Capitaine emblématique du RSCA Women, Laura De Neve a mis un terme à sa carrière : "L'Euro 2022 une fierté, le bonheur du titre au Lotto Park"
Laura De Neve a définitivement rangé ses crampons. La défenseuse de 31 ans a terminé sa carrière avec la Coupe de Belgique samedi, son 10e trophée en Mauve et Blanc, un costume qu'elle a porté au plus haut niveau depuis 2012. La suite de sa carrière se conjuguera toujours au Sporting.

- Publié le 01-06-2026 à 19h05

C'est un pan de l'Histoire du RSCA Women qui s'est refermé samedi au terme de la finale de Coupe de Belgique : Laura De Neve a rangé ses crampons. Le Sporting perd sa capitaine emblématique, celle qui portait le brassard depuis 2017 et qui s'était imposée comme un pilier de la défense et du club depuis son arrivée en 2012.
À 31 ans, la gauchère met un terme à sa carrière sur un 10e trophée en 10 saisons : trois Coupes de Belgique et sept titres de championnes de Belgique. "On peut aussi ajouter la Benecup non ?" sourit-elle, le bonheur pétillant après avoir à nouveau soulevé la Coupe.
Laura De Neve, c'est surtout du charisme sur le terrain mais aussi en dehors. La leader qui n'a pas besoin de crier pour que tout le monde l'écoute et la suive et qui adore rigoler avec tout le monde. Les applaudissements nourris du public de Zulte Waregem samedi au moment de sa sortie dans les arrêts de jeu le confirment : elle rayonnait bien au-delà du costume mauve et blanc.

Du charisme et du leadership
"Je les remercie, cela fait chaud au cœur", disait-elle reconnaissante samedi.
Sa décision, l'Anderlechtoise l'avait déjà prise avant les playoffs mais elle tenait à rester concentrée sur la fin de saison. "Surtout, je voulais vraiment être fit. Terminer comme ça et avec un assist (NdlR : sur le but de Vanzeir), c'est tellement extraordinaire. Je suis aussi super contente pour les filles qui ont remporté leur premier trophée. Ce sont des moments tellement marquants et qui vont les aider pour leur confiance."
La carrière de Laura De Neve, si elle est très riche en trophées, s'est déroulée exclusivement en Belgique. Avec sa vision du jeu, sa qualité de passe et son pied gauche magique, on s'est souvent demandé si un physique épargné par les nombreuses blessures, un autre point commun avec Vincent Kompany avec le brassard, ne lui aurait pas permis d'aller tenter sa chance à l'étranger.
"Ce n'était pas forcément ça. Si j'avais pu être épargnée par les blessures, j'aurai compté plus de caps (NdLR : 65 apparitions avec trois buts dont un sur coup franc pour une victoire historique face à l'Angleterre en octobre 2023), c'est certain mais mon style de jeu correspond surtout à un jeu dominant, commence-t-elle. À l'étranger, cela veut dire trouver une équipe qui joue le top dans les grands championnats car je n'ai jamais désiré jouer le maintien. C'est surtout ça qui m'a plutôt incité à rester en Belgique. Et puis, il y a aussi Laura Deloose, je ne pouvais pas la laisser seule (rires)."
L'Euro 2022 comme point d'orgue
Les deux joueuses sont, en effet, devenues inséparables et n'ont connu que le Sporting. Cette amitié, c'est d'ailleurs l'un des éléments qu'elle retient surtout de sa carrière.
"Le soutien que j'ai toujours reçu d'elle, c'était extraordinaire. C'est une amitié pour la vie. Mais pas seulement elle. En fait, ce que je retiens surtout de ma carrière, c'est l'amitié de manière générale, sourit-elle. Évidemment, j'ai aussi pas mal de bons moments marquants. Le doublé ou encore le titre acquis au Lotto Park. Je suis par exemple fière d'avoir pu atteindre avec les Red Flames les quarts de finale de l'Euro en Angleterre en 2022. Maintenant, la nouvelle génération doit vraiment prendre le pouvoir."

À 31 ans, Laura De Neve s'arrête tôt. Mais elle sait aussi d'où elle vient. Après avoir joué au FC Dender jusque l'adolescence avec les garçons, elle s'est transformée en Sportingwomen il y a une dizaine d'années et d'en faire son métier seulement aujourd'hui.
"J'ai en effet connu le monde amateur et le professionnalisme, rigole-t-elle. Aujourd'hui, c'est mon métier, ça n'a pas toujours été comme ça. Je viens d'un temps où il n'y avait pas de préparation, pas autant de facilités qu'aujourd'hui, pas de fitness… Aujourd'hui, on est soutenues par le club. On s'entraîne à Neerpede, on a le stade à Deinze. Et avec Dave Mattheus (NdlR : le directeur technique), on sent qu'il y a une connexion avec le club et l'équipe messieurs."

Toujours en Mauve et Blanc
Anderlecht va donc devoir composer sans sa capitaine au numéro 8… sur le terrain. Le club pourra toujours profiter de son leadership en dehors. De Neve intègre en effet le staff pour la saison prochaine. "Je veux aider le club et l'équipe à progresser, explique-t-elle. Je vais aider les joueuses aussi."