Christian Burgess fier de la forteresse imprenable unioniste: "J'aime voir au classement qu'on a la meilleure défense"
Burgess raconte le lien qu'il entretient avec son poste et pourquoi l'Union est la meilleure défense de D1A.
- Publié le 12-02-2022 à 12h12
- Mis à jour le 12-02-2022 à 15h09

En bon British qu'il est, Christian Burgess sait ce que nettoyer un rectangle veut dire, mais le Londonien de 30 ans, diplômé de l'université de Middlesbrough en histoire, est bien plus que ce que sa carrure de videur laisse supposer. On a discuté avec le patron de la meilleure ligne arrière de D1 de son sujet de prédilection : bien défendre.
Moins d'un but encaissé par match
"La cohérence, c'est la clé"
Il n'y a pas que la première place au classement de l'Union qui donne le sourire à Burgess. Il y a aussi ce statut d'équipe la moins perméable de D1A. Pour un promu, c'est particulièrement rare. Et Christian Burgess savoure pleinement son plaisir. Pas besoin de lui rappeler le chiffre, d'ailleurs, il le connaît : "N'avoir encaissé que 21 buts en 26 matchs, soit moins d'un par rencontre, c'est un très bon ratio. Et comme on a aussi l'attaque qui a le plus marqué, on peut dire qu'on fait du bon boulot aux deux extrémités du terrain. J'avais un entraîneur qui disait qu'il fallait se concentrer sur le fait d'être bon dans les deux rectangles. Bon, tout ce qui se passe entre les deux m'intéresse quand même… mais il faut reconnaître qu'à la fin, ce sont ces deux zones qui sont les plus importantes. En ce moment, j'aime regarder le classement et m'arrêter sur ce chiffre. Idem pour les clean sheets."
Douze pour Moris, treize au total : ici aussi, l'Union domine la D1A. "Oui, c'est quelque chose que je célèbre à la fin d'un match. Finir un match sans encaisser, c'est aussi agréable qu'un but pour un attaquant… même si, quand je marque, c'est encore mieux, parce qu'on n'attend pas ça de moi. Disons, que, de mon point de vue, le résultat idéal, c'est une victoire 1-0 où je marque le but (il sourit). C'est un peu égoïste, mais voilà. On a réalisé treize clean sheets; c'est un beau total. Essayons d'en avoir le plus possible sur les huit matchs qui restent."
Les performances défensives des dernières semaines ont été particulièrement intéressantes, avec un seul but encaissé, sur penalty, face à Bruges, Genk, Gand, l'Antwerp et Anderlecht, cinq prétendants à l'Europe, voire au titre. "Cela m'amène beaucoup de plaisir, quand on joue contre des grosses équipes, de tout bons attaquants, de voir qu'on tient tout le match sans qu'ils marquent."
Qu'est-ce qui fait la différence entre l'Union et les autres, alors ? Burgess n'hésite pas beaucoup : "C'est tout le temps que cette équipe a passé ensemble, je crois. Notre cohérence collective."
La majeure partie de cet effectif était déjà à Bruxelles la saison passée. En D1B, certes, mais c'est clairement une force. "Tout le monde travaille dur pour l'autre. Regardez le boulot défensif de Dante (Vanzeir) et Deniz (Undav), par exemple : c'est la clé de ce qu'on réalise. On a de bonnes individualités, mais c'est le collectif qui s'impose."
Et puis l'orchestre de Mazzù sait exactement comment jouer la partition. "On connaît très bien notre système de jeu, on sait où chacun doit se placer et quel est son job. Si vos arrières ne rentrent pas dans le jeu quand le ballon est sur l'autre flanc, alors vous allez être vulnérable. Même chose pour le pressing : si Lazare ne fait pas le pressing, notre arrière latéral devra le faire et il faudra compenser." Un souci que ne connaît pas l'Union.
Le trio arrière de l'Union
"Je laisse les plus jeunes monter"
Dans le trio arrière aussi, chacun connaît son rôle. Et celui de Burgess, au centre, est crucial. "Je suis le plus vieux de la défense, le plus expérimenté et j'ai ce sens de l'organisation qui, je l'espère, permettra à mes équipiers d'apprendre. Ils sont jeunes, ils aiment prendre des risques et partir devant balle au pied. C'est bien, même si je dois parfois un peu les freiner. C'était une de mes qualités quand j'étais jeune, mais dans les divisions inférieures anglaises, les entraîneurs n'aiment pas trop cette prise de risque. Et puis, à l'Union, dans notre système à trois, il y a beaucoup d'espace dans la largeur, donc mon job est de récupérer la balle, puis de la glisser à d'autres qui vont jouer plus dans la profondeur. Le milieu est souvent bien fermé, donc partir en dribbles là-dedans, c'est presque comme tomber dans un piège. J'ai sacrifié cette part de mon jeu que j'aimais quand j'étais plus jeune et que je jouais au milieu de terrain, mais c'est mon job dans l'équipe : garder l'organisation, faire en sorte que tout le monde reste concentré et qu'on prenne le moins de buts possible. J'aime ce challenge."
