Le défenseur hongrois Attila Szalai a hâte de retrouver son niveau au Standard : "Un prénom de guerrier qui me va plutôt bien"
Colosse jovial, Attila Szalai n'a froncé les sourcils qu'à l'évocation de son club employeur, Hoffenheim. Rencontre avec le nouveau défenseur du Standard.
- Publié le 30-01-2025 à 17h21

Il a fait mine de vérifier qu'il passait bien dans la porte avant de la franchir et d'inonder la pièce d'un sourire radieux qui contrastait avec la drache s'abattant sur Liège, ce jeudi.
Attila Szalai (27 ans), défenseur international hongrois (46 sélections) a un physique et un prénom de guerrier. Rude et rustre sur le terrain, convivial et chaleureux en dehors.
Interview présentation.

D'où vous vient ce contraste de caractère ?
"J'ai toujours eu une mentalité positive, et cela m'a d'ailleurs beaucoup aidé. Dans ma vie et ma carrière, notamment dans les moments difficiles. Sur le terrain, je suis défenseur, donc je dois défendre le but coûte que coûte (sourire)."
Votre papa – prénommé Attila comme vous -, était aussi footballeur professionnel…
"Pour le prénom, disons que je suis le junior, la miniature si on peut dire (rire). C'est un nom historique, de guerrier, qui me va plutôt bien. Enfin j'espère (sourire). Ensuite, c'est vrai, mon papa était joueur. Il a remporté le championnat de Hongrie et a été international."
J'ai été grand très jeune, et ma mobilité n'était pas optimale. Mon père me concoctait des séances spéciales.
Est-ce plus facile ou plus difficile de réussir une carrière après son paternel ?
"Bonne question. Avec ma mère, il a toujours été là pour moi et m'a toujours conseillé. Comment bien m'alimenter, bien boire, bien me reposer, bien préparer un match… J'ai été grand très jeune, et ma mobilité n'était pas optimale. Mon père me concoctait des séances spéciales. On a beaucoup travaillé ensemble, en dehors de ma formation en club. Sans lui, je ne serais pas là où j'en suis aujourd'hui. Mais d'un autre côté, c'est vrai que le fait d'avoir un père ancien joueur, cela peut ajouter un peu de pression. Les gens te voient comme le fils de…, qui doit réussir comme lui. Avec le temps, j'ai appris que chacun avait sa propre histoire. Je remercie mes parents pour mon éducation et mon enfance joyeuse."

Vous avez joué 2 fois l'Euro avec la Hongrie, 117 matchs pour Fenerbahçe avant d'être transféré à Hoffenheim pour plus de 12 M € en juillet 2023. Que s'est-il passé pour que vous arriviez en prêt sans option au Standard cet hiver, à 27 ans, dans les meilleures années pour un défenseur ?
"J'ai adoré mes deux ans et demi en Turquie. C'était une superbe période de ma carrière. Même si on n'a pas décroché le titre de champion, on a terminé deux fois deuxième et une fois troisième, en gagnant la Coupe de Turquie. Je garde d'excellents souvenirs là-bas, et les supporters m'ont donné beaucoup d'amour. Après, à Hoffenheim, cela n'a pas fonctionné comme je l'aurais espéré. Je ne préfère pas entrer dans les détails. C'est la vie, c'est le football… Je suis concentré sur le présent."
On va enchaîner deux matchs en déplacement mais j'ai déjà hâte de rejouer à Sclessin.
Les fans à Fenerbahçe sont très chauds. C'est un peu similaire à Sclessin ?
"Istanbul, c'était fou ! Ce sont des publics super passionnés. Qui sont dans l'émotion. J'ai apprécié l'atmosphère lors de mon premier match ici. Certains équipiers m'ont dit que ce n'était encore rien par rapport à ce qu'ils avaient déjà vécu à Sclessin. On va enchaîner deux matchs en déplacement mais j'ai déjà hâte de rejouer à domicile."
Vous avez échangé avec Michy Batshuayi à propos du Standard ?
"Pas récemment, mais on en avait déjà parlé quand j'étais encore à Fenerbahçe. Aaaaah Michy, un sacré gars (rire). On avait une très bonne relation et je lui ai d'ailleurs donné quelques passes décisives. Franchement, je n'ai entendu que des échos positifs sur le club."
D'autant que vous débarquez dans une période plutôt favorable au niveau sportif…
"Oui, on est dans une bonne vibe, mais on doit continuer à travailler dur. Je pense que mon style de jeu correspond à l'ADN du Standard. J'aime me battre et tout donner pour mon équipe. On dit toujours qu'une défense stable est la base d'une bonne équipe, et je veux aider le club dans cette optique."

Que pensez-vous du système des playoffs en Belgique ?
"Ça me plaît et je crois que c'est intéressant à suivre. On est dans le Top 6 pour l'instant et on rêve d'y rester mais on sait aussi que ce sera difficile jusqu'au bout vu le calendrier."
Où en êtes-vous physiquement ? Vous n'avez joué que trois matchs en un an…
"C'était une période difficile pour moi. Comme je ne jouais pas, j'avais beaucoup de temps pour m'entraîner à fond. Ce que j'ai fait, doublement, en ajoutant des séances supplémentaires. J'ai pu constater que les entraînements étaient intenses ici, mais j'y suis habitué et cela ne peut me faire du bien pour retrouver mon niveau."
Je peux jouer au centre de la défense mais, comme je suis gaucher, je suis encore plus à l'aise à gauche.
La défense tourne bien pour l'instant. Cela pourrait retarder votre première titularisation, non ?
"L'équipe passe avant les individualités. Je suis très heureux d'être ici, dans ce club de tradition. Je veux aider l'équipe comme je le peux, en apportant mes qualités et mon expérience, sur et en dehors de la pelouse, aussi en guidant les jeunes."
Quelle est votre position préférentielle sur le terrain ?
"J'ai l'habitude d'une défense centrale à trois. Un système utilisé à Fenerbahçe, parfois à Hoffenheim et en équipe nationale. Je peux jouer au centre du trio mais, comme je suis gaucher, je suis encore plus à l'aise à gauche."
Pourquoi le numéro 41 ?
"Quand j'étais au Rapid Vienne et que j'ai été promu dans la deuxième équipe, j'ai hérité du 41. Mon premier numéro en pro, donc il a gardé une valeur sentimentale importante."