Les frères Cabeke, de joueurs du RWDM à abonnés : "Comme si nous n'avions jamais quitté cette place"
Les jumeaux Anthony et Geoffrey Cabeke continuent de supporter le RWDM depuis les tribunes. De véritables fidèles.

- Publié le 10-05-2023 à 14h00

Véritables Molenbeekois dans l'âme et dans le cœur, les frères Cabeke ont le RWDM dans le sang. Petits déjà, les jumeaux supportaient le club aux quatre lettres magiques. Quelques années plus tard, ils ont fait partie de l'histoire du renouveau du RWDM. Anthony a rejoint le club lors de la saison 2016-2017 et a donc connu le titre en D3 amateurs. Geoffrey a rejoint son frère la saison suivante pour vivre ensemble le titre en D2 amateurs et l'accession à la Nationale 1. Ils ont finalement quitté le club molenbeekois au terme de la saison 2020, celle qui a permis au RWDM d'accéder à la D1B et donc de retrouver le football professionnel.
Aujourd'hui, ils évoluent ensemble à Asse-Zellik (P2 flamande) mais sont surtout devenus des abonnés du RWDM. "Dès que nous avons quitté le club en tant que joueurs, nous avons pris un abonnement au RWDM. Nous continuons à suivre le RWDM au plus près, en étant leurs premiers supporters", lance Geoffrey.
Ils se sont même arrangés avec leur club afin d'être libres les jours de match du RWDM. "Dans notre club à Asse-Zellik, ils savent très bien que nous voulons absolument continuer à suivre notre club de cœur. On a même fait déplacer l'un ou l'autre de nos matchs pour pouvoir aller au stade", confie Anthony.
Passer de la peau de joueur à celle de supporter s'est fait naturellement pour les jumeaux. "Il faut être objectif et réaliste, en venant à Molenbeek, nous avions pour objectif d'emmener le club jusqu'au monde pro et d'ensuite faire un pas de côté. C'est ce que nous sommes parvenus à faire. Par la suite, notre place ne se trouvait plus sur le terrain mais bien en tribunes", reconnaît Anthony.
Se retrouver dans les tribunes, voilà de quoi leur rappeler leur enfance. "Nous avons vécu quelques titres en D2, même si nous avons loupé le premier contre Mons à cause d'un voyage scolaire. Ça nous rappelle de super souvenirs, ces moments qu'on oubliera jamais, partagés avec les copains. Mais ce n'est finalement pas trop dépaysant pour nous de passer de la pelouse à la tribune puisque nous retrouvons cette place que nous avions lorsque nous étions enfants. C'était plus particulier d'être sur le terrain en se disant qu'il n'y a pas si longtemps, nous étions dans la tribune", précise Geoffrey alors qu'Anthony ajoute : "Nous retrouvons la place que nous avons occupée durant des années avant d'être joueurs du RWDM. Entourés par les copains, la famille et désormais par tous ces supporters avec lesquels nous avons fait connaissance durant nos années en tant que joueurs. C'est un peu comme si nous n'avions jamais quitté cette place. Si ce n'est que maintenant, on nous offre une bière dès que nous mettons un pied dans la tribune", rigole-t-il.
Situés dans le bloc B, à quelques sièges du kop, ils savourent désormais de l'intérieur cette ambiance si spéciale du stade Machtens. "Nous avons vécu de grands moments depuis le terrain avec les titres de D3 et D2 pour Anthony; celui de D2, pour ma part. On voyait ces tribunes remplies qui nous donnaient un boost supplémentaire. Aujourd'hui, on essaie de donner la même chose aux joueurs qui sont sur le terrain. Et quand vous avez un groupe comme celui de cette année, qui donne tout chaque semaine, vous ne pouvez que donner le meilleur de vous-mêmes depuis les tribunes."

