Pourquoi le talentueux Sofiane Boufal n'arrive pas à enchaîner avec l'Union : "Tout est réuni pour qu'il soit la meilleure version de lui-même"
Le Marocain de 32 ans doit retrouver l'intensité du haut niveau avant d'aider à nouveau son équipe.
- Publié le 27-09-2025 à 09h05
Que devient le talentueux Sofiane Boufal ? Cette saison, le Marocain n'a toujours pas connu la moindre titularisation avec l'Union. Seulement 141 minutes éparpillées sur six apparitions. Resté sur le banc face au PSV, il n'a même pas pris part au déplacement à Genk.
"On a préféré le laisser travailler individuellement à Zaventem pour qu'il retrouve le rythme, explique Sébastien Pocognoli. Pour avoir la meilleure version de Sofiane, il doit atteindre le même niveau d'intensité que ses coéquipiers."
S'il passe un cap, il sera très important pour l'Union cette saison.
Un niveau qui lui échappe depuis plusieurs semaines à cause d'une blessure. Fin août, après le match contre La Louvière, l'ancien joueur de Southampton souffrait d'un début d'élongation à l'ischio. Rien de grave, mais assez pour l'écarter trois semaines et l'empêcher de profiter pleinement de la trêve internationale, moment idéal pour combler son retard physique.
Des débuts sans continuité
Les blessures, Boufal en a fait une habitude depuis son arrivée à Bruxelles, il y a un peu plus d'un an. Débarqué en manque de rythme du Qatar, il n'a été titulaire que 14 fois la saison dernière, rattrapé par une série de petits pépins musculaires. Le coup le plus dur ? En ouverture des Champions Playoffs. Titulaire contre l'Antwerp, il sort après un très bon quart d'heure et ne rejoue que lors de l'ultime journée, avec une brève apparition en fin de rencontre.

"Chaque fois qu'il enchaînait, il était stoppé net par une blessure, analyse Pocognoli. C'était toujours du 'start and stop'. Et c'est ce qu'il y a de plus difficile à gérer pour un joueur. Cela ne nous a jamais permis de voir sa vraie valeur sur la durée. Plutôt que vingt minutes dans un match déjà plié, on veut le voir dans un vrai duel à enjeu avec de l'intensité."
On n'a jamais pu voir sa vraie valeur sur la durée.
L'intensité comme maître-mot
L'intensité : voilà ce qui lui manque aujourd'hui. Or à l'Union, elle est partout. Dans chaque exercice, chaque séance, chaque duel à l'entraînement. "L'intensité est la même ici que dans certains grands clubs européens, assure Pocognoli. Les recrues doivent s'y faire : Zorgane a tiré la langue pendant la préparation, Schoofs doit encore s'adapter, tout comme Patris ou Guilherme. Boufal a la chance d'être dans un club avec une grosse intensité quotidienne et de bénéficier d'un staff médical de tout premier plan. Tout est réuni pour qu'il soit la meilleure version de lui-même à ce moment de sa carrière."
Un vestiaire conquis
En dehors des terrains, Boufal semble rayonner. Investi, souriant, proche de ses coéquipiers, il semble avoir trouvé sa place dans le vestiaire. Reste désormais à transformer cette bonne intégration en efficacité sur la pelouse.
"Je le vois heureux et impliqué, conclut Pocognoli. Il chambre, encourage, se donne à l'entraînement. Cette saison, il a mis en place des choses pour être plus performant que la précédente. À lui maintenant de franchir ce cap, que ce soit comme titulaire régulier, titulaire intermittent ou joker de luxe. S'il y parvient, il sera important pour nous cette saison."
Libéré de ses pépins, Boufal pourrait alors redevenir ce qu'il est au fond : un artiste imprévisible, et sans doute l'un des joueurs les plus injouables du championnat.