort de ce vendredi soir. Il a choisi la DH pour donner sa première interview post-blessure.

- Publié le 05-12-2025 à 12h32

Lorsque l'appel vidéo se lance depuis les locaux de l'Olympique Lyonnais, son sourire illumine directement l'écran. Orel Mangala est à nouveau un homme heureux. "Je vais super bien", répond-il directement à notre question de politesse avant d'entamer la discussion. Mais contrairement à ceux qui se contentent de dire "ça va" de manière formelle, l'international belge le pense sincèrement. Surtout depuis son grand retour à la compétition concrétisé dimanche soir lors du succès contre Nantes (3-0).
Orel, vous êtes monté à la 85e minute après dix mois sans jouer… Avec en prime une ovation du Groupama Stadium. Quel moment !
Oui, c'était très spécial. Après cette période interminable loin des terrains, c'était énormément d'émotion et ça fait vraiment du bien. J'ai aussi reçu énormément de messages après, donc ça m'a fait très plaisir de voir qu'autant de gens se sont réjouis de mon retour.
Vos coéquipiers lyonnais ont autant fêté la victoire que votre retour ?
Après le match, ils m'ont obligé à faire un petit discours dans le vestiaire (rires). Ce sont des beaux moments qui resteront gravés.
Et les sensations sur le terrain ?
C'était comme si je faisais à nouveau mes débuts professionnels tellement je n'avais plus joué depuis longtemps. Avec l'énergie du stade et de l'équipe, je me suis senti directement très à l'aise. J'étais comme chez moi.
C'était comme si je faisais à nouveau mes débuts professionnels.
C'était de loin la plus longue absence de votre carrière : plus de 300 jours. C'était aussi les mois les plus compliqués de votre vie ?
Oui, vraiment. C'était très compliqué parce que je n'avais jamais connu ça. Savoir dès le début que ça va prendre du temps, il faut l'accepter. C'est ce que j'ai dû faire en gardant de la patience et en m'entourant de gens qui m'ont aidé à surmonter ça. Il y a eu des moments de doute où je ressentais encore des douleurs. C'était long et pas facile, mais c'est enfin derrière moi.
Le 25 janvier, lorsque vous vous blessez contre Brighton avec Everton, à quoi avez-vous pensé en sachant que vous étiez en bonne forme en club et titulaire avec les Diables rouges ?
Honnêtement, je ne pensais pas que ça serait si grave. Je pensais à quelques mois ou semaines. Je ne m'attendais pas à une rupture du ligament croisé, parce que je ne connaissais pas cette sensation. J'ai d'ailleurs voulu remonter sur le terrain pour finir le match. Mais j'ai alors senti que quelque chose s'était détaché dans mon genou. Puis quand le staff médical m'a annoncé la mauvaise nouvelle au vestiaire, j'étais effondré.
Le plus dur, c'était quoi ?
L'opération. Je n'avais jamais vécu ça. Je n'avais jamais subi d'anesthésie générale. Je ne connaissais rien de tout ça. Donc ça me faisait un peu peur. Mais une fois que c'est passé, j'ai pu faire un switch et directement me concentrer sur ma rééducation en retournant auprès de ma famille. Dans ce genre de moment, ça aide vraiment d'être avec son entourage.
Je n'avais jamais subi d'anesthésie générale.
Vous avez compté le nombre d'heures passées chez le kiné ou en salle de musculation ?
Non (rires). Il y en a eu tellement que je me serais perdu dans les calculs !
Mentalement, vous avez dû vous montrer très solide.
J'ai été aidé par mon coach mental qui m'a dit qu'avec ce genre de blessure, il faut se fixer des objectifs mais ne pas vouloir aller trop vite. Il faut vraiment avancer par étapes. C'est ce que j'ai essayé de faire jusqu'à revenir sur le terrain et jouer avec Lyon.