Leur avis sur la saison en cours
Que ce soit Anthony ou Geoffrey, les jumeaux sont sous le charme de l'équipe de cette saison. Des joueurs au staff. "L'équipe a connu un début de saison difficile qui s'expliquait par l'arrivée tardive de plusieurs transferts comme De Sart, Challouk ou les Brésiliens. Mais une fois que l'équipe a pu se mettre en place, on a vite compris qu'il y avait énormément de qualité sur le terrain. Il y a tout dans cette équipe : de l'intensité, de la technique, de la tactique, avec un système de jeu qui convient parfaitement à l'équipe. Dès le début des playoffs, nous étions très confiants quant aux chances de titre du RWDM", précise Geoffrey.
Anthony va même plus loin. "Il y a une énorme différence avec l'équipe de la saison dernière, il y a plus de qualité et d'intensité. C'est simple, le groupe de cette année aurait remporté la double confrontation avec Seraing."
Au cours de cette saison, les joueurs du RWDM ont fait vivre de grands moments à leurs supporters. Anthony et Geoffrey les ont vécus avec une joie immense. "Les confrontations directes avec Beveren et le Beerschot ont été de grands matchs. Mais les moments les plus vibrants, ce sont ces buts inscrits dans les derniers instants d'une rencontre. On pense à cette égalisation contre Anderlecht en début de saison ou encore à ce but de Zakaria El Ouahdi qui nous permet de l'emporter 3-2 contre Bruges dans les arrêts de jeu. On espère pouvoir revivre ça samedi soir, même si on espère que les buts tomberont plus tôt, histoire que l'on puisse savourer ce match du début à la fin, en évacuant rapidement le stress."
Le RWDM en D1, un rêve partagé
Le RWDM est à 90 minutes de la D1. Une phrase qui résonne dans la tête des deux frères. "C'est très spécial, ça fait des années qu'on attend ça. Voir le RWDM disputer des matchs à Sclessin, dans les nouveaux stades comme celui de La Gantoise, ça donne envie. Sans oublier les derbys bruxellois contre Anderlecht et l'Union qui nous font rêver", glisse Geoffrey, tout comme Anthony. "Le RWDM en D1, ça a une grosse signification pour nous. Rien que d'en parler, j'en ai des frissons. Nous étions à Roulers samedi et sur le trajet du retour, nous nous remémorions les déplacements que nous faisions à l'époque en D1. Si tout se passe bien samedi, on va quand même avoir un peu de mal à réaliser que les quatre lettres magiques sont de retour au plus haut niveau. Il va nous falloir quelques jours pour l'assimiler mais nous avons déjà hâte de faire les déplacements et de vivre les grosses affiches. Je pense notamment à ces derbys contre Anderlecht et surtout l'Union (NdlR : Anthony et Geoffrey ont tous les deux porté les couleurs de l'Union)."
Un retour vers les sommets auquel ils ont contribué durant quelques saisons. "On en a parlé cette semaine dans un groupe avec des anciens. Disons qu'on a fait une partie du boulot mais que les joueurs actuels réalisent le plus difficile. On ne peut que leur tirer notre chapeau", rétorque modestement Geoffrey.

Un enterrement de vie de garçon au Temple
Pour Anthony, aucun doute possible sur l'issue de la rencontre de samedi. La victoire et le titre seront au bout des 90 minutes. "Il faudra faire le travail sur le terrain mais, en toute objectivité, Anderlecht n'a aucune chance samedi. Ils ont livré une belle saison, ils méritent leur place dans les playoffs mais on sent que l'énergie est épuisée dans leurs rangs. Ils feront peut-être de la résistance mais le rouleau compresseur RWDM passera assez vite au-dessus."
Samedi, les frères Cabeke s'apprêtent à faire la fête. Et la montée en D1 ne sera pas l'unique raison puisque Geoffrey Cabeke, qui va bientôt se marier, y fêtera en partie son enterrement de vie de garçon. Orchestré notamment par son frère. "Nous devions partir tout un week-end mais j'ai rapidement constaté que le match du titre pouvait tomber ce week-end. Du coup, j'ai fait en sorte de garder libre la soirée du samedi au cas où il faudrait revenir pour vivre ce grand moment. Il y a donc une double fête en perspective", se félicite Anthony alors que Geoffrey ne sait pas encore à quelle sauce il sera mangé. "J'ai hâte d'être samedi même si je ne sais pas ce qui m'attend, ni avec quel costume je serai dans le stade (rires). Quoi qu'il en soit, je sais qu'on va faire la fête, le titre ne peut plus nous échapper."
