Siebe Van der Heyden n'a finalement pas signé à Anderlecht : "Cela aurait été très difficile d'affronter l'Union au Stade Marien avec le maillot mauve"
L'ancien joueur de l'Union était proche d'Anderlecht cet hiver mais a finalement été prêté par Majorque à Sankt Pauli.
- Publié le 10-04-2025 à 09h38
- Mis à jour le 10-04-2025 à 09h42

Siebe Van der Heyden a le sang jaune et bleu. Le défenseur de 26 ans a passé quatre saisons à l'Union où il est rapidement devenu le chouchou du public. Un vrai dilemme s'est posé cet hiver quand le Belge en manque de temps de jeu à Majorque a été approché par… Anderlecht.
Le joueur formé chez les Mauves a finalement pris la direction de Sankt Pauli (Bundesliga) et ne sera donc pas sur le terrain du stade Marien ce samedi. Pour le plus grand bonheur des supporters unionistes…
Anderlecht s'est intéressé à votre profil cet hiver, pourquoi n'avez-vous pas signé là-bas ?
"J'étais assez loin de ces discussions. Mon agent m'a juste dit qu'il parlait avec Anderlecht et qu'il y avait de l'intérêt. Cela aurait pu être une option intéressante vu qu'ils recherchaient un défenseur central gaucher. Mais je ressentais que quelque chose n'allait pas (Il s'arrête de parler). En fait, cela me faisait trop mal au coeur et ce n'était pas le vrai Siebe. Je pense que les choses n'arrivent jamais par hasard et c'est certainement pour cela que je ne suis pas à Anderlecht aujourd'hui."
Il est difficile de vous imaginer dans le vestiaire d'Anderlecht avec votre tatouage à la gloire de l'Union sur la cuisse…
"C'est vrai que cela aurait été vraiment bizarre (rires). Mais cela fait partie du football; tout peut aller tellement vite dans une carrière. Les gens en auraient peut-être parlé pendant deux semaines puis seraient passés à autre chose. Mais mon passé d'Unioniste a eu un vrai impact dans ma décision. Quand j'ai entendu qu'il y avait des discussions entre mon agent et Anderlecht, ma première réaction a été de me dire que je voulais rejouer des matchs. Mon objectif cet hiver était de retrouver du temps de jeu et la compétition pour mettre à nouveau ma grinta au service d'une équipe. Mais, d'un autre côté, je sentais que quelque chose bloquait en moi."
Cela me faisait trop mal au coeur, ce n'était pas le vrai Siebe.
L'Union affronte Anderlecht ce samedi, êtes-vous donc heureux de ne pas jouer cette rencontre ?
"Cela dépend de quel côté car j'aurais joué avec plaisir ce match avec le maillot de l'Union (rires). Cela aurait été très compliqué de venir jouer au Stade Marien avec le maillot d'Anderlecht, c'est très difficile d'imaginer cela… L'Union est beaucoup trop dans ma tête et dans mon coeur. Je vais en tout cas supporter l'Union samedi. J'ai encore parfois des messages de fans unionistes disant que je leur manque. J'ai aussi des contacts fréquents avec Guillaume François et parfois avec Christian Burgess. Je suis surtout resté très proche d'anciens comme Lynen, Vanzeir ou Boone."

