La Chronique de Vincenzo Ciuro: "À Anderlecht, le futur, c'est maintenant"
Notre consultant Vincenzo Ciuro est revenu sur l'énorme vivier anderlechtois de Neerpede.
- Publié le 12-04-2021 à 16h15
- Mis à jour le 14-04-2021 à 21h28

La scène se déroule au Lotto Park, dimanche, vers 20 h 45. Les techniciens d'Eleven Sports sont déjà en train de démonter le matériel utilisé dans le cadre du 200e Anderlecht - Bruges de l'histoire du football belge. Un Topper au top pour une place dans le top 4. Moment choisi par un Brugeois pour nous lâcher en toute sincérité : "Anderlecht la saison prochaine, ils vont être forts, très forts. Crois-moi bien."
La phrase à peine prononcée, Van Crom' passe par là. Et affiche un sourire en coin très révélateur. Oui, les Mauves sont en progrès. En nets progrès même. La victoire face au leader en atteste.
Franchement, et sans vouloir s'emballer, j'ai l'impression que la gazelle brugeoise voit clair. Contre le Club, Anderlecht a donc signé - pour la première fois de la saison ! - une troisième victoire de rang. Indigne du statut historique du club, on est d'accord. Mais, en attendant, ces victoires contre Zulte, l'Antwerp et le futur champion résonnent comme des paliers franchis par les jeunes pousses de Vincent Kompany.
Il y a quelques semaines, on se demandait ce qu'ils devaient faire pour marquer des buts. En trois matchs, ils viennent d'en planter dix dont deux contre la meilleure défense du pays. En trois matchs, Kompany a aussi aligné trois fois le même onze de départ. Inédit !
Après avoir utilisé 36 joueurs (seul OHL fait pire), le Prince du Lotto Park semble avoir trouvé les bons numéros. Et avec ça, une formule gagnante.
Un trio solide et complémentaire dans le cœur du jeu : Trebel, Lokonga, Ashimeru. Deux pocket players made in Neerpede : Verschaeren et Ait El Hadj. Des petits formats (1,72 m et 1,70 m) talentueux, intelligents et généreux dans l'effort.
Leurs courses de l'extérieur vers l'axe du jeu libèrent les latéraux du Sporting. Murillo et Mykhaylichenko peuvent alors se projeter et profiter des couloirs.
La jeunesse a grandi. Elle a gagné en maturité, en calme. Jamais il y a quelques semaines les Mauves ne seraient revenus au score avant d'émerger dans le sprint final. C'était leur point faible. Combien de points n'ont-ils pas perdus dans le dernier quart d'heure ? Kompany a aligné à dix reprises une équipe de base ayant 22 ans ou moins de moyenne d'âge.
Si on étend ce chiffre à un printemps supplémentaire, 13 fois en 33 matchs. C'est du jamais-vu. La jeunesse n'est plus une excuse. C'est devenu une force. Elle constitue le cœur du projet, pardon du process.
Elle représente l'avenir footballistique et économique. Le porte-drapeau et porteur du brassard, Albert Sambi Lokonga, voit sa valeur marchande grimper de match en match. Son statut de Diable rouge amplifie ce phénomène. Idem pour Verschaeren.
Selon Transfermarkt, ils pourraient rapporter 23 millions au club. Ait El Hadj, Amuzu et Delcroix devraient eux aussi dans un avenir plus ou moins proche aider le club à retrouver des chiffres verts dans les fichiers Excel du directeur financier.
Mais, avant de refaire d'Anderlecht un candidat au titre, il y aura plusieurs problèmes à résoudre. En un : tout faire pour convaincre Lukas Nmecha de rester. Pour l'aider à se développer. Pour son bien. Et celui du club. Il faudra aussi conclure un nouveau deal avec City. À Kompany d'activer son réseau prioritaire. En deux : pallier le futur départ de Sambi Lokonga. En trois : conserver Trebel. Et en quatre : trouver un gardien, même un numéro 2, capable de concurrencer Van Crombrugge. Wellenreuther n'a pas le niveau.
Une éventuelle qualif européenne (qui sait ? !) pourrait constituer un argument massif. Sportivement et financièrement. Avant cela, il faudra gagner sur le synthétique du Stayen. Un terrain de jeu dont la surface convient parfaitement aux petits formats anderlechtois.