Les Diables vont affronter un des défenseurs les plus prometteurs au monde passé par… Westerlo : "Un avion à 7h du matin ? Il courait 5 km à 5h"
Le défenseur central croate (19 ans), prêté par Tottenham en Campine la saison dernière, est devenu un des plus grands espoirs à son poste. Sa valeur est évaluée aujourd'hui à 60 millions €.
- Publié le 02-06-2026 à 10h14

Nous sommes le 16 février 2025. Grâce à Alan Minda, le Cercle Bruges vient anecdotiquement d'arracher le partage contre Westerlo. Mais qui pourrait bien se souvenir de cette partie dans une dizaine d'années ? Peut-être bien Ferdinand Feldhofer… Lui qui, ce jour-là, ne peut pas croire que Luka Vuskovic n'avait soufflé que 17 bougies. L'ancien T1 des Groen en Zwart aura en tout cas une belle anecdote à raconter si le défenseur confirme l'immensité de son potentiel. Presque 12 mois plus tard, c'est face au Bayern de Vincent Kompany que la précocité du Croate prend tout le monde de court. "Même à 30 ans, je n'avais pas la vision du jeu qu'il possède déjà, lance Lothar Matthäus, le Ballon d'or 1990. À 18 ans, il joue comme s'il avait déjà disputé trois Coupes du monde."
Dans une quinzaine de jours, Vuskovic entamera en principe sa toute première. Avec, en guise d'entrée en matière, un potentiel duel face à Harry Kane, légende du club auquel le natif de Split appartient puisque c'est bien Tottenham qui l'a prêté à Hambourg cette saison et à Westerlo la précédente. Mais d'abord cette mise en jambes contre les Diables où il reconnaîtra un homme en particulier : "Un joueur dont une équipe doit avoir peur, c'est Hans Vanaken", avait déclaré le défenseur au Nieuwsblad en février 2025. Difficile de croire qu'à ce moment-là, il évoluait encore en Campine, alors qu'il est aujourd'hui une des plus grandes promesses au monde à son poste et que sa valeur est estimée à 60 millions € ! Si le PSG a déjà suivi son profil, Pini Zahavi, son intermédiaire, est resté évasif au moment d'évoquer un potentiel intérêt du Barça pour son poulain. "Pas de commentaire", a dit le célèbre agent au Mundo Deportivo.
En salle avant le lever du soleil
Reste qu'à Westerlo personne n'est étonné de l'ascension fulgurante de l'homme auteur du plus beau but de Pro League en 2024. "Quand Luka est arrivé, nous avions vu que c'était un phénomène mais il n'était pas encore au top, se remémore Damien Broothaerts, quintuple champion de Belgique du 110 m haies et ancien préparateur physique dans le staff de Timmy Simons au Kuipje. Il a grandi au fil de la saison. Son envie de travailler, de comprendre comment le corps fonctionne était impressionnante. Il a gagné énormément en maturité. C'est un gars qui sait très bien ce qu'il veut et où il veut aller. C'est sa force."
Même à 30 ans, je n'avais pas la vision du jeu qu'il possède déjà.

Une mentalité qui le distingue des autres et qui le pousse dans les tranchées avant même que le soleil ne se lève. "Je me souviens parce que j'envoyais un message à mon fils tous les matins : il était en salle, à suivre son programme, dès 7h du matin, poursuit Broothaerts. Il arrivait en même temps que nous, le staff. Luka avait son propre préparateur qui le suivait à distance aussi, tout comme Tottenham avec qui nous étions en contact régulier. Un matin, il devait prendre l'avion à 7h. Il voulait courir avant d'embarquer. Nous nous sommes vus à 5h pour compléter son programme. Les grilles du stade étaient fermées. Nous avons escaladé la grille. Il voulait absolument faire ses 5 km de course. Un vrai pro."
Il a sauvé une vie
Cette hygiène lui permet de commencer 28 des 30 matchs de la phase classique (en manquant deux en raison de suspension) et, surtout, d'inscrire 7 buts. Impressionnant pour un défenseur central, même s'il mesure 1m93… "S'il avait des failles ? Oui, l'une ou l'autre mais ça fait partie du jeu. Parfois, il a pu y avoir du laisser-aller ou un manque de discipline, voire d'engagement sur le terrain. Mais c'est inhérent à son âge. Ce n'est pas un leader au sens strict, mais plutôt de manière naturelle, par sa prestance. Il est calme et réservé. Il travaille, sans être excentrique et extravagant ou faire de bruit. C'est aussi quelqu'un de très rationnel. Quand nous parlions, il disait qu'il savait très bien qu'il était 7e ou 8e choix à Tottenham et loin d'être le meilleur. Mais il avait un plan de carrière et savait exactement ce qu'il devrait mettre en place pour atteindre ses objectifs."
Vu sa récente saison à Hambourg et la campagne cauchemardesque de Tottenham, il y a de quoi se poser la question : où figurerait-il dans la hiérarchie des Spurs aujourd'hui, à 19 ans ? En tout cas, sa progression en Bundesliga a pris la forme d'une courbe exponentielle. Malgré cette aile de pigeon "zlatanesque" contre le Werder, son plus beau geste demeure ce moment où il s'est précipité auprès de Rasmus Kristensen pour être sûr que la langue de son adversaire danois n'obstrue pas les voies respiratoires après qu'il est tombé au sol à la suite d'un choc. "C'est un super gars, conclut Broothaerts. Il m'a donné le maillot de son dernier match à Westerlo avec un petit mot dessus. Ça m'a vraiment touché. C'est dire la bonne entente que nous avions."