Sébastien Pocognoli raconte ses premières semaines à Monaco : "Pour devenir un grand coach, il faut savoir s'adapter à différentes structures"
L'entraîneur liégeois arrivé en octobre explique le travail qui l'attend à Monaco où il sait qu'il devra combiner le développement de ses joueurs avec des résultats.
- Publié le 22-11-2025 à 13h14

Un mois après son arrivée, Sébastien Pocognoli sait qu'il a du pain sur la planche avec une équipe de Monaco qui a bien commencé avant de subir deux coups d'arrêt en Ligue 1 contre Paris FC et Lens juste avant la trêve.
Sébastien, comment se déroule votre acclimatation à Monaco ?
L'équipe a une grande marge de progression. J'ai eu sept matchs à gérer en trois semaines ; difficile d'imaginer plus compliqué, mais c'est moi qui l'ai choisi. La première étape était d'amener de la clarté aux joueurs sur le terrain et dans ma manière de travailler. Tout le monde a été très réceptif. Puis il y a le bilan comptable. On a enchaîné de très bons matchs, mais aussi des prestations décevantes. Il y a encore beaucoup de travail, notamment dans la dimension physique.
Quels objectifs vous ont été fixés ?
Comme à l'Union : viser le plus haut possible. Des blessés vont revenir. Avoir le laps de temps nécessaire pour tout mettre en place, c'est le gros challenge. Mais c'est sûr qu'à Monaco, il y a de l'ambition, donc il faut que le bilan comptable soit en relation avec cela.
On ne vous a pas dit qu'il fallait au moins la 4e place qui envoie en préliminaires de Ligue des champions ?
Les objectifs sont de mettre le projet en valeur et le développement des joueurs, car Monaco reste un tremplin avec un centre de formation qui est le premier fournisseur de jeunes. C'est intéressant et c'est pour ça aussi que Monaco m'a fait venir, car chaque joueur a évolué individuellement à l'Union la saison passée.
On dit qu'on m'a donné du temps à l'Union, mais c'est moi qui l'ai gagné.
Vous avez pris un risque en choisissant de partir non seulement pour un championnat plus huppé, mais aussi pour un club qui vise les premières places.
Mon ambition reste de gagner, mais il y a d'autres manières d'apporter du succès, comme le beau jeu et le développement individuel. À l'Union, c'était pareil : au début, on avait un très bon jeu mais on ne gagnait pas. On est resté calme. On a beaucoup dit qu'on m'a donné du temps et qu'on m'a soutenu, mais ce temps, c'est moi qui l'ai gagné parce que notre travail avait de la logique et que le style était là. On le voyait dans les datas et les joueurs se sentaient progresser. Et puis je n'ai pas trouvé d'excuse, je n'ai pas dit que le mercato avait été fait sur le tard. Ce sera pareil ici. Il faut faire prendre conscience du fait que le processus va dans le bon sens et rester calme, car il y aura encore des hauts et des bas.
Un début mitigé, cela fait penser à l'Union il y a un an. Cette expérience vous a-t-elle été utile ?
À l'Union, j'ai été très positif dès le début et cela a donné beaucoup d'énergie aux joueurs. C'est au coach de rassurer ceux qui doutent. Je vais me servir de cette expérience, c'est clair. Je vais garder ce que j'ai appris à l'Union et m'adapter à l'institution Monaco. Pour devenir un très grand coach, il faut savoir s'installer dans différentes structures.
Les commentaires sceptiques? C'était la même chose à mon arrivée à l'Union.
Il y a eu des commentaires sceptiques à votre arrivée vu votre courte expérience de T1.
Comme à l'Union. Certains y croient, d'autres moins, puis ça change après une victoire ou une défaite. Moi, j'essaie de garder une ligne droite.
Pour conclure, vous estimez que votre saison sera réussie si…
Vous m'aviez posé la même question il y a un an. Je vais répondre la même chose : s'il y a des sourires sur les visages en fin de saison.
