Pour De Morgen, "l'Italie était trop forte, trop intelligente, trop bonne. (...) Avec ce nouveau cynisme et ce football clinique, le football belge a beaucoup moins la possession du ballon et a dû se contenter d'un certain nombre de contres. (...) Déjà en première mi-temps, les Belges savaient à quel point ce serait difficile."

Pour De Standaard, "cela aurait dû être l'année où la Belgique aurait pu remporter la coupe tant convoitée. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Après une véritable montagne russe d'émotions, où se sont alternés désespoir et espoir, les Diables Rouges n'ont pas (une fois de plus) pu être à la hauteur (...) Ce qui reste après Munich, c'est donc un arrière-goût amer. Sur le papier, cette génération dorée mérite mieux qu'une élimination en quart de finale. Mais dans la pratique, il s'avère tellement difficile d'obtenir ce prix mérité.."

"Toutes les bonnes choses ont une fin", résume Het Laaste Nieuws. "Les Diables rouges n'étaient pas frais, pas vifs, pas assez joueurs à Munich. (...) Martínez a vu le mont Rushmore s'effondrer lors de ce championnat d'Europe."

"Il y eut l'Estadio Mané Garrincha de Brasilia en 2014, puis le stade Pierre Mauroy en 2016. Il y aura désormais l'Allianz Arena au rang des cimetières qui ont enterré les illusions des Diables", commente Sudpresse. "Pour la troisième fois en l'espace de 7 ans, la génération dorée s'est donc pris les pieds dans le tapis de cérémonie des quarts de finale."

Pour toute la presse donc, il s'agit d'un nouveau rêve brisé pour les Diables. A tel point que certains évoquent la possibilité que notre équipe nationale ne gagne finalement aucun tournoi d'envergure. "La génération dorée ne gagnera pas encore de tournoi cette année. Et elle n’en gagnera peut-être jamais. Ce nouvel échec sera difficile à digérer", souligne la DH. "Cette Italie va continuer à devenir de plus en plus forte. Et d’autres nations aussi. La crainte de se faire irrémédiablement dépasser est là. Elle ne nous quittera pas, au moins jusqu’au mois d’octobre et la Ligue des Nations disputée chez les Italiens."

Sudpresse ne dit pas autre chose. "La pointe d'épingle italienne avait déjà fait éclater symboliquement la bulle à Munich, mais c'est devant une ligne de TGV que les vingt-cinq rescapés de cet Euro, qui ne restera pas dans les annales, se sont quittés. Un nouveau train était passé. Le dernier? On fera mine de ne pas le croire, jusqu'au Mondial qatari, dans 17 mois."

Du côté de la presse étrangère...

L'AFP voit en "cette nouvelle désillusion un crève-coeur pour la génération dorée belge". "Elle a encore laissé passer une chance de remporter un titre, frustrée à l'image de Romelu Lukaku dont la balle d'égalisation a été stoppée in extremis par le latéral italien Leonardo Spinazzola (61e). L'Italie a donné une leçon de vivacité et d'efficacité à la Belgique, encore stoppée aux portes d'une consécration, après ses échecs à l'Euro-2016 (quarts) et au Mondial-2018 (demies)."

Pour L'Equipe, la Belgique s'est prise une "Leçon d'Italien". La Nazionale a dominé puis contenu des Belges émoussés, résume le journal français sur sa Une.

La BBC, elle, garde un bon souvenir de cette rencontre. "Le match n'a peut-être pas été un festin de buts comme certains des huitièmes de finale, mais ce fut une bataille intense entre deux excellentes équipes jouant un football fantastique." Elle reconnaît toutefois que la Belgique "n'a pas su tirer parti de ses nombreux talents".

La Gazzeta dello sport, enfin, n'avait évidemment d'yeux que pour l'Italie. "L'équipe de Martinez joue un football simple, très efficace, qui exploite la vitesse de renversement de ses champions, auxquels s'est adjoint Doku. La première place au classement mondial a du sens mais l'Italie était supérieure. Un résultat bien mérité, construit avec difficulté, qui nous replace là où devrait être l'Italie, qui depuis près d'un siècle est l'un des pays phares du football. Mancini a su effacer des années de déceptions et même d'humiliations, redonnant fierté, identité et conviction en un temps relativement court."