Wijnaldum prévient les Hongrois : "Je suis prêt à quitter le terrain en cas d'incidents"
Georginio Wijnaldum s'inquiète du climat malsain venant des supporters hongrois.
- Publié le 25-06-2021 à 17h27
- Mis à jour le 26-06-2021 à 07h08

Le football aurait dû monopoliser l'attention à la veille de ce huitième de finale entre les Pays-Bas et la République tchèque. Malheureusement, la Hongrie a encore montré le mauvais exemple durant les matchs de poules. Samedi dernier, Kylian Mbappé et Karim Benzema ont reçu cris de singes et insultes xénophobes à chaque prise de balle.
Comme toujours, l'UEFA a ouvert une enquête disciplinaire sans toutefois régler le problème. De quoi inquiéter légitimement Georginio Wijnaldum pour cette rencontre qui se disputera au stade Puskas. "J'y ai réfléchi : tu joues en Hongrie, tu fais quoi si ça arrive ? Et si les supporters adverses le faisaient exprès parce qu'ils savent que tu vas quitter la pelouse et qu'ils pourraient avoir match gagné ? Je pense que c'est à l'UEFA de prendre la décision d'interrompre le match."
Le récent transfuge parisien est bien conscient que l'instance dirigeante n'est pas un modèle de courage face à ces problèmes de racisme. Dans un passé parfois récent, il n'était même pas rare que ce soit la victime qui se fasse sanctionner d'un avertissement. En Belgique, Marco Ilaimaharita a fait les frais de cette injustice lors d'un Malines - Charleroi.
Mouctar Diakhaby, avec Valence, est le dernier exemple en date en avril dernier. Wijnaldum met donc à juste titre la pression sur l'association pour éviter pareil dénouement face à une telle situation. "L'UEFA doit dire que ce n'est pas possible. On ne peut pas accepter cela. Elle doit se rendre compte que si elle ne le fait pas, elle fait reposer une grande responsabilité sur les joueurs. L'UEFA doit protéger les joueurs."
Le capitaine des "Oranje" n'avait pas le cœur à parler tactique ou de l'enjeu que revêt cette rencontre qui peut permettre aux Néerlandais de revenir sur le devant de la scène après deux grands tournois consécutifs passés à la maison. L'ancien Reds a donc brandi la menace de quitter le terrain si un incident xénophobe se produisait ce dimanche. Un avis qu'il avait déjà partagé il y a quelques années. "Je vais être honnête : c'est ce que je pense aujourd'hui. Je n'en ai jamais fait l'expérience et j'espère ne jamais avoir à le faire. Mais si quelque chose comme ça se produit dimanche, je pourrais quitter le terrain."
Le médian a également indiqué qu'il porterait un brassard arc-en-ciel siglé du message "One Love" en soutien aux homosexuels dont les droits sont remis en cause par le parlement hongrois à l'issue d'une nouvelle loi votée. "La Fédération néerlandaise a proposé cette initiative et nous a demandé d'y réfléchir. Cela correspond aux valeurs de la campagne One Love. Nous défendons la diversité. Chacun devrait être libre de vivre comme il l'entend."
Malen à la place de Weghorst ?
Outre l'atmosphère hostile, les Pays-Bas devront composer sans Luuk de Jong. Le Sévillan s'est blessé aux ligaments internes d'un genou lors d'un entraînement banal en début de semaine. S'il n'avait disputé que quelques minutes face à l'Ukraine et l'Autriche, cela offre une solution offensive en moins à Frank De Boer qui peut toutefois compter sur d'autres armes.
Le duo Memphis Depay - Wout Weghorst possède les faveurs du sélectionneur mais un vent médiatique porte Donyell Malen qui a profité du turnover lors de la troisième partie. L'attaquant du PSV n'a pas trouvé le chemin du but face à la Macédoine du Nord mais il a été impliqué dans les trois réalisations de son équipe. Son association avec le futur barcelonais a également été prometteuse.
"Lors de cette phase à élimination directe, je commencerais avec Malen et non pas Weghorst. Il apporte plus de variété dans le jeu comme on a pu le voir lors du dernier match", a pris position Roy Makaay.
Des propos partagés également par un autre ancien attaquant, Pierre van Hooijdonk. "Si on souhaite accomplir quelque chose dans ce championnat d'Europe, De Boer doit faire jouer Malen contre les adversaires les plus coriaces. C'est la seule façon pour cette équipe néerlandaise d'avoir une chance de devenir championne d'Europe."
Reste à voir si le technicien écoutera ses anciens partenaires face à un bloc bas et un match qui a tout l'air d'un bourbier.