Club familial et formateur, le Royal Arquet Namur rêve d'une D1 en Coupe de Belgique pour ses 80 ans
Plus petit club francophone encore engagé en 32es de finale de la Coupe de Belgique, le RAN croit en sa bonne étoile et s'en va défier le KSK Heist sans pression.
- Publié le 06-09-2025 à 10h53

On n'est jamais mieux servi que par soi-même, alors le Royal Arquet Namur (RAN) a décidé de s'offrir un beau cadeau l'année de ses 80 ans : un 32e de finale de Coupe de Belgique, samedi soir au KSK Heist, équipe anversoise qui vise la remontée en D1 VVF.
Arquet Namur, basé dans le village de Vedrin à quelques encablures du centre-ville, n'a jamais atteint ce stade de la compétition, et rêve forcément d'un nouvel exploit pour s'en aller défier un adversaire de Jupiler Pro League en seizième de finale. Il y a 35 ans, il avait frôlé l'impensable, battu par Wetteren (1-0) alors que le Standard l'attendait au tour suivant. "Léon Semmeling était venu voir le match et nos installations au cas où… Vous pensez bien, il avait fait de grands yeux", se souvient dans un sourire nostalgique l'ancien journaliste de la RTBF Michel Lecomte, co-président du club. C'était un autre temps. Bien avant l'érection des nouvelles infrastructures et la pose d'une surface synthétique sur l'un des trois terrains. Plus récemment, en 2022, ses protégés – qui figuraient alors en P1 – avaient eu droit à un déplacement inédit au troisième tour, à Virton, d'où ils étaient revenus les joues rougies (9-1) mais des souvenirs plein la tête.
Léon Semmeling était venu voir le match et nos installation. Il avait fait de grands yeux.
Désormais, Arquet Namur s'est stabilisé en D3 ACFF et se sent pousser des ailes, en Coupe, après avoir éliminé Luingne (P1 Hainaut), Onhaye (D2 ACFF), Stockay (D1 ACFF) et Cappellen (D2 VVF). "Avec deux séances de tirs au but irrespirables contre Onhaye et Cappellen", souffle Lecomte. Son club est le seul rescapé francophone de D3 ACFF à ce stade de la compétition et en est forcément le Petit Poucet, tandis qu'il persiste une P1 flamande, le KVC De Toek Borsbeke qui affronte l'AS Eupen.
Plus de 300 jeunes et 25 équipes
Preuve de l'évolution des "Bleu et Blanc", le club a récemment ajouté la mention "Namur" derrière "Arquet". Pour mieux se positionner sur la carte du football amateur wallon. Il est temps de bomber le torse, humblement. De faire connaître son savoir-faire. Car le club voit bien au-delà de son équipe fanion. Le RAN, c'est une académie (320 joueurs répartis en 25 équipes dont une féminine et une handi-football). Une équipe B en P2 qui sert de transition. La saison dernière, l'effectif de l'équipe A comptait encore 4-5 joueurs formés exclusivement au club. Une volonté. Une fierté.
On doit maintenir cette dynamique-là avec un comité fort, des bénévoles et des sponsors précieux.
Longtemps considéré comme le club des "aristocrates" du football namurois, le RAN a su se développer solidement, et s'ouvrir. "On doit maintenir cette dynamique-là avec un comité fort, des bénévoles et des sponsors précieux", motive Michel Lecomte qui partage la présidence avec Vincent Maillen, entrepreneur de la région et député (MR) au Parlement de Wallonie. Ils ont fait les choses dans l'ordre en consolidant d'abord leur école de jeunes sous Philippe Brack, l'ancien président, aidé par Marc Marchal puis Stéphane Davreux.
"Notre projet de club a atteint une vraie cohérence, conclut Michel Lecomte, priant pour que l'esprit familial ne s'évapore jamais. Mes fils ont joué ici des années et sont toujours actifs, respectivement à la coordination et l'évènementiel. Et quand je vois que mon petit-fils a tenu à accrocher une écharpe d'Arquet dans sa chambre peinte en bleu et blanc, je me dis qu'on est sur la bonne voie."