Van Holsbeeck : "Nous devons être très inventifs"
- Publié le 09-11-2012 à 07h00

Herman Van Holsbeeck explique en détail à un magazine russe comment Anderlecht parvient à survivre en Europe
BRUXELLES En prélude de la rencontre entre Anderlecht et le Zenit, le magazine Soviet Sport , l'un des plus prestigieux en Russie, s'est posé une question : comment un club avec un aussi petit budget au niveau européen que le Sporting fait-il pour rivaliser avec une formation pour qui l'argent n'est pas un problème comme le Zenit ? Pour y répondre, Soviet Sport a sollicité et obtenu une interview avec Herman Van Holsbeeck. Un entretien très intéressant où le manager général s'est livré de manière très claire, détails et chiffres à l'appui.
Les dizaines de millions d'euros qui séparent les deux clubs n'étaient pas vraiment visibles à Saint-Pétersbourg. Et ce fut encore moins le cas à Bruxelles mardi. "L'écart entre les petits budgets en Ligue des Champions et les grandes puissances grandit chaque année" , explique Herman Van Holsbeeck. "À Anderlecht, nous avons un budget annuel qui tourne autour de 40 millions. On attend de nous qu'on soit champion et qu'on se qualifie pour les poules de la C1. Là, on affronte des équipes comme le Zenit qui peuvent dépenser 90 millions pour acheter deux joueurs. On joue le même jeu mais dans une autre catégorie…"
Les dirigeants de Nicolas Lombaerts et d'Axel Witsel peuvent s'appuyer sur Gazprom, la deuxième société privée la plus puissante au monde. "De notre côté, nous pouvons compter sur quatre grands axes qui alimentent notre budget" , reprend Herman Van Holsbeeck. "Nous avons tout d'abord la chance de jouer quasiment toujours dans un stade plein. On vend 20.000 abonnements en début de saison et cela représente un quart de nos revenus annuels, entre 8 et 9 millions. Deuxièmement, nous avons des partenaires fidèles. BNP Paribas Fortis nous soutient depuis 30 ans et nous jouons avec la marque Adidas depuis 35 ans. Cela apporte également un quart du budget. Les loges, les repas VIP et les business seats apportent aussi de l'argent. Enfin, nous touchons chaque année entre 5 et 6 millions en droits télé. C'est évidemment très peu en comparaison de ce qu'il se passe en Allemagne ou en Angleterre."
Le manager général du Sporting avoue que cela ne suffit pas toujours pour boucler l'année. "Alors, on vend un joueur. On l'a encore fait récemment. On le fait régulièrement pour garder la balance en équilibre. Pour rester au niveau, on doit se montrer très inventif. On essaie de former des jeunes et d'attirer des joueurs qui n'atteindront leur top que deux ou trois ans plus tard, histoire d'un peu profiter de leur talent puis de les revendre avec plus-value. Biglia et Boussoufa ont été les plus grosses dépenses que nous avons faites, à peu près 3 ,5 millions. Boussoufa a été vendu la saison dernière pour 8 millions net à Anzhi. En fait, la somme était plus élevée mais des intermédiaires ont aussi reçu des parties de la somme de transfert."
Herman Van Holsbeeck tente de gérer le Sporting en bon père de famille. "On doit parfois prendre des risques pour former une meilleure équipe et jouer la Ligue des Champions qui apporte beaucoup d'argent. Si cela rate, on peut vite se retrouver avec un manque de 3, 4 ou même 5 millions. C'est dans ces cas-là que nous devons alors vendre un cadre de l'équipe. Nous voulons rester un club sain. Notre dette n'est d'ailleurs pas très élevée par rapport à la moyenne."
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