Nathan Ngoy a marqué des points : pourquoi le défenseur de Lille est devenu un recours à Zeno Debast
Le défenseur de Lille a laissé une bonne impression à Rijeka, dans un système à trois défenseurs centraux qu'il a appris à maîtriser au Standard.
- Publié le 04-06-2026 à 12h36
- Mis à jour le 05-06-2026 à 10h34

L'anecdote fait sourire, mais elle dit aussi quelque chose du détachement de Nathan Ngoy et de sa seule volonté de regarder devant lui, assez peu derrière. Interrogé une heure avant le match en Croatie, le défenseur de Lille disait sa satisfaction d'être titularisé pour la première fois en équipe nationale. C'était en fait la deuxième puisqu'il avait commencé la rencontre amicale contre le Mexique, en mars dernier.
Sa prestation à Rijeka, dans un système inédit pour l'équipe nationale, moins pour lui, a été plus remarquée que celle de Chicago et c'est une petite victoire personnelle. À moins de quinze jours du premier match de la Coupe du monde, contre l'Égypte (15 juin), il a marqué des points dans un secteur orphelin de Zeno Debast pour les deux premiers matchs de la compétition, au moins.
Bien positionné, bon dans les duels et rapide dans son travail de reconversion, Ngoy a été le meilleur défenseur du soir, dégageant une assurance qui tranche avec son manque d'expérience du très haut niveau, malgré une saison aboutie à Lille. Les premières minutes lui ont permis de s'installer dans le match, aux côtés d'Amadou Onana et avec Alexis Saelemaekers sur le côté droit.
Habitué à la défense à trois centraux au Standard
Sa feuille de stats a renseigné 4 interceptions, preuve d'une présence proche de l'homme, souvent Martin Baturina, qu'il n'a pas hésité à aller chercher assez haut, à l'image de cette phase où il s'est retrouvé proche du rectangle croate. C'était peut-être un peu trop haut, pour le coup, mais la consigne semblait claire, dans un système à trois défenseurs qui n'a manifestement pas perturbé l'ancien joueur du Standard.
Il faut dire qu'il a appris à maîtriser ce dispositif au fil de ses saisons liégeoises avec Ronny Deila, Carl Hoefkens puis Ivan Leko. Il était souvent installé sur le côté gauche du trio, lui le droitier, laissant déjà apparaître des aptitudes pour la gestion du poste alors qu'il avait à peine 20 ans.
Mais sa difficulté, sur les bords de Meuse, a été plus physique que tactique. Régulièrement freiné par les blessures (ischios, genou) et opéré à trois reprises, il a appris la patience, dans un contexte général d'un club, auquel il reste attaché, pas toujours évident. Mais dès qu'il en avait l'occasion, Ngoy a montré un talent et une maturité qui avaient attiré Luton Town à l'été 2024 – le transfert a été avorté pour une visite médicale non concluante – puis Lille un an plus tard.
Il a plus joué à Lille en une saison qu'en trois saisons au Standard
Dans le nord de la France, où il a été vendu pour 3 millions € (4,5 avec des bonus), Ngoy est sorti d'une saison pleine et réussie, définitivement débarrassé de ses pépins physiques. Le contraste est d'ailleurs saisissant puisqu'il a joué, en une saison de Ligue 1 et de Coupes (Europa et de France), plus de minutes (3 104) que sur ses trois dernières saisons au Standard (2 908).

Dans son entourage, on assure qu'il n'y a pas eu un avant et un après, car Ngoy reste un joueur qui y va à fond, connaissant assez peu la retenue. Il faut croire que les choses ont bien changé, pourtant, au LOSC, avec qui il aura l'opportunité de découvrir la Ligue des champions la saison prochaine.
Avant cela, il y aura donc une Coupe du monde, et une place à prendre dans l'axe défensif. Ce qu'il a proposé en Croatie a certainement rassuré Rudi Garcia, qui avait déjà une idée en tête, en novembre : lui permettre de prendre quelques minutes, à la maison, c'est-à-dire à Sclessin, contre le Liechtenstein, pour boucler la campagne de qualifications.
Un candidat aussi pour un duo axial avec Theate
Une blessure au poignet à la suite d'un mauvais contact à l'entraînement quelques jours avant avait reporté l'échéance. La chance se présente, désormais, pour un joueur qui reste serein et ne veut pas s'emballer. "Je ne réfléchis pas à une place (de titulaire) à prendre pendant le tournoi, disait-il après le succès de Rijeka. Je ferai de mon mieux, sur le terrain ou pour aider le groupe."
Il l'a bien aidé ce mardi et il pourrait encore être une option à retenir pour samedi, contre la Tunisie, dans une défense à trois ou pour composer un duo axial d'une défense à quatre avec Arthur Theate et Thomas Meunier, sur sa droite, avec qui il partage quelques automatismes lillois. Pour une troisième titularisation.
Le Standard attentif à son avenir
Sous contrat à Lille jusqu'en juin 2029, Nathan Ngoy suscite l'intérêt de quelques écuries européennes. La perspective de disputer la Ligue des champions incite le défenseur à enchaîner une deuxième saison en France, mais le mercato reste une période où tout peut arriver.
Ses prestations à la Coupe du monde pourraient ainsi faire augmenter sa cote, et faire réfléchir le club lillois. Le Standard suivra, quoi qu'il arrive, le tournoi de son ancien joueur avec attention. Parce qu'il est un ancien de la maison, comme d'autres Diables rouges (Raskin, Witsel, Theate, Moreira notamment), mais aussi parce qu'une clause prévoit un pourcentage à la revente, estimé entre 10 et 15 %, en cas de départ cet été.
La valeur de Ngoy, sur Transfermarkt, est évaluée à 25 millions €. Il a été vendu pour 3 millions, la plus-value pourrait être intéressante.