Marouane Fellaini à cœur ouvert: "J'ai fait mon temps chez les Diables Rouges, mais je laisse la porte ouverte"
De passage en Belgique, Marouane Fellaini a accordé un entretien à La DH.

- Publié le 08-01-2021 à 23h58
- Mis à jour le 19-01-2021 à 11h13

Il y a un peu moins de deux ans, Marouane Fellaini quittait Manchester United pour rejoindre la Chine et le Shandong Luneng où il paraphait un contrat de trois ans. Quelques mois plus tard, le milieu annonçait, via son compte Instagram, la fin de son aventure, longue de 12 ans et de 87 sélections, chez les Diables.
Aujourd'hui, alors qu'il entre dans la dernière année de son contrat avec Shandong Luneng, Fellaini (33 ans) fait le point sur sa carrière : son avenir, son état de forme, un retour chez les Diables, le Belge s'est confié à La DH tandis qu'il était de retour en Belgique pour voir ses proches avant de rentrer en Chine pour la présaison.
Marouane, quel bilan tirez-vous de vos deux premières saisons en Chine ?
"C'est une superbe expérience pour moi. Je me sens très bien dans ce club, l'ambiance avec mes coéquipiers est parfaite et j'apprécie la culture de ce beau pays. Sportivement (NdlR : il a inscrit huit buts cette saison), on a réalisé une belle saison compte tenu des circonstances et de l'apparition du Covid. Pour ma première saison, on a terminé 5es et échoué en finale de la Coupe. Cette fois, on s'est imposés en finale (2-0 face à JS Suning) et on a encore fini 5es en championnat."
Cette victoire en Coupe vous permettra de rejouer la Ligue des champions.
"Exactement. J'avais déjà disputé cette compétition lors de ma première saison, c'est important pour moi mais aussi et surtout pour le club, qui nourrit de grandes ambitions. Peu importe la compétition dans laquelle nous sommes engagés, nous aspirons à aller le plus loin possible. Ce sera également le cas en Ligue des champions. N'oubliez pas que nous sommes un des plus grands clubs du pays et on a un effectif qui nous permet d'être compétitifs sur tous les tableaux."
Et le Shandong Luneng pourra se reposer sur l'expérience de sa star, Marouane Fellaini.
"Oh, vous savez, je ne suis pas une star. Du moins, je ne me considère pas en tant que telle. Je suis arrivé ici avec mon expérience et avec l'intention d'aider le club comme partout où je suis passé. Je me mets à disposition du club, je m'adapte, je travaille et je reste humble."
Si je vous dis que vous manquez au football belge, que me répondez-vous ?
"Ah, mais qu'il me manque aussi, vous savez (rires)."
Plus sérieusement, votre retour en équipe nationale est au centre de toutes les attentions. Qu'en est-il réellement ?
"Pour l'instant, je n'ai pas de réponse à donner. Je me concentre avant tout sur mon club. Le reste, on verra en temps voulu."
Mais, si Roberto Martinez vous rappelle avant l'Euro, que ferez-vous ?
"Vous savez, j'ai fait mon temps en équipe nationale mais, si on me rappelle, je pourrais réfléchir. La porte reste ouverte."
Le sélectionneur ne s'en est jamais caché : il aimerait vous voir reporter le maillot des Diables.
"C'est flatteur mais, avec le coach, on a toujours entretenu une excellente relation et on a réalisé du bon boulot ensemble, avec tous mes coéquipiers. C'est que j'ai laissé une belle image de moi en équipe nationale."
Vous amis chez les Diables, Eden Hazard, Axel Witsel, vous mettent-ils un peu la pression ?
"Non, pas du tout, ils me laissent tranquille avec ça."
Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération qui pointe le bout de son nez chez les Diables ?
