David Hubert aime faire tourner l'effectif d'Anderlecht mais prévient : "Je n'alignerai jamais un joueur qui n'a pas le niveau"
David Hubert a changé six joueurs entre les deux derniers matchs de son équipe. Verra-t-on des surprises pour le Topper de dimanche ? À chaque match, le nouveau coach change plusieurs joueurs. Et parfois beaucoup.

- Publié le 26-10-2024 à 10h53

Trouver la composition que compte aligner un coach est un jeu de l'esprit. Chaque veille de match, l'objectif est de se mettre dans la peau du T1 et de réfléchir à ses possibles choix. Ce n'est jamais simple et la logique fait souvent la différence. Après près de deux ans, Brian Riemer peinait à surprendre. Déjà, car ce n'était pas son style. Ensuite, car on percevait de mieux en mieux ses réflexions au fil des semaines.
David Hubert est encore un mystère. Aucun des médias majeurs n'a pu deviner l'équipe qu'il a alignée face à Ludogorets. Pourquoi ? Car le nouvel entraîneur d'Anderlecht est un adepte de la tournante de son effectif. Entre la défaite au Beerschot et la victoire face aux Bulgares, il a changé six joueurs. Plus de la moitié de son équipe.
"Appelez ce que je fais comme vous voulez, souffle-t-il. Je sais juste que je suis ambitieux et que nous sommes actifs sur trois fronts. Si nous voulons réussir dans toutes les compétitions, nous avons besoin de tout le monde. Pour cela, je dois poser des choix de match en match."

La fatigue comme argument
Hubert n'est donc pas un coach à l'équipe immuable. Il change à chaque match. La faute est principalement à imputer à son calendrier extrêmement chargé. Depuis qu'il a repris l'équipe, les matchs s'enchaînent.
La trêve internationale n'a pas aidé car beaucoup de ses joueurs ont joué et/ou voyagé pour leur équipe nationale. Pas idéal pour récupérer après avoir enchaîné des matchs avec en moyenne trois jours de repos entre chaque. Les prochaines semaines sont également chargées. Anderlecht joue en Coupe jeudi prochain avant d'aller à Riga la semaine d'après. "Je prends en compte tout cela, explique le coach. La charge de travail, la fatigue, la fraîcheur, tout rentre en considération quand je pose mes choix. Alors, oui, cela fait qu'on fait tourner l'effectif."
Le coach ne regarde d'ailleurs pas uniquement le passé mais également la suite. Vu l'enchaînement, il réfléchit déjà à ses compositions probables pour les deux ou trois matchs suivant pour laisser chaque joueur respirer et éviter une surcharge. En fonction de différents paramètres physique et footballistique, il adapte son idée de base.
La forme passe avant tout
"Mais mon choix est avant tout dicté par ce que je vois en match et à l'entraînement, poursuit Hubert. Je prends également en compte qui on a en face pour mettre le meilleur joueur à chaque position. Avec toujours l'objectif de pouvoir être ambitieux lors de tous nos matchs." Le jeune entraîneur met l'aspect sportif en priorité. S'il est persuadé qu'un joueur peut apporter une plus-value et qu'il est le seul profil à pouvoir le faire, il jouera. Peu importe le calendrier. Il se reposera plus tard.
Si le coach a pu changer cinq ou six joueurs et qu'on arrive à gagner, cela signifie que nous avons un bon noyau.
"J'aimerais tout jouer, je ne le cache pas", sourit Anders Dreyer. Le Danois est le meilleur exemple du changement amené par Hubert. Sous Riemer, il jouait tous les matchs. Avec le nouveau coach, il est tantôt sur le banc, tantôt sur le terrain. "Si l'entraîneur a pu changer cinq ou six joueurs et qu'on arrive à gagner, cela signifie que nous avons un bon noyau. J'accepte d'être mis au repos à certains moments."
Un peu de management humain
Éviter les frustrations est un des plus grands défis d'un entraîneur. Quand onze joueurs sont sur la pelouse, que maximum cinq autres obtiennent quelques minutes, d'autres rongent leur frein sur le banc ou en tribune. Jouer sur trois tableaux est, au niveau de la gestion des egos, une chance que n'avait pas Brian Riemer. David Hubert a également choisi de maintenir l'entièreté de son groupe alerte en laissant chaque élément avoir du temps de jeu. Les conséquences sont naturelles : plus de motivation au quotidien et l'envie de se donner à l'entraînement et sur le terrain.
Le principal intéressé n'a pas voulu confirmer cet argument et a tenu à mettre les choses au clair : "Je ne ferai jamais jouer un joueur qui n'a pas le niveau pour Anderlecht. Ceux qui sont sur le terrain le méritent. Ça fait partie de la concurrence qu'il y a dans une équipe. Je pose le choix qui me semble le meilleur."

Les joueurs sont positifs
Et qu'en pensent les Mauves ? Globalement, ils sont assez positifs à l'idée d'avoir un peu de repos. C'est surtout le cas chez les habituels remplaçants. À l'image de Thomas Foket. "J'ai besoin de beaucoup de matchs pour prendre mon rythme. Idéalement, je préfère enchaîner tous les trois jours. Mais il n'y a pas de raison de changer le système actuel parce que Killian (Sardella) se débrouille bien. Je m'adapte à la nouvelle situation et je me tiens prêt à jouer. Et pour le moment, on gagne quand je suis sur le terrain (sourire). Les choix du coach permettent de nous maintenir prêts à tout instant."
Mats Rits confirme : "Permettre à chacun de se reposer et de gagner des minutes est un plus pour le groupe. Et la concurrence fait partie d'un club comme Anderlecht. Parfois, on sait la veille si on joue et parfois on l'apprend le jour même. Serai-je titulaire à Bruges ? Vous verrez bien dimanche."
Le Club Bruges a deux jours de repos en plus "et c'est une différence", selon David Hubert.
Un déséquilibre par rapport à Bruges
Les joueurs pourraient une nouvelle fois être surpris de l'équipe qui affrontera le Club Bruges. Tactiquement, Hubert devra poser des choix. Va-t-il réintégrer Zanka ? Jouera-t-il la prudence avec un double pare-chocs Rits-Dendoncker ?
Les paramètres footballistiques rentreront en ligne de compte mais un autre élément sera clé : la fatigue. Anderlecht a joué une rencontre intense face à Ludogorets qui s'est conclue à 23 heures jeudi soir. Le Club Bruges a terminé son match à Milan mardi à 20 h 30. Les Brugeois ont eu deux jours de repos supplémentaires.
"C'est une différence, souffle Hubert. On a planifié le plus possible pour pallier les conséquences de cet enchaînement de matchs. La situation est-elle idéale ? La réponse est 'non, certainement pas', mais c'est comme ça. On va gérer ça au mieux."