Match nul frustrant pour Anderlecht: "Très fier de la réaction des joueuses après la carte rouge"
Les Mauves ont globalement dominé le premier seizième de finale de Ligue des Champions de leur histoire.
- Publié le 13-09-2019 à 07h53
- Mis à jour le 13-09-2019 à 11h15

Les Mauves ont globalement dominé le premier seizième de finale de Ligue des Champions de leur histoire.
Un match nul contre des habituées de Champion's League, après avoir joué à dix contre onze quasi une demi-heure, le tout pour une première à ce niveau: sur papier, le 1-1 obtenu par le Sporting face au BIIK-Kazygurt est plutôt bon. Mais la rencontre laisse un petit goût de trop peu, tant on sentait que les Mauves étaient en mesure de prendre l'avantage sur leur adversaire kazakh.
Il n'en sera finalement rien, malgré de grosses occasions pour Mariam Abdulai Toloba (20e minute), Stefania Vatafu (34e et 44e), Sarah Wijnants (58e) et Charlotte Tison (84e). Il faudra donc se contenter de ce partage, acquis grâce à un but sur corner de Britt Vanhamel (70e), alors qu'Alina Litvinenko avait ouvert la marque à la 53e sur penalty.
À l'issue de la rencontre, c'était un mélange de fierté et de frustration qui prédominait dans le chef des joueuses du Sporting et de leur coach Patrick Wachel.
Charlotte Tison: "Personne n'a compris cette carte rouge"
Sur le match: "J'ai un sentiment mitigé. Au coup de sifflet final, on était déçues, car on sentait qu'on pouvait faire mieux. Mais le coach nous a directement dit qu'il était fier de nous. C'est là qu'on a réalisé qu'on avait fait un bon boulot en deuxième mi-temps. Car avec une exclue, ce n'était pas facile du tout et on s'est battues jusqu'au bout. Il nous a rappelé qu'on aurait même pu en mettre un deuxième. Il nous dit qu'on devait être confiantes, qu'on devait garder notre motivation et ne pas nous rendre là-bas avec défaitisme. On a eu plusieurs occasions, à tel point qu'on ne voyait même plus qu'on était une de moins. Quand elles étaient en possession, on courait comme des dingues, car il y avait des espaces. Mais quand on contrôlait le ballon, on ne les voyait plus. On était les seules à se créer des occases. On a débuté avec un peu de stress, car c'est une grosse équipe. On allait un peu vers l'inconnu. On voulait garder le zéro, mais sans y parvenir. Avec le penalty, on s'est mises en difficulté toutes seules. Mais on s'est regardées et on s'est dit qu'on ne pouvait pas abandonner juste pour un péno alors que c'est une grande première pour nous. (...) En première période, on a un peu trop attendu, car on risquait de se faire prendre dans le dos. C'est peut-être le seul tout petit regret, c'est d'avoir été trop attentistes."

Sur la rouge de Rus: "Honnêtement, sur le carton rouge (distribué à Laura Rus pour rouspétance, alors qu'elle avait déjà écopé d'un jaune sévère, Ndlr), personne n'a compris ce qui s'est passé. Tout le monde était par terre et là, on voit l'arbitre sortir un carton, on ne sait trop pour qui et on voit que c'est Laura qui se le prend. Là, on se dit qu'on est un peu dans la m... Mais c'est un match que l'on ne jouera peut-être qu'une fois dans notre vie et on ne pouvait pas abandonner alors qu'il restait quand même trente minutes à jouer."
Sur le match retour: "On avait pas mal de choix pour les destinations européennes. Quand le Kazakhstan est sorti, on s'est dit 'Wow, qu'est-ce qu'on va faire là ?' (sourire). Mais je pourrai dire que j'ai déjà joué au Kazakhstan, tout le monde ne peut pas en dire autant. Après, ça va être un voyage compliqué. Si on prend la victoire là-bas, ça serait encore plus mémorable. Elles ont plus d'expérience que nous, mais on a des internationales, donc on en possède aussi. On peut apprendre d'elles, qui sont restées calmes, même si elles étaient en difficulté."
Patrick Wachel: "On aurait pu revendiquer une courte victoire"
Sur le match: "Ce qui a manqué ? Un but ! En première mi-temps, on s'est montré un peu frileux. Mais le BIIK est une équipe qui attend constamment la faute de l'adversaire et qui joue ensuite sur des attaquantes qui sont rapides. On le savait et j'avais donc demandé de ne pas jouer trop haut. Elles ne se sont pas créé beaucoup d'occasions en contre, excepté une belle frappe détournée par Justien Odeurs. Mais on n'a pas marqué ce but qui nous aurait permis de nous mettre en route. En seconde, on ne commence pas mal, puis on se prend ce but. C'est un penalty indiscutable. C'est dommage, mais rassurant ! Car elles ont eu besoin de ça pour marquer ! Puis on se retrouve à dix, mais c'est là que les filles se sont libérées, qu'elles ont osé des choses et finalement, ont marqué ce joli but. À 1-1, nos adversaires ont refusé le jeu, estimant qu'elles avaient fait leur boulot. Nous, on a continué à nous créer des occasions. On aurait pu revendiquer une courte victoire. (...) Je suis très fier de leur réaction à dix, mais je suis frustré, car une courte victoire n'aurait pas été volée. Peut-être y a-t-il eu une crispation en début de match. Je leur ai dit que c'était un bonheur de participer à une telle compétition. C'est un bonus, aujourd'hui. Et j'ai l'impression qu'elles n'en ont pas suffisamment profité. Elles sont déçues, alors qu'il ne faut pas. Personne n'a fait ce qu'on a fait à Anderlecht. Je suis triste de les voir comme ça. Bien sûr, cela montre que ce sont de vraies compétitrices. C'est aussi de bon augure."

Sur le long déplacement qui attend les Mauves: "L'équipe adverse a également dû se farcir ce voyage et n'en a pas moins bien joué pour autant. On sait que ça sera difficile. On part le dimanche matin très tôt vers Amsterdam, puis on prend l'avion vers Ankara, puis encore un autre vol ! Cela fait partie du jeu. C'est quand même amusant de participer à ça."