Stars en 2000, ils ont disparu en 2020 (5/9), Marc Hendrikx: "Je gère mes six sociétés comme je jouais au foot"
L'ancien Anderlechtois est depuis dix ans chef de plusieurs entreprises. Un retour dans le football n'est pas à l'ordre du jour.

- Publié le 23-12-2020 à 07h54
- Mis à jour le 24-12-2020 à 13h39

Vous m'enverrez l'article pour relecture ? Pas pour supprimer des choses que j'ai dites, mais pour pimenter l'interview."
L'ex-Diable rouge Marc Hendrikx (46 ans) - il faisait partie de la sélection de Robert Waseige à l'Euro 2000 et a été champion avec Genk en 1999 et avec Anderlecht en 2004 - a toujours été un footballeur atypique. Il n'a pas changé depuis qu'il est chef d'entreprise. Ou plutôt chef de plusieurs entreprises, parce qu'il en gère… six.
Physiquement, vous n'avez pas trop changé non plus, Marc.
"Je suis encore assez affûté. J'ai pris 5 kilos depuis que j'ai arrêté ma carrière professionnelle à Eupen, en 2011. À un certain moment, j'avais pris 17 kilos. Quand on joue au foot, on dépense tellement de calories qu'on peut manger tout ce qu'on veut."
Vous faites donc encore du sport ?
"Non ! Pendant ma carrière, je jouais bien au tennis - j'avais le niveau d'un B0 - et je faisais beaucoup de VTT, mais je n'ai plus le temps. Pourtant, deux de mes sociétés sont dans la branche du vélo. Jools fabrique des vélos électriques qu'on vend à 120 magasins en Belgique. Et Velotril est un centre d'essais où on vend, loue et répare des vélos."
Quelles sont vos autres sociétés ?
"GOit et GOdevelop sont des services d'informatique. On s'occupe des ordinateurs et des PC d'autres sociétés, de leurs serveurs, de leurs logiciels de pare-feu, etc. Puntoo.com est un produit informatique que nous avons créé nous-mêmes. Et Orselli est un magasin de vêtements que je gère avec mon épouse. En tout, j'ai une quarantaine d'employés."
Vous n'avez pas dû virer du personnel à cause du Covid-19 ?
"Non, 2020 a été une très bonne année pour mes sociétés de vélos, mais pas pour le magasin de vêtements. Mes sociétés d'informatique ont eu une année normale."
Pendant votre carrière de footballeur, vous aviez déjà cette après-carrière en tête ?
"J'ai obtenu mon diplôme d'ingénieur industriel quand je jouais à Lommel, en début de carrière. J'ai toujours été fasciné par l'informatique. Pendant ma carrière, je lisais des magazines techniques ou d'informatique. Je me souviens du PC qui avait été installé pour les joueurs au premier étage du stade Vanden Stock. C'est moi qui ai découvert qu'il n'était pas sécurisé. Vous pouvez poser la question à Yves Vanderhaeghe. D'autres personnes pouvaient voir ce que les joueurs faisaient sur ce PC. En déplacement européen avec Genk, j'ai connecté le PC des journalistes sur le réseau téléphonique de l'hôtel pour qu'ils puissent envoyer leurs textes."
Quelle est votre plus grande passion : le foot ou la gestion d'une entreprise ?
"Je chéris énormément mes vingt ans comme joueur pro - je crois que je suis l'un des joueurs avec le plus de matchs en D1 (NdlR : il est 37e avec 422 matchs) mais je le fais en toute modestie. Les maillots que j'ai échangés - avec Totti, Inzaghi et autres - sont tous au grenier ; je ne les expose pas dans mon living. Dernièrement, ma fille de 12 ans - j'ai une autre fille de 14 ans - est rentrée toute fière à la maison. 'Mon institutrice a dit que tu as été Diable rouge, c'est vrai ?' Cela m'a vraiment rendu très heureux. Mais je ne suis pas du genre à me vanter."
Vos expériences comme joueur vous aident dans votre business ?
"Dans le Limbourg, tout le monde connaît évidemment mon nom. Mais je me comporte de la même façon que quand je jouais au foot. Mes leitmotivs: l'honnêteté et la correction. J'ai toujours été dur et exigeant envers moi-même et envers mes collègues, dans le foot et dans les affaires. Mon côté consciencieux n'était pas toujours apprécié dans le vestiaire. Je ne me suis pas fait des amis dans le foot, mais ce n'était pas mon but. Des 17 entraîneurs que j'ai eus, il n'y en a pas un seul qui n'aimait pas avoir Marc Hendrikx dans son groupe. Je vivais à fond pour le foot."
Pourtant, à Anderlecht, Hugo Broos vous avait sorti de l'équipe pour faire plaisir au public.
"Tout s'est passé correctement et on a réglé cette affaire en interne, afin que les choses ne dégénèrent pas. Cela a été un honneur pour moi de défendre les couleurs d'un club royal."
Vous êtes resté supporter d'Anderlecht ?
"Absolument ! Je suis les prestations de tous mes anciens clubs de très près, même du Beerschot ou de Saint-Trond, où j'ai joué après Anderlecht. Et je suis surtout fasciné par les reprises du pouvoir, comme à Anderlecht. J'espère de tout mon cœur que le Sporting va vite retrouver ses résultats royaux…"

