Weiler face à Preud'homme: Le jeune loup contre le vieux renard
Décryptons le style de René Weiler et de Michel Preud'homme avant le Topper.
- Publié le 11-12-2016 à 12h28
- Mis à jour le 11-12-2016 à 12h36

Décryptons le style de René Weiler et de Michel Preud'homme avant le Topper.
La personnalité
Deux séducteurs qui peuvent être cassants
René Weiler : à Neerpede, tout le personnel vous dira la même chose : Weiler est un homme charmant et souriant. Il s'intéresse à tout le monde. Avec le monde extérieur, il est plus distant, surtout depuis les premières critiques. En conférence de presse, il peut parfois être froid et cassant mais il peut aussi se montrer passionnant lorsqu'il parle football en interview individuelle.
Michel Preud'homme : il révèle un beau tempérament et dégage un charisme fou. Michel Preud'homme est un séducteur-né, qui ne doit pas consentir beaucoup d'efforts pour se faire apprécier. Il est souvent aimable, il plaisante volontiers sauf quand, après une défaite généralement, les médias ne tirent pas les mêmes enseignements que lui. Le Liégeois ne pense peut-être pas détenir seul la vérité mais il est prompt à s'insurger contre la presse qui critique son équipe, surtout quand ces critiques émanent des analystes, une frange qu'il n'estime guère.
La communication
Deux mains de fer
René Weiler : il n'a pas choisi ce job pour se faire des amis parmi les joueurs. Il peut être très dur avec ses hommes, notamment dans les analyses d'après-match. S'il reproche quelque chose à un de ses joueurs, il le dira devant tout le monde, quitte à froisser l'ego de certains. Okaka et De Maio l'ont appris à leurs dépens en début de saison…
Michel Preud'homme : il y a deux Michel Preud'homme. Celui qui s'exprime dans le vestiaire et celui qui n'accablera pas ses joueurs devant une presse qu'il n'apprécié guère. Dans le vestiaire, MPH peut se montrer très dur, tant il exige l'excellence de ses joueurs, sur le plan de l'investissement en tout cas. En dehors du travail, il se montre jovial et plaisante volontiers. Un de ses atouts est son quadrilinguisme : il parle français, néerlandais, anglais et portugais.
La tactique
L'étouffeur contre le perfectionniste
René Weiler : le Suisse ne décortique pas le jeu adverse jusqu'à plus soif comme Preud'homme. S'il est attentif aux qualités en face, il préfère miser sur son propre jeu : le pressing haut. Il aime que ses joueurs étouffent l'adversaire et exige qu'ils offrent beaucoup de solutions via de nombreuses courses vers l'avant. Il peut entrer dans une colère noire si un back choisit de ne pas monter car l'action avait peu de chance d'aboutir.
Michel Preud'homme : jamais un joueur entraîné par Michel Preud'homme ne pourra arguer, après une mauvaise prestation, qu'il n'était pas au courant des forces et des faiblesses de son adversaire. Le Liégeois est un analyste exacerbé. Il est tellement perfectionniste qu'il frôle souvent l'overdose, tellement il veut tout savoir. Il consacre des heures à cette mission spécifique car il la juge primoridale. Il décortique l'adversaire de son équipe avec une minutie telle qu'elle peut l'inciter à revoir, en vidéo, plusieurs matches antérieurs dans l'espoir de ne jamais être pris au dépourvu. Michel Preud'homme sait tout de son équipe et tout de son adversaire. Avant chaque match, il met au point une stratégie qui a pour objectif de faire déjouer l'adversaire en s'efforçant de gripper ses points forts. Les faits démentent rarement ses analyses. Quand son équipe n'en tire pas le profit escompté, c'est souvent parce que les joueurs qu'il a impliqués dans sa théorie ont failli, peu ou prou.
La vie privée
Des amoureux de la vie
René Weiler : en dehors du Sporting, il aime déconnecter avec le football. Sa vie de famille est primordiale pour lui. Avec sa femme et ses deux fils (un de 15 ans et de 3 ans), il aime profiter de la vie bruxelloise. Cet été, il avait, par exemple, pris beaucoup de plaisir à écouter Hooverphonic au Brussels Summer Festival.
Michel Preud'homme : il a acheté une maison à Aalter… et vient d'en acheter une à Bordeaux, la ville de prédilection de Marjorie, sa compagne. Il pourrait fort bien s'y retirer assez prochainement. Michel Preud'homme n'est pas un homme d'intérieur. Les tâches ménagères ne le rebutent pas mais il ne s'est jamais soucié de les accomplir. Seul chez lui, il avoue qu'il est tout juste capable de ne pas mourir de faim. Le golf mais aussi ses deux enfants - Guilian et Megan - constituent ses grandes passions. C'est au golf qu'il évacue ses tensions et qu'il se ressource.
La discipline
Pas les despotes qu'on pourrait imaginer
René Weiler : contrairement à l'image qu'il peut donner, Weiler offre certaines libertés à ses hommes. Il estime qu'ils sont des hommes et qu'ils savent donc ce qui est bon ou pas pour eux. Par exemple, un petit-déjeuner est servi au club entre 8h30 et 9h30 mais il est libre. Le Suisse n'est pas non plus un grand adepte du team-building. Il était même prêt à faire le stage hivernal à Neerpede mais les dirigeants ont préféré aller en Espagne pour préparer le second tour.
Michel Preud'homme : le Liégeois n'est pas un despote mais il veut tout contrôler. Vainqueur viscéral, il attend de ses joueurs mais aussi de son staff dans le plus large sens du terme la méticulosité, la minutie qu'il s'impose à lui-même. Michel Preud'homme supporte mal les retards non motivés aux rendez-vous qu'il fixe et récrimine quand la voiture d'un joueur est mal garée. Le Liégeois est aussi un ardent partisan des longues préparations - six semaines complètes, c'est l'idéal - et des stages intensifs qui doivent jeter les bases des prochains succès collectifs.