Jeunesse, mentalité et manque de profondeur : Seraing doit vite trouver le bon rythme pour éviter la zone rouge
Analyse des manquements qui condamnent Seraing à vivre une saison dans le bas du classement.
- Publié le 25-10-2023 à 06h49

L'été dernier, Seraing a retrouvé les fondamentaux qui le lient à Metz. Trois espoirs lorrains ont débarqué en Belgique, rejoints par quelques promesses sérésiennes, cinq éléments de Génération Foot et plusieurs éléments déjà rodés au football professionnel. Sur le papier, ce cocktail s'annonçait suffisamment alléchant pour vivre une saison paisible, voire tutoyer les premières places.
La réalité, après neuf journées de championnat, est bien différente. Seraing se rapproche dangereusement de la zone rouge. Le club semble même plongé au cœur d'un cercle vicieux avec un nombre trop important de défaites qui "touche la confiance du groupe", comme le reconnaît Grégory Proment.
Pas assez d'expérience sur le terrain
Pour expliquer ce début de saison raté, les regards se tournent prioritairement sur les joueurs. Le noyau manque cruellement d'expérience, comme l'attestent les huit titulaires de moins de 23 ans alignés samedi soir. Semaine après semaine, un jeune signe une erreur qui débouche automatiquement sur une opportunité pour l'adversaire. Au Lierse, une perte de balle de Lilian Raillot a entraîné le seul but de la rencontre. "Il pensait avoir fait le plus difficile sur cette phase, ce qui a provoqué un relâchement. Cette erreur n'est pas venue au bon moment pour nous, mais j'espère qu'il retiendra la leçon", disait le coach.
Les jeunes ne donnent pas le sentiment d'apprendre de leurs erreurs. Chaque week-end, l'organisation est mise à mal par un oubli ou une perte de balle coupable. Théoriquement, les quelques éléments expérimentés devraient pouvoir servir de guides, mais ils ne sont pas dans les meilleures dispositions pour le faire. Gérald Kilota (29 ans) revient d'une très longue indisponibilité, Romain Métanire (33) vient à peine d'arriver, Christophe Lepoint (39) est resté (incompréhensiblement) 89 minutes sur le banc le week-end dernier et Désiré Sègbè (30) n'est pas encore en état de jouer.
Pas de profondeur dans le noyau
Lorsqu'un joueur ne donne pas satisfaction sur la pelouse, il ne peut… pas être remplacé. Le constat est à peine exagéré. Au Lierse, Maïdine Douane, censé apporter de la créativité et de la technique, a signé son plus mauvais match de la saison, mais Soumah-Abbad, son remplaçant, a été tout aussi inutile.
Grégory Proment ne dispose pas d'un banc suffisamment fourni pour faire jouer la concurrence. Dans ces conditions, les titulaires se sentent intouchables malgré des prestations inabouties et ne se remettent pas suffisamment en question. "Lorsque j'étais joueur, je prévenais l'entraîneur que quand il me ferait monter, je lui donnerais mal à la tête, car il devrait trouver une idée pour me remettre dans le onze de base la semaine suivante. Cela doit normalement être l'objectif de chaque réserviste. Sans cette concurrence, tout le monde stagne", confirme le T1 sérésien.
Une mentalité parfois défaillante
Une image vaut mieux qu'un long discours. À la soixantième minute, Maïdine Douane a marché vers son banc au moment de son remplacement. Au total, il a pratiquement mis quarante secondes avant de taper dans la main de son équipier, alors que Seraing était déjà mené au score.
Cette attitude démontre le manque d'envie parfois affiché par ce groupe. Cela s'était déjà remarqué à Knokke, en Coupe de Belgique, avec une suffisance qui avait, au final, coûté la qualification. Au Lierse, les joueurs n'ont jamais donné le sentiment de se rebeller et d'afficher un supplément d'âme dans les dernières minutes pour grappiller une unité.
Autre exemple : après l'ouverture du score lierroise, un vent de panique a gagné les Sérésiens. "Je trouve qu'au niveau de l'envie et de l'implication, ils ont répondu présent. Mais j'ai effectivement senti du flottement après le 1-0 alors que c'est à ce moment qu'on doit se battre. Peut-être certains avaient-ils peur…"
La solution : stabilité et confiance
Bien entendu, tout n'est pas à jeter. Seraing est capable de développer des phases de jeu construites lorsqu'il n'est pas mis sous pression, mais il se montre incapable de créer suffisamment de situations dangereuses (0,41 expected goal au Lierse malgré 55 % de possession de balle).
Cette équipe manque-t-elle d'automatismes ? La question mérite d'être posée au vu des nombreux changements opérés par le staff technique au fil des matchs. Il semble urgent de délimiter un onze de base fixe, capable d'enchaîner quatre ou cinq rencontres pour trouver ses marques. Car avec un petit peu de confiance, cette équipe doit être capable de laisser des formations comme le SL 16, le Lierse ou encore Ostende derrière elle…