Avez-vous réfléchi à un retour dans un autre club de Pro League ?
"Felice Mazzù m'a envoyé des messages pour que je signe à Saint-Trond. Cela m'a fait énormément plaisir qu'il veuille que je rejoigne son équipe mais ce n'était pas l'idéal pour moi. Avec l'énorme respect que j'ai pour Felice, cela ne faisait pas partie de mon plan de carrière. Si je revenais en Belgique, c'était dans un club du top. Mais j'ai surtout toujours dit à mon agent que mon objectif était de jouer en Bundesliga, un championnat qui m'a toujours fait rêver."
Revenir à l'Union n'a jamais été une option ?
"Honnêtement, non. J'ai, par contre, reçu un message du Président Alex Muzio quand il a appris qu'Anderlecht s'intéressait à moi : 'Siebe, je te respecte beaucoup et je te respecterai encore même si tu portes le maillot d'Anderlecht. Je te supporterai toujours même s'il y a un match entre l'Union et Anderlecht.' J'ai été positivement surpris de son message mais cela montre le réel respect qu'il a pour ses joueurs. Je lui ai répondu que rien n'était fait avec Anderlecht, que je le respectais aussi beaucoup et que je serai toujours un supporter de l'Union quoi qu'il arrive."
Alex Muzio m'a dit qu'il me respecterait toujours même si je portais le maillot d'Anderlecht.
Quel regard portez-vous sur la saison actuelle de l'Union ?
"Le début de saison n'a pas été facile et j'ai senti beaucoup de doutes. Mais l'entraîneur m'a surpris positivement et a réussi à remettre l'équipe sur le bon chemin avec un jeu agréable à regarder et une bonne agressivité. On a désormais retrouvé l'Union des dernières années. Avant les playoffs, je sentais que l'équipe pouvait aller chercher le titre mais Genk et Bruges ont continué sur leur lancée sans perdre de points… Il reste encore huit matchs; donc, on ne sait jamais. Genk est vraiment fort mais j'y crois encore."
Vous avez finalement été prêté à Sankt Pauli cet hiver, comment se déroulent vos premières semaines là-bas ?
"Tout se passe bien même si nous sommes en train de nous battre contre la relégation. L'atmosphère dans le groupe est vraiment top, les joueurs montrent une vraie envie de travailler ensemble. Le club a la vraie ambition de rester en Bundesliga et cela se ressent au sein du groupe. Personnellement, je ne m'attendais pas à enchaîner les titularisations si rapidement même si c'était un objectif. Le coach m'avait dit que j'avais les qualités pour être important pour l'équipe. Quand tu sais que tu as une chance de jouer dès ton arrivée, tu te donnes à fond directement aux entraînements. Dès la première minute à Sankt Pauli, j'ai voulu montrer que j'étais prêt à aider ce club."
Comment avez-vous vécu votre titularisation face au Bayern Munich, à l'Allianz Arena ?
"C'était une expérience incroyable ! J'avais déjà joué dans le stade du Real Madrid mais l'Allianz Arena, l'un des plus beaux stades du monde avec 75 000 fans, est encore d'un autre niveau. Sur le terrain, j'étais face à des adversaires de qualité mondiale comme Kane ou Musiala, des joueurs rapides et techniques qui ont toutes les qualités pour te faire mal sur un dribble. Ce n'est vraiment pas facile à défendre; il faut réussir à être malin. Quand ils ont décidé d'accélérer le jeu, je peux vous dire qu'ils l'accélèrent…"

Vous avez aussi retrouvé Alexander Blessin que vous aviez croisé à l'Union.
"Quand nous nous sommes vus la première fois à Sankt Pauli, nous avons souri tous les deux en sachant que nous avions un passé incroyable dans un club commun. En tant que coach, il est très strict au quotidien mais aussi très humain. Si tu as un problème en dehors du football, tu peux toujours aller lui parler. Il m'a aussi déjà beaucoup aidé individuellement en faisant plusieurs analyses dans son bureau après mes premiers matchs."
Tout va beaucoup plus vite en Bundesliga, Amoura est, par exemple, vraiment rapide...
Quelles sont les grandes différences entre la Bundesliga et la Jupiler Pro League ?
"Tout va beaucoup plus vite. En Allemagne, la moindre erreur se paye cash directement; donc, il faut être très fort mentalement. La qualité des joueurs est énorme et beaucoup font la différence individuellement comme Amoura sur qui j'ai dû défendre : il est vraiment rapide (sourire). Si tu lui laisses un espace, c'est impossible de le rattraper. Et, puis, c'est un championnat très physique; beaucoup plus qu'en Liga."
Comment expliquez-vous la baisse de votre temps de jeu à Majorque ?
"Nous avions de très bons défenseurs; les deux centraux jouent depuis sept ans ensemble; donc, c'est toujours difficile de les concurrencer… Le staff me disait que j'avais les qualités pour jouer mais ce n'était pas facile de s'imposer dans cette équipe. Je me suis en tout cas toujours donné à 100 %; donc, je peux dire que ce n'est pas de ma faute si je n'ai pas eu le temps de jeu espéré. Je sais que j'ai encore des points à travailler mais c'est quand même dommage de ne pas avoir pu jouer plus de rencontres."
C'est toujours un objectif de reporter le maillot des Diables rouges.
Comment avez-vous vécu le passage du soleil de Majorque à la grisaille allemande ?
"Heureusement que je suis habitué au mauvais temps belge (sourire). Le cadre de vie est très important surtout quand tu vis seul à l'étranger. À Majorque, j'avais l'occasion d'aller me vider la tête à la plage après un entraînement. C'est essentiel de vivre dans un endroit où tu te sens bien d'autant plus quand tu ne joues pas beaucoup. Ici, en Allemagne, il fait clairement plus froid mais Hambourg est une ville incroyable. Et, puis, ce n'est pas trop loin de la Belgique; donc, cela permet à mes parents ou à mes amis de souvent venir me voir."

Pensez-vous encore parfois aux Diables rouges ?
"Oui; c'est un objectif que j'ai en tête depuis que j'y ai goûté en 2022. C'est peut-être encore un peu tôt mais tout est possible si je continue à performer en Bundesliga. J'espère en tout cas continuer à jouer dans ce championnat qui correspond parfaitement à mon profil. Il n'y a pas d'option d'achat dans mon prêt; donc, nous devrons nous mettre à table avec Majorque cet été. Ce ne sera pas facile de quitter le club car j'ai encore un contrat de trois ans là-bas… Mais je n'ai pas envie de repasser une saison sur le banc; tout est donc possible."