"Je suis confiant. La relève arrive et les jeunes jouent quasiment tous dans des grands clubs. Je prends l'exemple de Youri Tielemans. Dans trois à quatre ans, ce sera un des patrons si pas le capitaine des Diables. Ces derniers ont su se hisser dans le dernier carré de la Ligue des Nations, ils ont prouvé qu'ils avaient de grosses qualités."
Avec une demi-finale face à la France, un match que vous auriez aimé jouer ?
"C'est une grosse affiche au cours de laquelle il y aura beaucoup d'intensité et d'envie. Mais, comme je l'ai dit, j'ai fait mon temps et je leur souhaite beaucoup de réussite."
Cette demi-finale de Saint-Pétersbourg, vous y pensez encore ?
"Bien sûr, surtout quand je parle avec des Français ou avec certains équipiers. Perdre une demi-finale de Coupe du monde, ça marque. Ce n'est pas facile et il faut savoir s'en relever. À nous de prouver qu'on pouvait la gagner, ce match face à la France constituera une sorte de revanche."
Pensez-vous que les Diables de juin 2021 seront plus forts que ceux de juin 2018 ?
"Plus forts, je ne sais pas, mais plus matures, certainement. Des gars comme Courtois, De Bruyne, Hazard ou encore Lukaku arrivent à maturité. Ils évoluent dans les meilleurs clubs au monde et sont performants. Avons-nous une chance de remporter l'Euro ? Le dire, c'est bien ; le montrer, c'est mieux."
Vous avez mentionné Romelu Lukaku. Êtes-vous aussi impressionné par ce qu'il réalise depuis son arrivée à l'Inter Milan ?
"Je pense que, en ce qui concerne Romelu, tu ne peux rien dire, juste te référer à ses stats et te taire. Ses stats parlent pour lui. Certains essaient de polémiquer en parlant de ses qualités, de son niveau. Qualités ou pas, les stats sont là et elles prouvent qu'il casse la baraque. J'espère vraiment qu'il va continuer de la sorte. Quant à savoir s'il m'étonne, non, car j'ai toujours su que Romelu était très fort."
Revenons à vous et à votre avenir. Il y a toujours beaucoup de rumeurs vous concernant ; la dernière en date fait même état d'un retour en Belgique, du côté de l'Antwerp.
"J'ai encore un an de contrat en Chine et j'entends bien l'honorer jusqu'au bout. Après, on verra. Je suis bien où je suis. D'abord je termine mon contrat et ensuite on verra ce qu'il se passe. Le reste, ce sont des bêtises. Là, je termine mes congés puis je rentre en Chine, où je devrai respecter une quarantaine de 21 jours, et ensuite on entamera la présaison."
En arrivant à Tottenham la saison dernière, José Mourinho avait pourtant pensé à vous.
"Cela veut dire beaucoup. José Mourinho, c'est plus qu'un coach, c'est devenu un ami. C'est quelqu'un qui a une très grosse personnalité et que j'apprécie énormément. J'ai toujours eu de bonnes relations avec tous mes coachs. Cela fait toujours chaud au cœur quand l'un d'entre eux pense à nouveau à toi."
On pense encore aussi à vous du côté du Standard avec ce coup de pouce que vous lui avez accordé.
"Pour parler du Standard, je dirai simplement que je n'oublie pas que c'est le club qui a lancé ma carrière professionnelle. Je ne peux pas oublier cela. Je serai toujours présent pour le Standard et en resterai un supporter."
Un retour à Sclessin est-il possible ?
"Je vais d'abord terminer ma carrière car j'ai, je pense, encore de belles années devant moi. Pour la suite, on verra bien ; j'avoue ne pas encore penser à l'après."
Jusqu'à quand vous voyez-vous jouer ?
"Tant que mon corps ne me dira pas stop, je continuerai. Physiquement, je me sens bien. Je connais mon corps, je sais gérer mes efforts, mon positionnement et je fais toujours attention à moi. J'approche des 600 matchs joués dans ma carrière, je me connais parfaitement."