Ces anciens footballeurs pros qui jouent chez les amateurs (2/5), avec Samuel Fabris : "Je suis plus épanoui dans cette nouvelle vie"
Samuel Fabris, passé par Charleroi, le White Star, le Cercle, Virton et Alost, évolue désormais au RCS Brainois en D2 ACFF.

- Publié le 09-04-2026 à 15h30

Professionnel à l'âge de dix-huit ans à Charleroi avec qui il a été champion de D2, à nouveau sacré dans l'antichambre de l'élite avec le White Star Bruxelles, passé ensuite par le Cercle Bruges, Virton et Alost, Samuel Fabris poursuit désormais sa carrière au RCS Brainois, en D2 ACFF. À 35 ans, le milieu de terrain défensif a découvert le football amateur après une quinzaine d'années passées en tant que professionnel. Devenu facteur, Samuel Fabris a aujourd'hui trouvé le parfait équilibre entre sa vie professionnelle, sa vie familiale et le football. Alors que Braine est en course pour le titre en D2 ACFF et s'est mis à rêver de rejoindre la D1 ACFF, Samuel Fabris nous en dit plus sur sa nouvelle vie dans le monde amateur.
Samuel, comment avez-vous décidé de passer du football professionnel au football amateur ?
J'étais toujours professionnel lorsque j'évoluais à Alost mais on n'a plus été payé pendant trois mois. J'avais 33 ans, deux enfants, je me suis dit que j'avais fait ma petite carrière et pu vivre du foot jusque-là et qu'il était temps de penser à l'avenir. J'avais un diplôme en poche, j'ai cherché un travail dans ce domaine mais on me reprochait mon manque d'expérience. Finalement, j'ai trouvé une place chez Bpost et je suis devenu facteur. Je livre le courrier et des colis; j'adore bosser dans cette entreprise. Dans le même temps, j'ai rejoint Braine et trouvé le bon équilibre entre le travail, le football et la vie de famille.
Votre vie a radicalement changé en quelques mois.
C'est totalement différent de tout ce que j'ai connu en tant que joueur professionnel. Je travaille désormais et le football est devenu un plaisir et plus mon métier. C'est une vie différente mais je suis plus épanoui maintenant qu'avant. Travailler m'a également apporté plus de stabilité car les choses sont tout de suite plus compliquées quand vous n'êtes pas payé pendant un, deux ou trois mois en tant que joueur professionnel. Je suis content de ne plus devoir vivre avec cette incertitude qui entoure la vie d'un footballeur pro.
Ce métier de facteur, c'est un peu comme celui de footballeur.
Qu'est ce qui vous plait le plus dans ce métier de facteur ?
Il y a tout d'abord le contact quotidien avec les gens. Et, puis, ce métier de facteur, c'est un peu comme celui de footballeur. On doit bien se préparer, préparer sa tournée et si cette dernière est bien en place, ça se passe comme sur des roulettes. C'est la même chose pour un match de football. Si vous le préparez comme il faut, dans la plupart des cas, il se passe bien.

Si on en revient au football, qu'est-ce qui a le plus changé par rapport à votre passé de footballeur professionnel ?
Les infrastructures et le suivi quotidien. On n'a pas le même suivi médical que dans un groupe professionnel. Mais, à Braine, j'ai la chance d'évoluer dans un club familial où les dirigeants sont très proches des joueurs et font le maximum pour leur permettre d'évoluer dans les meilleures conditions. C'est le club idéal pour passer du monde professionnel au monde amateur.
Est-ce que ça n'a pas été trop difficile de vous acclimater au football amateur ?
Dans ma carrière, j'ai toujours eu la chance de jouer le haut de tableau et gagner des titres dans pratiquement tous les clubs par lesquels je suis passé. À Braine, je suis tombé dans un club ambitieux, avec lequel nous avons été champions la saison dernière en D3 ACFF. Quand j'ai signé, j'ai directement dit aux dirigeants que je voulais jouer le top. Ça a facilité les choses pour moi.
En tant qu'ancien professionnel, avez-vous un rôle de guide dans le vestiaire ?
Bien entendu, surtout avec les plus jeunes du noyau. Je suis là pour les guider, leur donner des conseils et je vois qu'ils progressent. Je ne dis pas que c'est uniquement grâce à moi mais quand je leur donne des conseils, je vois qu'ils les écoutent et les appliquent. Je suis content de constater qu'ils ont eu l'intelligence de prendre les conseils reçus pour progresser de la sorte. Et ça, c'est aussi grâce au travail du coach et a son exigence envers chaque joueur. Il faut être exigeant avec les joueurs de qualité pour qu'ils sortent le meilleur de leur potentiel.
Que ce soit un match de D1A ou de D2 ACFF, je garde la même mentalité.
D'un point de vue plus personnel, vous prenez toujours autant de plaisir sur un terrain de football ?
On se dit souvent que les joueurs qui descendent de niveau se relâchent. C'est loin d'être mon cas. Je suis un compétiteur et je joue chaque match pour le gagner. Quand je rejoins une équipe, c'est pour jouer le haut du classement. Que ce soit un match de D1A ou de D2 ACFF, je garde la même mentalité. C'est indispensable d'avoir cet état d'esprit et cette exigence de résultats si on veut jouer le top. Sinon vous vous retrouvez dans le ventre mou. Ce côté compétiteur est ma source de motivation.
En parlant d'objectifs, jusqu'à quel âge souhaitez-vous jouer au football ?
J'ai 35 ans, j'ai parlé avec les dirigeants de Braine pour la saison prochaine et ils souhaiteraient me garder encore. Comme je me sens bien physiquement et que je pense avoir encore un bon niveau, j'aimerais bien encore jouer un an à ce niveau.
Et après ?
J'aurai 36 ans et j'aimerais jouer avec mes frères. Je me verrais bien jouer encore une ou deux années supplémentaires pour connaître ce plaisir de jouer avec eux.
Après votre carrière de joueur, est-ce que vous envisagez une reconversion dans le monde du foot ?
J'aimerais bien devenir coach lorsque j'aurai raccroché les crampons. Quand j'étais à Alost, je m'étais renseigné pour suivre une formation accélérée. Mais il fallait 100 % de présence et Alost n'a pas accepté que je rate un entraînement par semaine. C'est quelque chose que j'ai gardé dans un coin de ma tête car j'ai cette envie de transmettre aux jeunes joueurs.