Vincenzo Montella, l'entraîneur de la Turquie sous le feu des critiques : "Les contextes avec beaucoup de pression ne sont pas nouveaux pour lui"
L'Italien à la tête de la sélection turque est attendu au tournant dans cette compétition.
- Publié le 18-06-2024 à 10h25

L'aventure de Vincenzo Montella avec la Turquie avait parfaitement commencé. Arrivé à la tête de la sélection en septembre 2023, l'entraîneur italien avait réalisé des débuts parfaits avec trois victoires, dont une face à la Croatie et une autre contre l'Allemagne. Mais depuis, la machine s'est enrayée, si l'on se base sur les résultats. Avec cinq matchs sans victoire, dont une fameuse claque face à l'Autriche à trois mois du début de la compétition (6-1). "Montella est fort critiqué en Turquie vu son faible impact sur l'équipe lors des derniers matchs, analyse Muhammet Duman qui est journaliste sportif turc pour "Hürriyet". Les fans turcs ont toujours été impatients et ne veulent plus revivre la même chose qu'à l'Euro 2020 (NdlR : élimination au premier tour après trois défaites en trois matchs). Montella sait qu'il va devoir faire face à cette pression et devra relever la barre s'il ne veut pas connaître une situation difficile à la fin du tournoi…"
La pression turque n'est pas totalement inconnue pour Vincenzo Montella, lui qui a entraîné durant deux saisons en Super Lig. L'homme de 49 ans a pris en main l'équipe d'Adana Demirspor avec succès en la menant jusqu'en barrages de la Conference League avec une belle quatrième place au bout de l'exercice 2022-2023. Ce qui lui a ensuite ouvert les portes de l'équipe nationale. "Il a fait du très bon boulot à Demirspor en mettant en place un football offensif, se rappelle Onür Kaya, ancien joueur belgo-turc qui a passé douze saisons sur les terrains belges. Ses débuts à la tête de la Turquie étaient presque parfaits avec un 4-2-3-1 efficace qui a permis de rapidement se qualifier pour l'Euro. Mais plusieurs de ses choix ont posé question lors des matchs amicaux qui ont suivi, comme lors de la claque contre l'Autriche qui a fait très mal à sa réputation en Turquie."
"Sa capacité à rester calme est importante dans un pays comme la Turquie."
Pas de quoi perturber pour autant celui qui a joué au plus haut niveau en passant par l'AS Roma, Fulham, mais aussi l'équipe nationale d'Italie. Vincenzo Montella a connu des moments difficiles dans sa carrière de joueur puis d'entraîneur en réussissant toujours à s'en relever. "Ces contextes avec beaucoup de pression ne sont pas nouveaux pour lui, explique le préparateur physique belge Mario Innaurato qui a travaillé à ses côtés à l'AC Milan et à la Fiorentina. C'est un coach qui garde énormément les pieds sur terre et fait rapidement la part des choses. Sa capacité à rester calme est importante dans un pays comme la Turquie, où tout peut s'enflammer rapidement quand on parle de football. À Séville, nous avions connu des moments compliqués, mais il était resté fidèle à ses principes de jeu. C'est la marque des entraîneurs qui savent faire face à la pression."
Belle génération turque
Les récents résultats posent d'autant plus question que l'équipe n'a jamais paru aussi qualitative. Autour de la star de l'Inter Milan Hakan Calhanoglu, de nombreux jeunes commencent à prendre une place de plus en plus importante dans le groupe. Mais certains n'ont pas encore un temps de jeu en lien avec leur talent, notamment la pépite du Real Madrid, Arda Guler. "C'est un joueur que tu dois mettre en premier dans ton équipe donc j'espère qu'il sera dans le onze, analyse Onür Kaya. Il y a d'autres bons jeunes joueurs qui ne reçoivent pas leur chance comme Can Uzun qui a été ultra efficace avec Nuremberg et n'est pas dans la sélection. Dans l'autre sens, Samet Akaydin n'a presque pas joué au Panathinaikos, mais est repris… Ce sera à l'entraîneur de trouver la bonne formule, car les critiques seront encore plus grandes en cas de faux pas lors du premier match. Montella est toujours l'homme de la situation, mais si la Turquie fait une mauvaise compétition, il sera rapidement mis de côté."
"Si la Turquie fait une mauvaise compétition, il sera rapidement mis de côté."
Sous contrat jusqu'en 2026 à la tête de l'équipe nationale, l'Italien sait qu'il joue beaucoup dès la rencontre face à la Géorgie, contre qui la Turquie tentera d'aller chercher sa première victoire en 2024. "Je suis toujours un peu triste d'entendre qu'il n'a pas le soutien de l'opinion, conclut Mario Innaurato. Je ne comprends pas, car il a rapidement qualifié le pays pour l'Euro ; il ne faut pas oublier tout ce qu'il a réalisé avec cette équipe. Mais personne n'a de mémoire dans le football, donc c'est clair que le match face à la Géorgie sera d'une importance capitale pour lui."
Turquie (4-2-3-1) : Günok ; Ayhan, Demiral, Bardakcı, Kadıoğlu ; Özcan, Çalhanoğlu ; Güler, Yıldız, Aktürkoğlu ; Yılmaz.
Géorgie (3-5-2) : Mamardashvili ; Kverkvelia, Kashia, Dvali ; Kakabadze, Kiteishvili, Kochorashvili, Shengelia, Chakvetadze ; Kvaratskhelia, Mikautadze.