Vous en ressortirez plus fort ?
C'est sûr. Ce genre de blessure change la manière dont tu vois le football et les efforts. Parfois, quand tu es fatigué sur le terrain, tu n'as pas envie de courir. Moi j'étais en béquilles pendant longtemps et j'aurais tout donné pour avoir la possibilité de courir. Maintenant, je sais que c'est une bénédiction de pouvoir jouer au football et avoir une carrière.
Cela n'a pas changé ce qui était prévu avec mon retour à Lyon.
Que s'est-il passé entre votre retour sur les terrains à Lyon, à la mi-août, et maintenant ?
En fait, j'ai eu une période où je me sentais vraiment bien. J'étais très proche de reprendre avec le groupe en octobre. Mais mon genou continuait à gonfler. Ce qui n'est évidemment pas optimal. Donc j'ai revu mon chirurgien et ça a finalement pris un peu plus de temps que prévu.
Aujourd'hui, vous ne ressentez plus de douleur ?
Non, mais j'ai besoin de temps pour revenir, petit à petit. Je ne dois pas brûler les étapes.
Quand vous vous blessez, vous étiez en prêt à Everton. Est-ce que ça a joué sur votre avenir ? Vous n'espériez pas rester là-bas ?
Il n'y avait pas d'option d'achat dans le prêt. Et j'ai un contrat jusqu'en 2028 à Lyon. Donc non, ça n'a pas changé ce qui était prévu.
Vous vous êtes blessé seulement quelques jours après la nomination de Rudi Garcia chez les Diables. D'un statut de titulaire sous Domenico Tedesco, vous vous êtes retrouvé d'un coup écarté alors qu'il y avait un nouveau staff.
Mais j'ai gardé le contact avec le groupe. En mars, je suis venu à Tubize et j'ai pu rencontrer le coach. Il m'a dit que j'étais toujours chez moi en équipe nationale, donc ça m'a fait du bien d'entendre ça. Puis j'ai toujours gardé contact avec les joueurs, je les ai soutenus de loin, j'ai regardé tous les matchs et j'ai aussi célébré quand on s'est qualifié. J'échange aussi régulièrement avec le médecin des Diables.
Rudi Garcia m'a dit que j'étais toujours chez moi en équipe nationale.
Vous étiez pourtant impuissant alors que le groupe a évolué sans vous. Comment avez-vous géré ça ?
C'est clair que les Diables me manquent, mais je devais me concentrer uniquement sur ce que je pouvais contrôler. C'est-à-dire ma rééducation. Mais oui, l'objectif est évidemment de revenir en sélection.
Pendant votre blessure, des nouveaux concurrents sont arrivés au milieu de terrain. On pense à Nicolas Raskin et Charles Vanhoutte.
Oui, mais c'est bien. Cela rajoute de la qualité à l'équipe. Moi, je vais tout donner pour revenir et puis le coach fera ses choix.
Quand espérez-vous retrouver votre meilleur niveau ?
Je ne me mets pas de pression par rapport à ça. On verra en avançant match après match. Mais pourquoi pas pour le mois de mars.

La Coupe du monde, vous avez continué à y penser ?
Oui parce que c'est clairement un objectif. C'est un rêve depuis tout petit, donc ça ne sort pas de la tête.
Si vous avez quelques minutes en face à face avec Rudi Garcia pour vous vendre, vous lui diriez quoi ?
Je dirais simplement que je suis de retour après ces longs mois d'absence, que je suis à nouveau présent, que je donnerai aussi tout pour l'équipe nationale et que j'ai vraiment envie d'aller à la Coupe du monde.
Vous suivrez donc le tirage au sort ce vendredi soir.
Bien sûr. Et on s'appellera sans doute avec Malick (Fofana) après.
Justement, comment se porte Malick Fofana, qui s'est fait opérer de la cheville en octobre ?
Il va de mieux en mieux. Il va bientôt pouvoir marcher sans béquilles puis aller de l'avant. Je lui ai dit qu'il devait prendre son temps, qu'il ne se mette pas trop de négativité dans la tête. Mais il est aussi très fort mentalement. Dès le lendemain de sa blessure, il avait déjà le sourire. Je ne m'inquiète pas pour lui, il va bien rebondir. J'espère qu'on pourra très vite jouer ensemble.
Je ne m'inquiète pas pour Malick, il va bien rebondir.
Ce dimanche marquera le retour officiel de Paulo Fonseca sur le banc en Ligue 1, neuf mois après sa suspension. Ce sera un moment important pour le groupe.
Oui. C'est vrai que son adjoint Jorge Maciel a fait du super boulot, mais toute cette période n'a pas été simple pour le coach. Le club a pu bien gérer ça et nous sommes tous contents de le retrouver sur la touche. Il pourra nous donner le boost nécessaire. Même si je suis arrivé blessé cet été, il est resté en contact avec moi pendant ma rééducation. Lui et tout le staff ont continué à me soutenir. Et maintenant, je me sens bien avec lui.
Et vous restez sur deux succès de suite, alors qu'il ne reste plus que quatre matchs (deux en Ligue 1, un en Europa League et un en Coupe de France) avant la mini-trêve.
Il faut qu'on puisse tout gagner avant les fêtes. C'est l'objectif, même si ça ne sera pas simple.