Cours d'anglais, centre de gravité bas, le mental : voici les secrets de l'intégration réussie de César Huerta à Anderlecht
Pour son premier match de Coupe d'Europe, et malgré la lourde défaite face à Fenerbahçe, César Huerta (24 ans) a déposé sa carte de visite. Ses équipiers sont déjà fans de lui.

- Publié le 15-02-2025 à 14h54

Il y a deux types de personnes. Ceux qui après avoir pris un gros tampon dans le dos après quelques minutes de jeu se figent. Et ceux qui rendent coup pour coup. César Huerta a choisi la voie de la loi du Talion.
Osayi-Samuel a été surpris de voir son adversaire lui rendre le coup qu'il venait lui mettre à peine quelques minutes après la première bousculade. Œil pour œil, dent pour dent. On peut critiquer le geste mais il définit la mentalité de la recrue phare du mercato hivernal d'Olivier Renard.
"Il m'a expliqué que le championnat mexicain est extrêmement physique, que ça va au duel, raconte Théo Leoni. Il faut être fort pour réussir au Mexique. Il est habitué à prendre des coups, à se faire bousculer."
Fort dans la tête
Le directeur sportif était tombé sous son charme lors d'un match international entre les Pumas et Montréal. Ses équipiers commencent à confirmer le sentiment qu'avait Renard au moment de le mettre sous contrat au RSCA jusqu'en 2029. La défaite face à Fenerbahçe a mis en valeur le manque de muscle dans l'équipe anderlechtoise. Huerta est l'un des seuls joueurs à avoir réussi à répondre à l'impact physique mis par le Fener dans chaque duel.
Ses équipiers ont autant pointé ses caractéristiques physiques que mentales pour analyser sa capacité à ne pas s'écraser dans sa première rencontre de Coupe d'Europe face à des joueurs d'expérience comme Dzeko, Skriniar ou Kostic.
"C'est d'autant plus impressionnant qu'il était malade jeudi soir et qu'il arrive quand même à sortir un match pareil, souffle Colin Coosemans. Chino est vraiment fort sur ses jambes et dans sa tête. On n'a rien à redire sur sa mentalité. Il est arrivé avec le bon état d'esprit et il met la bonne intensité dans tout ce qu'il fait."
Bas sur ses appuis
Quand il est au ballon, on se dit que quelque chose va arriver.
Théo Leoni pense que la (petite) taille de Huerta (1,71m) l'aide à certains égards. "Il est très bas sur ses appuis. Il donne l'impression de perdre la balle mais finit par s'en sortir. Notamment grâce à ses dribbles et ses crochets courts. Ils sont vraiment de haut niveau."
Sa facilité ballon au pied a sauté aux yeux. Le Mexicain aime provoquer en un contre un. Parfois trop, mais Anderlecht avait besoin d'un joueur imprévisible pour l'adversaire. "Quand il est au ballon, on se dit que quelque chose va arriver", sourit Coosemans.
Les leçons d'anglais de Marta
Huerta a posé ses valises en Belgique il y a un gros mois. C'est encore tôt pour parler d'un joueur adapté à notre pays et notre football mais cela va dans le bon sens. Où Angulo a, par exemple, longtemps eu du mal à se fondre dans son nouveau quotidien, Huerta se fait vite à ses nouveaux standards de vie. Arrivé avec sa mère pour l'aider dans ses premiers jours, il n'a pas encore réglé tous les détails de sa nouvelle vie. Il n'a pas encore trouvé d'appartement qui lui convient. Il cherche visiblement la perle rare.
Au club, il a pu compter sur l'appui de nombreux équipiers. À commencer par les Sud-Américains. "Il est souvent avec Vazquez, Angulo et Adryelson, dit Leoni. Ils ont un petit clan à eux et c'est normal."
Il ne parle pas anglais: ne vous inquiétez pas, il ne mange pas seul dans son coin.
La liste des Mauves capables de parler espagnol dépasse les natifs. Coosemans a souvent fait office d'agent de liaison grâce à sa maîtrise parfaite de la langue de Cervantes et continue sa mission avec Huerta. "Je ne suis pas le seul, sourit le capitaine. Dendoncker, Augustinsson, Stroeykens ou encore Leoni savent parler espagnol et lui traduisent certaines choses qu'il ne comprend pas. Ne vous inquiétez pas pour lui, il est bien intégré et ne mange pas seul dans son coin."
Ludwig Augustinsson, passé par Séville, l'a aussi aidé en l'abordant en espagnol. "Je lui ai dit que s'il avait besoin de quoi que ce soit j'étais là. Je pense que beaucoup de joueurs ont fait comme moi."
Tous le définissent comme un gars calme et discret. Deux qualités qui l'ont aidé à être apprécié du noyau. "Je commence à bien gérer en espagnol et c'est agréable de m'entraîner en lui parlant, sourit Leoni. Mais il a une vraie volonté d'être compris de tous. Il a directement pris des cours d'anglais avec Marta (NdlR : la prof et nounou des Sud-Américains). Il commence à comprendre certaines petites choses."
David Hubert lui parle actuellement en espagnol mais espère bientôt voir sa recrue comprendre l'entièreté de ses speechs et des briefings tactiques, donnés en anglais. Anderlecht considère que cela pourrait l'aider à utiliser la totalité de son potentiel. "Je m'attends à ce que César soit important pour nous dans les mois à venir", conclut Augustinsson.