Damien Marcq, remplaçant mais leader essentiel à l'Union: "Je savais que j'allais avoir ce rôle de tonton"
S'il n'a que peu de temps de jeu, Damien Marcq joue un rôle essentiel au sein du groupe unioniste.
- Publié le 18-02-2022 à 07h57
- Mis à jour le 19-02-2022 à 16h08

Pour réaliser une grosse saison, on a coutume de dire qu'une équipe doit pouvoir compter sur un excellent gardien et un buteur en forme. Mais un groupe qui vise le haut du classement doit aussi avoir dans ses rangs des joueurs qui, même s'ils ont moins l'occasion de se mettre en avant sur le terrain, jouent un rôle primordial dans l'ombre.
À l'Union, Damien Marcq fait partie de cette catégorie, au même titre que Guillaume François. "Je pense que le groupe s'en sortirait aussi bien sans moi", sourit humblement le Français de 33 ans qui est le plus ancien joueur du groupe. "Mais cela fait du bien de se dire qu'on fait partie de cette aventure, peu importe notre statut."
L'ex-joueur de Charleroi, qui pourrait profiter de la suspension de Nielsen pour retrouver ses anciennes couleurs dans la peau d'un titulaire samedi, est un pion majeur de la bande à Mazzù malgré ses dix petites titularisations. Monologue sans filtre sur sa saison, son rôle dans le vestiaire et son futur.
Le bilan de sa saison
"Comme tout compétiteur, j'aurais aimé avoir plus de temps de jeu. Mais je me rends aussi compte que l'équipe tourne actuellement très bien. Il y a des moments dans une saison où on joue plus, comme en septembre ou en novembre dans mon cas, et d'autres où on joue moins. Il faut l'accepter. Après, je ne suis pas dans une situation désagréable comme cela a pu être le cas à La Gantoise ou au début de mon aventure à Zulte : je ne jouais pas et je ne comprenais pas pourquoi. Ici, je comprends pourquoi j'ai moins de temps de jeu. Parfois, je monte au jeu pour moins de dix minutes (NdlR : cela a été sept fois le cas cette saison). C'est toujours spécial car l'objectif est souvent de conserver un score. Il faut rentrer dans le bloc, faire des courses, couper des passes et être présent dans les duels. Le mental est alors important car on se dit qu'il va falloir courir à fond pendant dix minutes. Je suis vraiment au service du collectif. Même quand les remplaçants ne rentrent au jeu que pour une minute, ils ne râlent pas. C'est ce qui fait que l'Union est une belle équipe cette saison."

