Hanni quitte Anderlecht: Adieu d'un artiste qui n'aurait jamais dû être capitaine
Au moment de boucler cette édition, la destination de Sofiane Hanni était encore incertaine. Mais une chose était sûre : il fuira Anderlecht. Pour son info : la nuit prochaine, il fera -13 à Moscou. Même quand il fait +10, Hanni joue avec des gants. Et à Burnley, il va pleuvoir toute la nuit. La météo n'est qu'un des aspects qui doit lui faire peur.
- Publié le 31-01-2018 à 07h38
- Mis à jour le 31-01-2018 à 07h43

Une analyse signée Yves Taildeman.
Au moment de boucler cette édition, la destination de Sofiane Hanni était encore incertaine. Mais une chose était sûre : il fuira Anderlecht. Pour son info : la nuit prochaine, il fera -13 à Moscou. Même quand il fait +10, Hanni joue avec des gants. Et à Burnley, il va pleuvoir toute la nuit. La météo n'est qu'un des aspects qui doit lui faire peur.
Mais Hanni a donc décidé de tenter l'aventure. L'aspect financier joue évidemment un rôle : son salaire sera doublé. Mais surtout : Hanni en avait marre d'être sifflé par le public. Combien de fois n'a-t-il pas eu envie de faire un bras d'honneur ou un autre geste déplacé pour exprimer son dégoût ? C'est avec des pieds de plomb qu'il est venu au stade contre Waasland-Beveren mercredi passé. Même suspendu, il craignait être sifflé.
Pourquoi Hanni n'a-t-il jamais été aimé par les supporters d'Anderlecht ? L'Algérien est quand même un artiste comme on les adore au parc Astrid ? Son but de l'année à Ostende - après un slalom à la Messi - n'était qu'un de ses moments forts.
Non, c'est la personnalité de Hanni qui dérangeait. On n'ose pas imaginer que ses origines y furent pour quelque chose - Boussoufa était l'idole du public - mais aussi bien dans son jeu que dans ses paroles, il dégageait une sorte de nonchalance et d'apathie qui ne plaisaient pas aux supporters. Et surtout pas de la part d'un capitaine. Un capitaine doit avoir de l'aura, du charisme, un propre avis, une mentalité de guerrier.
Hanni était fier de son brassard et n'a jamais songé à le rendre. Pourtant, il lui a mis une pression malsaine. Et au fond, il y avait deux autres patrons dans le vestiaire : Kara Mbodj et Frank Boeckx. Quand eux se faisaient entendre, le groupe écoutait. Les paroles de Hanni, elles, étaient beaucoup plus creuses.
La même chose était vraie pour ses interviews. En un an et demi, Hanni a une seule fois levé la voix. Après le 3-2 à Zulte Waregem, il a déclaré devant les caméras : "On aurait dû jouer plus offensivement. À 1-2, on s'est dit entre joueurs qu'on devait marquer le troisième but. Non, ce n'est pas ce que le coach (René Weiler) a dit à la mi-temps." Hanni s'est vite fait remettre à sa place. Et il est donc retourné dans sa coquille.
L'impression que Hanni dégageait était pourtant fausse. Il avait bel et bien de la personnalité. Pour preuve : même après des coups de sifflet, il continuait à demander le ballon, et à tenter des choses (parfois impossibles). Parfois, il s'emmêlait tellement les pinceaux que ses actions individuelles ressemblaient plus à du chipotage qu'à autre chose. Lors du 5-0 à Bruges, par exemple, il a touché le fond. Mais lors du prochain match au sommet - au Standard - il en a mis trois au fond. Ça aussi, c'était Sofiane Hanni.
Le 13 octobre passé, Anderlecht a été battre Malines après un match sensationnel. Lors de son remplacement à la 74e par Stanciu, le public de Malines a ovationné son ancienne idole. Après le match, il a fait un tour du terrain pour remercier personnellement tous ses anciens fans.
Si un jour, Anderlecht affronte le Spartak Moscou en Coupe d'Europe ou Burnley en amical, on ne doit pas s'attendre à assister à un même scénario. Le numéro 94 ne restera jamais gravé dans les mémoires des supporters. Mais la direction, elle, ne l'oubliera pas. Il a été vendu pour le quadruple (8 millions) de son prix d'achat (2 millions)…