L'assistance vidéo loin de faire l'unanimité en Challenger Pro League : "Un système pas au point"
Testé cette saison en Challenger Pro League, le Football Video Support doit encore faire ses preuves.

- Publié le 19-09-2026 à 16h10

Longtemps demandée, l'assistance vidéo a fait son apparition en Challenger Pro League cette saison. Il ne s'agit toutefois pas de la VAR comme en Jupiler Pro League mais bien du "Football Video Support".
Comme c'est le cas dans d'autres championnats, ce système est testé en Challenger Pro League avec l'autorisation de la FIFA.
1. Qu'est-ce que le Football Video Support ?
Le Football Video Support est un système qui met à disposition différentes images de caméra pour le "review" des décisions arbitrales. Cela permet de revoir et, le cas échéant, de réévaluer les moments importants du match. " Le FVS est une alternative au système VAR traditionnel : ici, aucune intervention n'est effectuée par une équipe de la VAR, mais uniquement par les arbitres après un challenge de l'un des entraîneurs principaux", indique la Pro League.
Concrètement, les entraîneurs de chaque équipe disposent chacun de deux challenges par match pour demander à l'arbitre de revoir des phases lorsqu'ils ont un doute sur une décision qui concerne un carton rouge, un penalty, un but ou l'identité d'un joueur averti. Si la décision leur est favorable, ils conservent leur challenge. Si non, ils le perdent. Les arbitres analysent aussi la validité des buts.
Un système décrié d'entrée
Avant son lancement officiel, le FVS avait déjà droit à son lot de critiques, comme l'avait exprimé Arnauld Mercier, après l'avoir testé à Seraing. "Les premiers tests n'avaient pas été une réussite. C'était surtout une perte de temps et les images n'ont pas affirmé ou confirmé les décisions de l'arbitre. J'espère en tout cas que ce ne sera pas une perte de temps et surtout une perte d'émotion parce que le foot, c'est quand même un partage d'émotions."
Si tu ne peux pas mettre un VAR correct à la disposition des arbitres, tu supprimes le système et tu leur fais confiance.
Avant la saison, Gaetan Englebert émettait également des réserves. " Je ne suis déjà pas fan du VAR en général et encore moins si c'est à la demande des entraîneurs, connaissant la qualité sans doute des images et du fonctionnement", se méfiait le coach du RFC Liège.
Un mois plus tard, son avis n'a pas changé. La piètre qualité des images et le manque de caméras font partie des principales critiques. "On introduit un système qui n'est pas au point, ne serait-ce que par le nombre insuffisant de caméras dans chaque stade. Contre le Club NXT, l'arbitre n'avait pas les images qu'il souhaitait pour analyser notre challenge. C'est tout de même problématique : tout ce que nous demandons en réclamant, c'est qu'il puisse voir et juger. Et là, il vous dit que ce n'est pas possible. En attendant, tu donnes ta carte, tu la perds, quoi qu'il arrive, images ou pas", peste le coach liégeois.
Et de souligner les dérives possibles du système. "Je crains aussi que ce système ne devienne un cinéma sur certaines phases de jeu, notamment les penaltys. Quand c'est sifflé, tu te sens un peu obligé de réclamer, ça dure deux minutes et ça dérange forcément le tireur."

Plusieurs joueurs ne sont pas fans du FVS, à l'image de Benoît Bruggeman, joueur du RFC Liège. "Si tu ne peux pas mettre un VAR correct à la disposition des arbitres, tu supprimes le système et tu leur fais confiance, comme avant. Les moyens ne sont pas suffisants et à répétition, jusqu'à quatre fois par match, de mon point de vue de joueur, ça finit par casser le jeu. Ce n'est franchement pas top comme système sur les premières semaines d'utilisation."
Le FVS a besoin de temps
Si le FVS ne fait pas l'unanimité et qu'il a rencontré quelques couacs, le système a aussi ses défendeurs. "C'est un outil qu'on a maintenant en main, et c'est clair qu'il faut essayer de l'utiliser de la bonne manière", a défendu Yves Vanderhaeghe, coach des Francs Borains.
Jacky Mathijssen, lui, veut voir le FVS se développer au-delà de la Challenger Pro League. "C'est quelque chose que nous, les entraîneurs, réclamons depuis des années mais qui avait été bloqué par le corps arbitral. Avec ce système, les coachs ont l'occasion d'intervenir s'ils se sentent floués. J'espère que ce système s'implantera rapidement et que nous le verrons au plus haut niveau en Belgique la saison prochaine."