La chronique de Christophe Franken : se sauver en mode Jonas Bager ou en mode football ? Les Zèbres vont devoir trancher
Contrairement à ce que Mehdi Bayat affirme, Charleroi joue le maintien et il va vite falloir faire un choix important dans la manière de prendre des points.

- Publié le 18-12-2023 à 16h08

On s'était fait la réflexion au début de l'automne en regardant quelques matchs de la Coupe du monde de rugby : parmi les quinze sur la pelouse, certains joueurs sont là uniquement pour gérer des gars en face, sans même s'occuper du ballon. Juste pour rentrer dans le lard sans se tracasser de la construction du jeu.
Samedi soir à Sclessin, on a revu un peu de ça. Le Carolo Jonas Bager n'est monté sur le terrain qu'avec la mission de rentrer dans le lard du Standardman Wilfried Kanga. Et quand Charleroi avait le ballon, Bager pouvait souffler et attendre le duel suivant. Si le cuir transitait par lui, il le donnait aux médians juste devant lui puis regardait où l'avant-centre des Rouches se trouvait.
Bager s'en est plutôt bien tiré, même s'il a souffert dans les airs. Pour s'en sortir, il a multiplié les petites fautes pendant les 100 minutes de jeu samedi, à la grande frustration de Kanga qui a passé plus de temps dans les bras de l'ancien Unioniste qu'avec le ballon dans les pieds. Ça ressemblait plus à de la lutte gréco-romaine qu'à du football. Enfin, de la lutte ivoiro-danoise.
Contre 6 des 7 premiers après la trêve
En alignant un joueur comme Bager, Charleroi ne montre pas beaucoup d'ambition dans le jeu. Il y a de la qualité dans l'équipe mais pas grand-chose n'est mis en place pour qu'on puisse la voir. Felice Mazzù s'est mis en mode survie pour faire remonter les Zèbres au classement mais on n'a pas l'impression qu'il arrive à emmener ses hommes au combat pour l'instant.
Beaucoup de Carolos ont envie de jouer au foot. On a pu le voir quand les talentueux Morioka, Nkuba et Mbenza sont entrés. Le Standard a directement souffert et il n'a manqué qu'un peu de réalisme aux Zèbres pour l'emporter. Mais aujourd'hui, le Sporting reste dans la zone rouge. Mehdi Bayat a beau répéter à chaque interview qu'il est impossible que son club descende, la réalité du classement ne ment pas.
À Charleroi, on va devoir faire un choix, avec l'intéressant retour des blessés : jouer au foot ou se transformer en para-commandos ? On a l'impression que les cadres de l'équipe penchent pour la première solution, Mazzù pour la seconde. Si on devait résumer sommairement : joue-t-on la fin de saison en mode Jonas Bager ou en mode ballon ?
Ils devront se mettre d'accord parce que les Zèbres ne tomberont pas chaque week-end sur une attaque aussi inoffensive qu'au Standard samedi. Et il faudra vite trancher parce qu'après la trêve hivernale, les Carolos affronteront six des sept premiers actuels lors des dix matchs restants en phase classique.