José Rodriguez, la fin d'un pari raté à l'Union Saint-Gilloise
Pourquoi le milieu de terrain José Rodriguez n'a pas réussi à s'imposer à Saint-Gilles.
- Publié le 16-02-2023 à 10h36
Treize petits matchs et puis s'en va. Arrivé au milieu du mois d'août, José Rodriguez n'a pas fait long feu à l'Union Saint-Gilloise puisque le club et le joueur ont annoncé ce mercredi 15 février qu'ils se séparent. L'Espagnol n'a été titularisé qu'à cinq reprises toutes compétitions confondues par Karel Geraerts, pour un faible total de 467 minutes de jeu, sautant même de nombreuses fois des sélections du T1 unioniste. Les attentes étaient pourtant grandes autour du joueur qui était arrivé libre et avait signé un contrat de deux ans.
Rodriguez avait pour objectif d'apporter à Bruxelles toute son expérience accumulée dans les neufs clubs par lesquels il est passé dont le Real Madrid où il avait été formé. "C'est là-bas que j'ai tout appris, expliquait celui qui était devenu, à 17 ans, le plus jeune joueur du Real Madrid à jouer un match de Ligue des Champions. J'ai pu travailler avec José Mourinho qui m'a fait grandir. Il a une image différente de celle qu'on voit de l'extérieur car il est beaucoup plus sympathique que dur. C'est pour mon expérience que l'Union a décidé de me recruter."

Un recrutement qui avait mis du temps à se concrétiser. Car au départ, José Rodriguez n'était pas emballé par une arrivée à l'Union pourtant assurée d'au moins jouer l'Europa League cette saison. En cause, le salaire trop bas proposé au joueur habitué à recevoir une rémunération élevée depuis ses passages en Turquie ou à Israël. "Quand mon agent m'a montré la proposition financière de l'Union, j'ai directement fermé la porte car ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, avançait Rodriguez. Puis le directeur sportif Chris O'Loughlin m'a recontacté et m'a invité à venir voir un match. Je suis venu assister à Union-Charleroi et cela a tout changé : j'ai découvert l'équipe et l'atmosphère qu'il y avait et cela m'a poussé à laisser l'aspect économique de côté." Si Rodriguez a revu ses ambitions salariales à la baisse, l'Union a dû tout de même sortir le chéquier pour acquérir ce joueur aux 282 rencontres jouées au plus haut niveau qui n'aura eu que trop brièvement voix au chapître.
Une bonne première titularisation
L'histoire avait pourtant plutôt bien commencé avec quelques montées au jeu suivies d'une première titularisation début septembre lors de la première victoire européenne en Europa League. A Berlin, il avait impressionné par son calme balle au pied lui qui était à la base du seul but unioniste. Mais les choses se sont ensuite compliquées, Rodriguez ne montrant pas toujours la meilleure volonté du monde aux entraînements. "Il ne montrait pas vraiment qu'il voulait se battre pour gagner sa place, nous glisse-t-on. Il est peut-être arrivé en se disant que c'était déjà gagné pour lui. Sa mentalité ne collait pas vraiment à l'esprit Union."
"Il ne montrait pas vraiment qu'il voulait se battre pour gagner sa place."
José Rodriguez est aussi arrivé dans le secteur de jeu le plus concurrentiel de l'Union. Après des discussions avec O'Loughlin et Geraerts avant la signature, il était clair que l'ex-Madrilène venait pour jouer comme numéro 6 et pas à un autre poste. Mais à cette position, El Azzouzi et Puertas avaient une longueur d'avance sur l'Espagnol derrière les indéboulonnables Teuma et Lynen. Difficile pour le joueur au long CV de se satisfaire d'une place si éloignée dans la hiérarchie…
La déception en Coupe
Et quand il a reçu sa chance, José Rodriguez n'a pas non plus totalement convaincu. Comme lors du déplacement à Eupen où il provoque l'égalisation ou lors du seizièmes de finale de Coupe de Belgique à Cappellen où il n'a pas assez amené face à un faible adversaire.
Tout portait donc à croire que l'idylle entre les deux parties n'allaient pas durer très longtemps. Malgré les intentions du joueur d'enfin se poser dans un club lui qui avait énormément bourlingué avant d'atterrir à l'Union. "J'ai signé pour deux ans et je me vois rester ici pour cette durée", lançait-il au début de son aventure. Rodriguez n'aura finalement pas laissé une empreinte indélébile à Bruxelles et restera dans les esprits comme l'un des rares paris ratés de la direction saint-gilloise.