Son statut
"Les chiffres parlent d'eux-mêmes : j'ai été titulaire dix fois en vingt-sept rencontres, donc je suis un remplaçant qui est parfois titulaire. En début de saison, nous avons beaucoup discuté avec le coach et il a préféré laisser son équipe qui venait d'être promue en D1A. Je l'ai tout à fait compris. Puis, j'ai enchaîné pas mal de rencontres jusqu'à ce match contre OHL qui a été décisif dans ma saison : on perd à domicile et je fais une erreur sur le deuxième but. À partir de là, l'équipe est redevenue costaude sans moi. Je m'entraîne chaque semaine comme si j'allais jouer le week-end. Il n'y a aucune différence dans ma tête. Je donne tout en semaine pour montrer au coach que je suis présent s'il doit faire appel à moi. C'est déjà une fierté de faire partie de ce groupe qui vient de D1B et qui concurrence ce qui se fait de mieux en D1A, voire même plus. Qu'on soit titulaires ou remplaçants, on peut tous être fiers de faire partie de cette aventure."
Sa relation avec Mazzù
"Le coach met souvent le même onze de base et aime garder les mêmes joueurs après une victoire. S'il parle beaucoup avec les titulaires, il le fait aussi avec les remplaçants et les joueurs non sélectionnés. Il inclut tout le monde ; c'est quelque chose qui lui est vraiment spécifique. J'ai connu des coachs avec qui il était compliqué d'avoir une discussion si on ne faisait pas partie des treize ou quatorze premiers joueurs de leur noyau. Avec le coach Mazzù, la porte est toujours ouverte, pour parler de choses sportives ou extrasportives. Il a cette faculté de rassurer les remplaçants sans donner la grosse tête aux titulaires. C'est plus facile d'accepter la situation quand la relation avec le coach est saine et positive. Après, chacun réagit à sa manière. Mais l'aspect positif de l'Union est qu'il n'y a aucun mauvais garçon. Les remplaçants savent qu'il y a énormément de qualités sur le terrain et qu'il faut accepter les choix. À Zulte, avec Francky Dury, je me disais parfois que je ne ferais pas pire que ceux qu'il y avait sur le terrain, mais je ne jouais pas, semaine après semaine… Je me posais alors des questions sur mon niveau, ce qui n'est pas du tout le cas à l'Union. Il faut simplement être présents au moment où le coach fait appel à nous pour montrer que, si les titulaires sont de qualité, les remplaçants ont aussi un bon niveau."
Son rôle dans l'ombre
"J'essaye de pousser les titulaires dans leurs retranchements, de les pousser à faire des semaines complètes pour qu'ils performent le week-end. C'est le rôle des remplaçants de les mettre en difficulté. Pour le reste, j'essaye aussi de discuter avec tout le monde en dehors des terrains, d'apporter ma bonne humeur, de chambrer, de rigoler. En tant que plus ancien du groupe, je parle beaucoup avec les plus jeunes et ceux qui jouent moins. Je leur dis que si on arrive à faire quelque chose de beau avec l'Union cette saison, ce sera bénéfique pour tout le monde. Juste après l'échauffement d'avant-match, j'aime bien me positionner devant l'entrée vers les vestiaires pour taper dans la main de chaque titulaire. Nous faisons un sport collectif dans lequel les uns doivent compter sur les autres. Je sais que mon temps de jeu est assez réduit et c'est ma manière d'apporter mon soutien au onze de départ. J'ai aussi parfois quelques mots pour l'un ou l'autre joueur dans le vestiaire avant le coup d'envoi. C'est quelque chose que je fais de manière naturelle. Peut-être que je sens plus les choses grâce à mon expérience. Pour moi, il n'y a pas de différence entre les titulaires et les remplaçants : nous portons tous le maillot de l'Union et nous avons tous l'envie d'aller le plus loin possible. Implicitement, je savais que j'allais avoir ce rôle de tonton ou de grand frère. Dans le même temps, je veux montrer aux plus jeunes que j'ai toujours cette envie de courir et de gagner à l'entraînement pour qu'ils aient aussi cette mentalité. J'espère qu'on pourra marquer l'histoire du football belge."
Le duel face à Charleroi
"Vu la suspension de Casper Nielsen, tout porte à croire que je vais être titulaire car je suis le seul autre numéro 6 de l'équipe. Je l'espère, mais je n'ai pas encore reçu le moindre indice à ce sujet-là. Ma préparation quotidienne ne change en tout cas pas de celle de la semaine passée ou de la semaine d'avant. Je viens tous les matins à l'heure, parfois un petit peu en retard (sourire), avec une grosse envie de m'entraîner, que je sois titulaire, remplaçant ou suspendu. Si je joue samedi, j'essaierai d'apporter ce que je peux en espérant un résultat favorable pour relancer l'équipe après la déconvenue face à Saint-Trond. Je suis un diesel, j'ai besoin de beaucoup courir en semaine pour essayer de garder mon niveau physique. On verra comment je me sens, mais rien ne remplace la compétition et l'enchaînement des matchs. C'est toujours un peu spécial de retourner à Charleroi même si cela fait cinq ans que j'ai quitté le club et qu'il y a eu beaucoup de changements depuis lors. Cela reste un club particulier pour moi. Je pense que les Carolos ont encore le match aller en travers de la gorge (NdlR : victoire de l'Union sur le score de 4-0) et qu'ils auront à cœur de se racheter. C'est un match important pour nous comme pour eux, qui sont dans l'obligation de gagner pour rester proches du top 4. J'espère que l'enjeu ne prendra pas le pas sur le jeu."

Son futur
"J'ai un contrat jusqu'en fin de saison avec une option pour une saison supplémentaire. Dans le meilleur des mondes, on serait prolongé d'une année en cas de qualification européenne, mais je sais que le football n'est pas un monde de Bisounours. Les bons résultats actuels de l'Union pourraient en effet jouer en ma défaveur dans le sens où l'équipe pourrait se renforcer encore plus cet été, mais personne ne pourra nous enlever ce qu'on est en train de réaliser. Si l'issue finale est favorable et que le club arrive par exemple à décrocher une qualification européenne en fin de saison, il est toujours plus facile pour les joueurs sur le départ de démarcher d'autres clubs. Je pense à tout cela sans y penser. Ma situation contractuelle me traverse parfois l'esprit, mais cela pourrait nuire à l'aventure collective si on se focalise sur ce genre de choses. On verra comment les choses se passent d'ici la fin de saison et on avisera alors pour la suite."