Kompany et De Bruyne: le Barça leur irait bien
Les profils de Vincent Kompany et de Kevin De Bruyne les rapprochent de l'idéal catalan.
- Publié le 19-10-2016 à 10h42

Les profils de Vincent Kompany et de Kevin De Bruyne les rapprochent de l'idéal catalan.
Leur pari est gagné. Blessés à quatre jours d'intervalle à Swansea, Vincent Kompany et Kevin De Bruyne sont à disposition de Pep Guardiola ce mercredi pour le choc le plus attendu de cette phase de groupes de la Ligue des Champions. L'un des deux, au moins, débutera face à un club qui est peut-être dans l'histoire contemporaine du jeu celui à l'identité la plus affirmée. La plus reconnaissable. Et, dans leur registre, les deux Diables se rapprochent de cette forme d'idéal.
"C'est vrai que ce sont deux joueurs qui ont une élégance naturelle qui nous fait penser à des clubs comme le Barça ", reconnaît Thomas Chatelle avant de délimiter les contours du débat. "Mais est-ce qu'ils ont le profil du joueur type barcelonais ?"
Kompany l'a eu. Il ne l'a jamais caché, revenant sur ce flirt avorté en 2014. "J'ai été plusieurs fois proche d'y signer", avait-il expliqué. "Il y a eu des contacts." Qui n'ont jamais abouti.
"Quand Vincent avait été sollicité, cela répondait à des soucis derrière inhérents au jeu de Guardiola qui n'est pas celui d'Enrique, il avait besoin de vitesse, de puissance, de fiabilité comme Puyol l'a fait à merveille durant des années. Et Vincent aurait pu lui succéder mais dans un autre style", rappelle Alex Teklak. "Défensivement, quand on voit des gars comme Mathieu ou Umtiti qui ont signé là-bas, on se dit que Vincent ne ferait pas tache", expose son ancien coéquipier à Anderlecht, Thomas Chatelle, qui pointe désormais une réserve : "On connaît tous ses pépins et c'est ce qui rend les choses irréalistes même s'il aurait pu y jouer il y a un certain temps."
Ce qui fait naître un regret dans la bouche de Benoît Thans. "Vincent, on aurait aimé le voir là-bas à un moment de sa carrière. Il y aurait eu sa place vu son potentiel physique et la simplicité qui est la sienne pour trouver ses milieux ou ses latéraux dans la relance. Avec son intelligence tactique, sa force physique, oui", observe le Liégeois, qui commentera la rencontre ce mercredi pour Proximus.
Convoité au plus fort de l'ère Guardiola, Kompany avait les armes pour s'y imposer. Ce qui n'était bien évidemment pas le cas à l'époque de Kevin De Bruyne pour d'évidentes raisons de maturité. Mais le KDB actuel aurait pu trouver sa place dans le Barça d'hier, quand le centre de gravité de l'équipe résidait dans son entrejeu plutôt que dans son attaque.
"Dans le Barça d'Enrique, son utilisation serait différente car il aurait plus de responsabilités mais se retrouverait moins dans des zones de confort où Guardiola l'installe perpétuellement. Il s'éclaterait aussi au Barça , attention, parce qu'il aurait devant lui des joueurs comme Suarez et Neymar qui adorent prendre la profondeur. Il s'y retrouverait mais différemment, son jeu serait moins sublimé", observe Teklak.
"Mais, avec sa qualité de déplacements, ce serait quelque chose. Il pense avant les autres, possède ce sens du déplacement et de l'isolement, cette faculté à se libérer du marquage puis il a ensuite le geste juste", s'enflamme Thans pour qui "il colle à la philosophie du Barça ".
Où son rôle dans le millésime actuel se rapprocherait pour Chatelle "de celui de Rakitic". "Mais", s'interroge l'ancien Diable, "aurait-il encore des libertés ?"
Moins en tout cas que celle qui est sienne dans le Manchester City de Guardiola. "Avec lui, Kevin n'est pas devenu un meilleur passeur, mais il est plus efficient et s'épanouit dans un système harmonieux", reprend Teklak. "Guardiola retrouve en lui quelque chose de Xavi et Iniesta car Kevin fait parler le jeu par la passe."
Preuve que les références barcelonaises ne sont jamais loin.
"Nous n'avons peur"
Kevin De Bruyne et Manchester City ne craignent pas le FC Barcelone.
Kevin De Bruyne est là et bien là. Rarement blessé, le Gantois l'a été le 25 septembre dernier et la manière avec laquelle il est vite revenu a mis en lumière sa faculté de récupération.
Les 90 minutes qu'il a tenues contre Everton ouvrent la porte à sa titularisation au Camp Nou."En fait, j'étais juste prêt et je voulais jouer contre les Toffees . J'ai pu m'entraîner la semaine précédente et cette blessure a été vite oubliée. C'est ma chance avec les blessures, je me rétablis très vite et j'ai pu très rapidement faire des exercices et reprendre", a expliqué le Diable dans la presse anglaise, ne cachant pas qu'il ne ressentait aucune crainte à l'idée de rencontrer un adversaire qui a systématiquement battu Manchester City (4 victoires en 4 matches).
"L'entraîneur a son idée, nous ne savons pas encore dans le détail comment il va faire, mais cela peut être très bien. Nous n'avons pas peur", a-t-il indiqué. "Ils ont un style de jeu très dominant et nous n'avons pas mal joué contre Everton, il fallait juste marquer plus."
Guardiola, lui, se sait attendu pour juger des progrès de son nouvel employeur. "Mais Manchester City a passé 35 ans sans jouer la Coupe d'Europe", a-t-il rappelé en conférence de presse. "Cela représente beaucoup de temps et on ne devient une équipe importante en Europe que quand on joue l'Europe régulièrement. C'est l'objectif pour Manchester City dans les cinq, six, sept prochaines années de pouvoir rivaliser chaque saison."