Anders Dreyer se confie après son départ en MLS: "C'était le chaos à Anderlecht"
Joueur le plus offensif de la saison passée, Anders Dreyer porte un regard acéré sur Anderlecht qu'il continue à suivre depuis San Diego.

- Publié le 26-04-2025 à 07h44

"Je suis devenu un gars de la plage." Anders Dreyer s'est rapidement fait à la vie à San Diego. Transféré d'Anderlecht en MLS en janvier, le Danois s'est confié après son gros début de saison sur le sol américain. Il totalise trois buts et autant d'assists en neuf matchs. "On a débuté contre les champions du LA Galaxy. San Diego est un club qui vient d'être créé. On a gagné 0-2 et j'ai inscrit les deux premiers buts de l'histoire du club."
Vous vivez le rêve américain !
"J'ai été surpris par le niveau ici. Je m'attendais à une ligue pleine de stars en fin de carrière, mais en réalité, il y a énormément de qualité. C'est aussi fort que la Pro League belge. Et San Diego veut jouer un football dominant."
Était-ce difficile de quitter Anderlecht ?
"J'ai encore plein d'amis là-bas, mais tout me faisait sentir que c'était le bon moment pour partir. C'était le chaos. Brian Riemer a été viré, ensuite Jesper Fredberg a dû partir. Quand ça explose comme ça, tu comprends que c'est la fin d'un chapitre. Le club m'a aussi poussé vers la sortie."
Olivier Renard vous l'a dit ?
"Je ne lui ai jamais parlé directement mais il voulait faire de la place pour faire venir d'autres joueurs. San Diego était la seule offre qui m'intéressait. Maintenant, j'espère que Brian Riemer me remarquera pour la sélection nationale."
Kevin De Bruyne a été lié à votre club…
"Oui, j'ai entendu ces rumeurs. Jouer avec ou contre De Bruyne, ce serait fantastique. L'Inter Miami de Messi est dans l'autre conférence, on ne pourra les jouer qu'en playoffs. C'est une belle aventure ici. On est même partis en virée à Las Vegas où j'ai gagné un peu d'argent (rires), et on a aussi vu un match à Tijuana, juste de l'autre côté de la frontière."
Anderlecht aurait pu me vendre plus cher l'été dernier.
On pensait que vous alliez partir dès l'été, après votre grosse saison. Anderlecht disait n'avoir reçu aucune offre…
"Je suis convaincu qu'Anderlecht aurait pu me vendre plus cher l'été dernier que ce qu'il a touché de San Diego (NdlR : 5,5 millions). Il y avait des ouvertures. Feyenoord ? Peut-être. Mais il faut que toutes les parties soient sur la même longueur d'onde. Et là, c'était comme si l'un était à la page 10, et l'autre à la page 30."
Savez-vous que trois mois après votre départ vous êtes toujours le deuxième joueur le plus décisif d'Anderlecht cette saison avec 5 buts et 10 assists ?
"C'est dingue, non ? Pour un club comme Anderlecht, ce n'est pas normal. Il faut plus de joueurs décisifs. Mais ils traversent une période compliquée. Tu ne peux pas espérer gagner tous les matchs juste en changeant de coach. Certains y croient, mais ça ne marche pas comme ça."
Le premier à tomber, c'était Brian Riemer…
"Il est rare qu'un coach saute après une seule défaite. C'était une surprise car l'année d'avant, on jouait le titre. Avec Brian, on avait ce sentiment qu'on pouvait retourner un match à tout moment. On a perdu cet instinct de tueur par la suite. Mais on prenait quand même des points."
Compreniez-vous les critiques envers le manque d'ambitions offensives de Riemer ?
"Dolberg a mis 15 buts, moi 21. Ce n'est pas comme si on n'était pas dangereux devant. Les fans doivent aussi se décider : ils veulent un jeu offensif sexy et ne gagner que 2 ou 3 matchs sur 5 ou un style plus organisé avec 4 victoires sur 5 et des trophées à la fin ? Si tu n'es pas Arsenal ou le Barça, tu ne peux pas tout avoir."
Vous non plus, vous n'étiez pas particulièrement aimé, malgré 23 buts et 21 assists en 87 matchs. Cela vous surprend ?
"Que faut-il faire de plus pour être populaire ? (sourire) J'ai souvent marqué ou fait des assists décisifs en fin de match même si j'ai aussi parfois raté des matchs. Mais ce n'était rien comparé à Zanka…"
Hubert ne voulait pas qu'Amuzu et vous partiez cet hiver…
"Oui, on en a parlé par message. Mais Anderlecht a reçu une belle somme et San Diego m'attirait vraiment. Je suis curieux de voir quelle direction prendra le club. La saison passée, on avait encore des gars comme Schmeichel, Delaney, Vertonghen… de l'expérience. J'espère qu'Anderlecht gagnera la Coupe. Ce serait leur salut."
Allez-vous regarder cette finale ?
"Ce sera pendant mon petit-déjeuner au soleil, mais je vais essayer de la voir."
