Alfred Schreuder face à Felice Mazzu: cinq questions pour une finale épique
Les entraîneurs des deux derniers candidats au titre répondent à cinq questions avant la "finale retour".
- Publié le 11-05-2022 à 06h50
- Mis à jour le 11-05-2022 à 12h06

Trois jours à peine après s'être quittés à Saint-Gilles, Alfred Schreuder et Felice Mazzù se retrouvent à Bruges pour un "match retour" qui ne sera pas décisif, assurent les deux entraîneurs. Mais cette quatrième rencontre des Champions playoffs pourrait tout de même offrir au Club Bruges un avantage quasiment impossible à combler ou, au contraire, à nouveau rebattre complètement les cartes. Nous leur avons posé les cinq mêmes questions, en conférence de presse de veille de match.
1 En trois jours, est-ce surtout un travail mental que vous avez réalisé avec vos joueurs ?
Alfred Schreuder : "Il n'y avait pas d'euphorie après la rencontre, donc pas besoin d'effectuer un travail spécifique dans ce domaine. Mon groupe est mature et mes joueurs ont déjà gagné de grandes rencontres, avec beaucoup de pression, sans pour autant tomber dans l'euphorie par la suite. La confiance est sans doute encore plus grande, mais elle était déjà bien présente."
Felice Mazzù : "En playoffs, et pas juste dans le cas présent, l'aspect mental est plus important que le reste, car on ne peut plus changer grand-chose tactiquement ou physiquement. C'est sûr que ce n'était pas évident pour eux, juste après le match. Lundi a été un jour axé sur la récupération et puis je les ai trouvés convaincus, positifs, avec beaucoup d'énergie à l'entraînement de ce mardi. Je leur ai dit qu'on savait pourquoi on avait perdu ce match : non pas à cause d'une différence de qualité entre les deux équipes, mais par la faute d'un manque de concrétisation. Et qu'il a suffi d'une seule erreur pour prendre ce but. Donc je leur ai dit qu'il faudra continuer sur cette voie, que je ne veux voir personne lâcher. Et personne ne m'a montré cela, d'ailleurs. Je les ai trouvés prêts à repartir à la guerre. Mais je n'ai pas prévu de discours particulier avant le match, car mon groupe a un énorme mental et sait se remettre en question."
Forcément, il a pas mal parlé avec Dante Vanzeir, également. "Je l'ai laissé tranquille lundi, puis je lui ai parlé mardi pour lui donner du réconfort mental, essayer qu'il soit complètement libéré, qu'il tourne le bouton. Je lui ai dit que le match de dimanche était fini, qu'il devait juste penser au match suivant en étant libéré et en confiance. Tout le groupe l'a soutenu : il ne doit avoir que des émotions positives, de la confiance, mercredi."
2 Le calendrier vous offre deux rendez-vous face au même adversaire en quelques jours. Est-ce particulier ?
Alfred Schreuder : "Cela ne change pas grand-chose au niveau de la préparation en tout cas. On a juste eu un délai assez court, deux jours."
Nsoki sera suspendu, pour excès de cartes jaunes. Une alternative doit donc être trouvée sur le côté gauche de la défense à trois. Jack Hendry ? "Nous avons essayé deux systèmes, dont l'un avec Jack Hendry. Il est très bien monté dans une rencontre difficile à Anderlecht. On verra demain l'option retenue."
Felice Mazzù : "Dommage que personne n'ait posé la question lors de la présentation du calendrier (NdlR : les médias n'étaient pas invités en réalité). Oui, c'est particulier de rencontrer une des équipes les plus titrées de Belgique, que tout le monde donne championne, deux fois à trois jours d'intervalle. Mais c'est comme ça que le tirage a été fait, tout le monde doit s'en accommoder (NdlR : il s'agit en fait d'une décision de la Ligue et d'Eleven Sports et pas d'un tirage au sort). Mais quand on voit notre prestation de dimanche, dans le contenu plus que dans le résultat, on ne doit pas penser à ça. On doit juste penser au match de mercredi et prendre du plaisir sans se mettre de pression inutile."