"Un petit paysan de Hamont-Achel en C1"
Hendrikx a participé à deux campagnes de Ligue des champions et à l'Euro 2000.
Hendrikx garde d'excellents souvenirs de sa carrière, surtout de la Ligue des champions avec Anderlecht en 2001-2002 et en 2003-2004. "Ce n'est pas facile de citer un match qui sort du lot", dit-il. "Même si on les a perdus, je dirais les matchs au Real Madrid (4-1), où mon adversaire direct était Luis Figo, au Celtic (3-1) et au Bayern (1-0), où j'ai joué seul sur le flanc gauche. Pour un petit paysan de Hamont-Achel, ce n'était pas si mal que cela."
En 2003-2004, Hendrikx a été coéquipier du jeune Kompany. "Il était bourré de talent, son potentiel était énorme. Mais physiquement il n'était pas encore à notre niveau, à 17 ans. Je me souviens de son irritation quand il ne savait pas suivre les meilleurs coureurs à pied, comme Hasi, De Boeck, Vanderhaeghe et moi-même. Mais, après un certain temps, il a refait son retard et il était dans le groupe de tête."
Un coup dur pour Hendrikx : sa non-sélection pour la Coupe du monde 2002 au Japon. "J'étais dans la présélection, mais Robert Waseige a dû réduire son groupe à 22 joueurs", se souvient Hendrikx. "Deux joueurs ont dû quitter l'hôtel : Toni Brogno et moi. Les journaux ont fait trois pages sur Brogno, qui était dans tous ses états. Moi, j'ai eu droit à deux lignes. Je n'en voulais pas à Waseige."
Cet exemple caractérise Hendrikx, qui n'a jamais fait la Une des journaux avec des déclarations tapageuses. Hendrikx, aujourd'hui : "Cela sert à quoi ? Waseige a pris sa décision en son âme et conscience. Je ne me sentais pas du tout trahi. J'ai salué tous les joueurs en quittant l'hôtel ; je leur ai souhaité bonne chance au Japon. Vingt-deux sélections et quinze capes, ce n'est quand même pas mal..."
À l'Euro 2000 - il venait de gagner la Coupe de Belgique avec Genk en battant le Standard 4-1 -, il a joué deux matchs : il est monté à la mi-temps, en remplacement de Van Kerckhoven, contre l'Italie (0-2) et il a pris la place de Goor à l'heure de jeu contre la Turquie (0-2). "Malgré l'élimination, j'ose dire que cet Euro est aussi un beau souvenir."
"Je n'épargne personne dans mon édito du Belang van Limburg"
Depuis quelques années, il a un édito dans le journal Het Belang van Limburg. "Je n'analyse donc pas des matchs, mais je parle de choses qui se passent hors du terrain", dit Hendrikx. "Je n'épargne personne ; cela ne fait pas toujours plaisir aux lecteurs, qui se plaignent dans des lettres ou des mails. Je trouve que les clubs sont beaucoup trop mystérieux. Pourquoi, par exemple, ne pas organiser les entraînements ouverts au public, lorsque les risques sanitaires liés au Covid ne sont pas d'actualité?"
"Agent de joueurs ? Pas mon truc…"
Pendant six mois, Hendrikx a été agent de joueurs. "J'ai notamment transféré Iandoli d'Eupen à Saint-Trond", dit Hendrikx. "J'ai fait trois ou quatre transactions. Des joueurs d'Eupen, comme Carlo Evertz et Gilles Colin, m'avaient demandé de les aider. J'ai mis le premier à Saint-Trond et le second à Lommel. Mais le monde du management de joueurs allait trop vite ; ce n'était pas mon truc. J'ai aussi suivi le cours d'entraîneurs - notamment avec Bernd Thijs - mais je n'ai pas d'ambitions à ce niveau."