Leyder, un Belge à l'Ajax: "Je me suis entraîné avec Stam, Bosman et de Boer"
Le Namurois Nathan Leyder (19 ans) évolue dans la deuxième équipe de l'Ajax. Rencontre avec cet espoir du foot belge... qui n'hésite pas à se mouiller et donner son prono !
- Publié le 28-09-2016 à 13h52
- Mis à jour le 28-09-2016 à 13h54

Le Namurois Nathan Leyder (19 ans) évolue dans la deuxième équipe de l'Ajax. Lorsqu'il s'installe sur l'un des sièges de la tribune entourant le terrain principal du centre de formation ajacide, Nathan Leyder peut pratiquement apercevoir l'imposante ArenA, construite à peine quelques centaines de mètres plus loin. "Tout est réuni, ici, pour que les jeunes ne manquent de rien", dit-il, avec un accent néerlandais qui laisse deviner sa facile adaptation dans ce nouveau cadre de vie.
Ce jeune médian, également capable d'évoluer en défense centrale, a longtemps été considéré comme l'un des gros espoirs du football belge. Passé, notamment, par Mouscron, Courtrai et Zulte Waregem, le Namurois a connu ses meilleures années à Bruges, où il a longtemps été surclassé avant de partir dans des conditions assez nébuleuses (voir par ailleurs).
En trois ans, il a eu l'occasion de parfaire sa formation à l'Ajax et devenir un homme. Il va d'ailleurs bientôt quitter sa famille d'accueil pour vivre en appartement. "Quand je suis arrivé, on disait que j'étais un Belge trop timide. Mais on m'a appris à gonfler le torse, à mieux commander. À devenir un vrai Amstellodamois. C'est un autre monde, où on a compris que plus on s'entraînait, plus on progressait. Les journées commencent à neuf heures et finissent à dix-sept. C'est moins le cas en Belgique", dit-il.
Cet écart se retrouve également au niveau de la qualité des adversaires. "Ici, il est plus difficile de gagner un match chez les jeunes. En Belgique, il n'y a que quatre ou cinq matches compliqués mais, pour le reste, tu gagnes tes rencontres avec cinq ou six buts d'écart. Aux Pays-Bas, cela n'arrive qu'une ou deux fois par saison. Par exemple, nous avons gagné assez largement face… au Paris Saint-Germain (6-1) en Youth League , mais c'est à peu près tout", sourit-il.
À l'heure actuelle, Nathan Leyder évolue avec la deuxième équipe de l'Ajax, qui évolue en seconde division néerlandaise. Peut-être aurait-il pu espérer mieux si sa progression n'avait pas été brutalement stoppée. "C'était le 29 novembre 2014. On jouait depuis six petites minutes contre Feyenoord, qui est considéré comme le match de l'année. Mon pied reste bloqué dans la pelouse lorsque j'ai voulu tourner mon genou. J'avais l'impression que ma rotule était tordue, j'ai crié. Un copain qui était dans les tribunes pensait que j'allais remonter après trente secondes, mais lorsque j'ai regagné le vestiaire sur une civière, tout le monde a compris que c'était grave", se souvient-il. "Il m'a fallu quatorze mois pour fêter mon retour. Ma mère et mon frère étaient présents pour m'encourager et j'ai eu le grand honneur de porter immédiatement le brassard de capitaine. C'était un sentiment incroyable car je me sentais à nouveau footballeur. Je n'ai jamais craint que cela signifie la fin de ma carrière car j'avais confiance en moi et j'ai été très bien suivi au club."
Cet accident n'a fait que renforcer son sentiment d'avoir fait le bon choix en rejoignant l'Ajax, même s'il n'a pas encore eu l'occasion de goûter à l'équipe première. "J'ai eu quelques séances avec Simon Tahamata. J'ai également eu Jaap Stam comme entraîneur individuel, tout comme Ronald de Boer, Richard Witschge, John Bosman et les patrons se nomment Mark Overmars et Edwin van der Sar. Cela nous aide à progresser encore plus vite."
C'est vrai que peu de clubs belges comptent sur autant de grands noms...
"Je pense que l'Ajax va gagner"
Il est bien placé pour juger la rencontre de jeudi entre les Ajacides et le Standard.
Lorsqu'il était plus jeune, Nathan Leyder a eu l'occasion de signer un contrat au Standard.
"Il y a eu des discussions, mais cela n'a pas abouti. Quoi qu'il arrive, je suis heureux de mon choix", dit-il.
Un transfert en bord de Meuse n'aurait pas été pour lui déplaire, lui qui a grandi dans un environnement où les exploits liégeois étaient suivis avec une attention toute particulière.
"Cela resterait un grand moment si j'avais l'occasion, un jour, de porter le maillot principautaire. Je suis né à Namur, où il y a un nombre important de supporters du Standard, donc il était logique que ma famille et moi soyons davantage favorables aux Rouches . Donc, oui, c'est un petit peu le club de mon cœur."
Malgré tout, il pense que l'Ajax prendra les trois points ce jeudi soir.
"Je serai dans le stade et je pense que les Néerlandais s'imposeront. Je miserais sur un 3-1", dit-il. "Frank de Boer a fait un boulot fantastique avec l'équipe première. Le nouvel entraîneur a amené une nouvelle philosophie avec plusieurs nouveaux talents comme Traoré, qui vient de Chelsea, ou Ziyech, qui sera suspendu. Il y a également Jairo Riedewald, qui sait tout faire et est souvent comparé à Frank Rijkaard, et Abdelhak Nouri, qui est le meilleur joueur avec qui j'ai évolué chez les jeunes. Tous les grands recruteurs étrangers le connaissent déjà."
Tous ces talents ont, pour la plupart, déjà percé avec l'équipe première, ce qui n'est pas le cas de leurs homologues liégeois, bloqués par la concurrence. "Je connais encore Ryan Mmaee, avec qui j'ai joué en équipe nationale, Dino Arslanagic, rencontré lors de mon passage à Mouscron, et Beni Badibanga. Eyong Enoh a joué à l'Ajax et son fils est encore chez les jeunes. C'est un bon joueur."
"Une vieille histoire de gamins"
Son départ de Bruges a fait couler beaucoup d'encre. Nathan Leyder aurait été intimidé par plusieurs équipiers, ce qui l'aurait poussé à rejoindre au plus vite Zulte Waregem. "Ce sont de vieilles histoires. C'était des histoires de gamins, rien de plus. Franchement, je ne pense plus à tout cela. Je souhaite beaucoup de succès à tout le monde et je ne suis fâché sur personne", dit-il aujourd'hui.