Reste que ce match aura lieu en déplacement, cette fois, ce qui a souvent souri à l'Union. "Il n'y a pas d'avantage, ni de désavantage à cela. On sait qu'on aura tout le stade contre nous, qu'il y aura une grosse atmosphère et on devra être capables de combattre cela, comme on l'a fait à l'Antwerp en phase classique et en playoffs."
3 Pourriez-vous changer votre approche tactique par rapport à dimanche ?
Alfred Schreuder : "Non, ce n'est pas notre intention. Nous essayons toujours d'avoir la meilleure équipe possible et j'ai un grand respect pour l'Union. Ils sont dangereux dans les transitions, avec deux bons attaquants et de bons flancs également. Cela ne changera pas la donne qu'on soit à domicile."
Des critiques ont été formulées sur la manière de jouer du Club, au Marien. "Mais des critiques, il y en a toujours. J'ai fait des choix et tout le monde n'était pas d'accord, mais peu m'importe. Nous avons des objectifs et je fais mes choix en pensant au collectif avant tout.
Les Bruxellois avaient joué dans un Jan Breydel vide en phase classique, alors qu'il sera plein à craquer ce mercredi. "Là, c'est sûr que ce sera différent. Nos supporters mettent toujours une magnifique ambiance dans le stade et nous apportent un soutien important."
Felice Mazzù : "Quoi que je change offensivement ou défensivement, il faut garder les mêmes points de repère que dimanche passé, au niveau des automatismes et de la connexion entre les joueurs. Quand on sort d'une telle prestation, il ne faut pas la salir et il faut garder confiance en ceux qui l'ont faite. Il faudra juste s'appliquer sur la finition et sur les derniers choix offensifs. Je ne me tracasse pas de ce manque d'efficacité et je pense que cela va revenir, car je n'oublie pas qu'on a marqué trois buts contre Anderlecht il n'y a pas si longtemps. J'ai des attaquants qui se remettent en question et qui sont de qualité. Ils doivent juste être prêts à faire les bons choix mercredi."
4 Que répondez-vous à ceux qui disent que Bruges a mis un coup définitif pour le titre ?
Alfred Schreuder : Je ne suis pas d'accord et je ne pense pas que le match de ce mercredi sera décisif. Si on gagne, c'est une bonne chose. Un partage aussi serait positif. En cas de défaite, il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter pour autant. Bien sûr, ce ne serait pas un bon résultat et nous allons entamer la rencontre pour la remporter. Comme toujours. Mais il restera encore deux rencontres après."
Felice Mazzù : "Que, aujourd'hui, au classement, il y a deux équipes avec 43 points et que le seul désavantage qu'on a, c'est ce demi-point. Il s'agit quasiment d'une égalité. Je ne suis pas d'accord pour dire que ce sera fini pour le titre si on ne gagne pas ce mercredi, car il restera encore deux matchs après celui-ci. Bien sûr, le Club Bruges aurait un avantage moral et mathématique, mais en football, il faut y croire jusqu'au bout. Et, si on ne gagne pas mercredi, on y croira jusqu'au bout.
5 Y a-t-il une équipe qui mérite plus que l'autre d'être championne ?
Alfred Schreuder : "Pour moi, l'équipe qui terminera les Champions playoffs en tête aura mérité le titre de champion. J'ai directement déclaré, dès mon arrivée, que je n'étais pas habitué à cette formule. Mais ce sont les règles ici en Belgique. Bien sûr que cette année, ça pourrait être une bonne chose pour le Club Bruges, mais il ne faut pas oublier que ce n'était pas le cas la saison passée (NdlR : ils avaient terminé la phase classique largement en tête et Genk était presque revenu à leur hauteur)."
Felice Mazzù : "Si, à la fin, le Club Bruges est champion, c'est qu'il l'aura mérité… mais pas tant par rapport à la phase régulière, plutôt par rapport à ce système de playoffs. Et les gens pourront continuer à dire que le Club Bruges est la meilleure équipe de Belgique, comme ils le disent depuis un moment."