De la P4 à Sartois à la Jupiler Pro League avec La RAAL Louvière, la fabuleuse histoire de Frédéric Taquin
Le coach champion de La RAAL Louvière n'a pas oublié ses débuts en Brabant wallon.
- Publié le 22-04-2025 à 10h20

Si Frédéric Taquin a été formé à l'école de foot d'Anderlecht, qu'il signait à 16 ans à l'Olympic de Charleroi avant de se diriger vers Gosselies et Mellet, c'est à Ways-Genappe qu'il a découvert le Brabant wallon, pas loin de Frasnes où il réside toujours aujourd'hui. "Ma femme est originaire de Genappe. Si elle était de Waterloo ou de Rixensart, j'aurais joué là-bas."
Il joue dix saisons à Genappe, "avec des entraîneurs comme Willy Godart, Éric Fiolle et Patrick Detraux, trois profils différents. C'est également à Genappe que j'ai commencé à entraîner les jeunes."
Il rejoint ensuite le RC Sartois "car je sentais que la flamme s'éteignait. Cela faisait quatre ans que je jouais avec une pubalgie et je n'avais plus vraiment le feu sacré."
"Joël Robert a lancé le TGV"
Nous sommes en cours de saison 2010-2011 quand il est appelé à reprendre l'équipe B du RC Sartois, alors en P4. "Le 4 octobre 2010, une date que je n'oublierai jamais, je me suis à nouveau déchiré les ligaments du genou lors d'un match de la P3. J'ai arrêté de jouer tout en restant proche de l'équipe. Un jour, Joël Robert m'a proposé de rependre la P4 qui était en souffrance. Joël fut la première personne qui a vu en moi cette fibre du coaching. Je le savais au fond de moi mais c'est Joël qui a appuyé sur le bouton et lancé le TGV." Il se lance dans les cours d'entraîneurs et en quatre ans, il passe ses brevets C, B, UEFA B et A.
Sur le terrain, dès sa deuxième saison à Sartois, en 2011-2012, il est propulsé à la tête de l'équipe A qui évolue en P3 pour succéder à Xavier Donnay, parti à Braine. "On jouera tous nos matches pour les gagner, et avec trois attaquants. Engagement, combativité et solidarité seront nos maîtres mots", nous déclarait-il à l'époque, inspiré par ses entraîneurs de référence que sont Jürgen klopp ou Pep Guardiola, "des gens dont je m'inspire. Je lis et j'écoute aussi beaucoup car un entraîneur est un voleur d'idées."
Un an plus tard, toujours en P3, les mots du coach restent forts: "Il faut rendre ce qui était impossible la saison dernière possible celle-ci."
À chaque fois, ses propos d'avant-saison veulent tout dire. L'homme est un gagneur et en veut toujours plus. En avril 2013, Sart termine deuxième de sa série mais décroche la montée via le tour final. Les trois saisons suivantes se jouent en P2, la quatrième aussi mais sous le nom du RC Villers qui est né de la fusion entre le RC Sartois et son voisin de Villers Matima.
"La RAAL est le champion moral de cette saison"
En fin de saison 2016-2017, le RC Villers rejoint la P1 mais ce sera sans son entraîneur qui s'est engagé à la RAAL pour y connaître le succès que l'on sait: trois titres de champion, en D3 dès sa première saison puis en D2 en 2021-2022 et en D1 en 2023-2024. "Je dirais même quatre titres de champion car si on ne nous avait pas retiré les points gagnés à Deinze (NDLR: déclaré en faillite à un match de la trêve) on terminait devant Zulte. La RAAL est le champion moral de cette saison."
L'homme peut être fier de son parcours et quand il compulse son album de souvenirs, ses années sartoises et villersoises restent en première ligne. "Je ne remercierai jamais assez Joël Robert pour sa confiance. La réussite d'un entraîneur passe aussi par la compétence des dirigeants. Jean-Pierre Matton a aussi apporté sérénité et métier dans tout ce que l'on faisait alors que Fabian Leclerc a permis a Villers de franchir un palier et fut aussi quelqu'un de très important pour moi. Ce sont trois personnes que je n'oublierai jamais et si je suis devenu ce que je suis aujourd'hui, c'est grâce à eux."
Mais aussi grâce à lui, un homme qui n'a finalement pas changé et qui a su rester fidèle à ses principes. "Par rapport à mon époque sartoise, l'homme est resté le même mais avec plus d'expérience. J'ai évolué x10 000 au niveau tactique et technique, j'ai grandi de mes expériences mais avec toujours mon petit cœur en essayant de tirer le meilleur de chacun. On peut gagner des matches avec des joueurs talentueux mais pas un championnat et si j'ai connu sept promotions depuis que j'entraîne, c'est à chaque fois grâce à un groupe terrible."
Un coach loyal, acharné et passionné
Quant à savoir quel est le secret de sa réussite, la réponse du coach qui fêtera ses 50 ansen juin fuse:"La passion et un travail acharné. Je pense aussi avoir choisi les bons clubs aux bons moments. Ma loyauté aussi. Comme entraîneur, je n'ai connu que deux clubs en 15 ans. J'ai adoré travailler à Sart qui est devenu Villers par la suite car le club a toujours eu un minimum d'ambitions et je ne cache pas que si j'y étais resté en P1 (la seule division qu'il n'a pas connue) c'était avec la D3 dans un coin de ma tête mais chaque club a ses limites et quand elles sont atteintes, il faut changer."
À la RAAL, il veut continuer à progresser et à évoluer. "Ce qui me motive, c'est gagner des matches et voir des gens heureux. Je donne ma vie toute la semaine pour gagner le week-end. Mon objectif est maintenant que la RAAL devienne solide en D1 et dans un coin de ma tête, je veux jouer l'Europe. Mais la prochaine étape sera de gagner le prochain match. Et maintenant que nous sommes en D1, il sera coriace…"