Après Ismael Kandouss, il est le deuxième défenseur de D1 qui gagne le plus de ballons aériens dans le rectangle (33), du haut de son mètre 96. "Je ne suis pas toujours un fan des statistiques individuelles, car elles ne disent pas tout. Parfois, vous n'avez pas envie de jouer un duel aérien contre un attaquant parce que vous savez qu'il peut partir tout seul face au gardien si vous le perdez, donc vous préférez ne pas y aller. Mais c'est sûr que les ballons aériens dans le rectangle, c'est un chiffre très important. Vous essayez d'en perdre le moins possible, donc c'est plaisant à entendre."
Le défenseur idéal : "Un mix de Stones, Van Dijk, Puyol, Vidic et Ferdinand"
Et surtout compliqué à gérer pour les avants adverses.
Sa mutation en défenseur à 18 ans
"J'ai reculé pour faire le sale boulot"
Si Burgess prend du plaisir comme "center back", il n'a pas toujours été posté juste devant le gardien. "Pendant une longue partie de ma jeunesse, j'ai joué comme médian central. J'appréciais beaucoup ce poste quand j'étais jeune. J'y prenais plus de plaisir, en touchant davantage le ballon. J'aimais courir de rectangle à rectangle. C'est quand les choses sont devenues sérieuses, vers 18 ans, que je suis passé en défense centrale et c'était le plus efficace pour que je perce comme professionnel. J'ai reculé pour faire le sale boulot, comme on dit, sourit-il. Mais je suis payé pour défendre, maintenant."
Grand fan de West Ham - "Je le suis toujours" -, où il est brièvement passé, tout jeune, il avait comme modèles des joueurs phares d'Upton Park : "J'avais essentiellement des posters de Hammers sur mes murs : Paolo Di Canio, Trevor Sainclair, Frederic Kanoute, Joe Cole, Michael Carrick. Et, comme défenseur, Rio Ferdinand. C'est un des meilleurs défenseurs de l'histoire du foot anglais et il a été formé à West Ham. Puis quand il est parti à Man United, son jeune frère, Anton Ferdinand, est arrivé en équipe première comme défenseur central également. C'était un top défenseur à regarder."
Les attaquants de D1
"Onuachu est le plus compliqué à contenir"
S'il n'a jamais évolué en Premier League, l'Anglais a croisé quelques beaux avants dans sa carrière, que ce soit en Championship, en League One ou en Cup. Alors on lui a demandé qui lui avait laissé le souvenir le plus compliqué. "Contre Eddie Nketiah, d'Arsenal, en Cup (NdlR : il avait marqué un but et Arsenal avait battu Portsmouth 2-0). Il avait beaucoup de vitesse et était compliqué à arrêter. Callum Wilson, qui évolue actuellement à Newcastle, a aussi une grosse pointe de vitesse qui le rend difficile à contenir."
Et en D1A ? "Onuachu est très grand et fort, donc difficile à arrêter. Sa montée au jeu (NdlR : il y a trois semaines, en seconde période, à 1-0 pour l'Union, il avait ensuite provoqué un penalty) avait directement eu un impact sur la rencontre. Il est très atypique à défendre, vu sa taille, sa façon de se placer et d'utiliser intelligemment son corps. Par ailleurs, on sent que Zirkzee a de grandes possibilités. Et, quand il a été sorti, ça m'a fait plaisir de savoir qu'on ne l'avait pas laissé marquer."
Ces dernières semaines, l'Union a tenu en échec pas mal de belles attaques. Le 0-0 ramené du stade Jan Breydel est un des "highlights" défensifs de sa saison. C'est en tout cas le match que Burgess met en avant quand on lui demande de ressortir une prestation défensive qui l'a marqué. "Mmmmh, la liste est longue (il rigole). Non, plus sérieusement, je pense au match à Bruges. C'est une toute bonne équipe et Charles De Ketelaere est un avant qui marque beaucoup. On a réussi à l'empêcher de marquer et même d'avoir une seule véritable occasion. C'était une bonne chose. Idem pour Zirkzee, contre Anderlecht, quelques jours plus tard."
Le défenseur idéal : "Un mix de Stones, Van Dijk, Puyol, Vidic et Ferdinand"
Demandez à Christian Burgess avec quelle qualité de quel joueur il constituerait le défenseur idéal et vous obtenez un prototype très Premier League, avec un soupçon de Catalogne. Mais un joueur qui aurait du cachet. "Il aurait le jeu de tête de Van Dijk (Liverpool), ainsi que sa passe longue, car il est très fort pour renverser le jeu. Je prendrais le jeu de passes courtes, entre les lignes, de John Stones (Man. City), qui est très bon balle au pied. J'aime également le leadership d'un Puyol. Quelle carrière ! Je suis un grand fan de Barcelone. J'adore regarder les Catalans. Du moins, j'adorais ; ils ne sont plus si bons. Mais quand il y avait Puyol, Piqué, Alba, Alves et Busquets devant : c'était la meilleure équipe à voir. Et puis l'agressivité d'un Vidic (ex-ManU et Inter), qui était un terrible défenseur. Plus l'expérience de Rio Ferdinand."