Face au Barça, Julien Duranville s'est enfin présenté à l'Europe: "Nous voulons maintenant franchir les prochaines étapes avec lui"
Le Belge a dû attendre la fin de sa 2e année au BVB et la venue du Barça pour fêter sa première titularisation. À la clef : une défaite, mais une rencontre fondatrice.

- Publié le 12-12-2024 à 06h56

Cinq maigres montées au jeu cette saison. À peine huit depuis son arrivée en janvier 2023. Puis est arrivé ce 11 décembre 2024. Une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire de Julien Duranville. Malheureusement pas pour le résultat, nous y reviendrons plus tard. Mais bien pour cette toute première fois sur la photo d'équipe en match officiel. Cette toute première fois aligné avec ses partenaires pour écouter l'hymne de la Ligue des champions (il avait déjà goûté 2 fois à la C1 mais en sortant du banc).
Dithyrambique à son sujet mais aussi conscient de sa grande fragilité musculaire, son entraîneur Nuri Sahin a longtemps refusé de lancer son joyau de 18 ans dès le coup d'envoi. Il s'est toutefois dit que la venue du Barça ressemblait à l'occasion idéale. En partie parce que Donyell Malen et Karim Adeyemi n'étaient pas à 100 %. Aussi parce qu'il a rassuré physiquement ces dernières semaines. Et puis parce que le jeu très technique des Catalans lui convenait probablement mieux.
Au Signal Iduna Park, cette titularisation a bien évidemment ravi les fans qui ne s'y sont pas trompés lorsque le speaker a énoncé son nom. L'ancien Anderlechtois fait partie de cette catégorie de joueurs qui possèdent un petit truc en plus et cette capacité à se faire lever les foules. Avec sa vitesse et ses dribbles déroutants, il donne l'impression – lorsqu'il se place face au jeu – que tout peut arriver. Il n'a d'ailleurs fallu attendre que… 10 secondes pour s'en apercevoir.

Rassuré, encouragé et mis en confiance par ses coéquipiers juste avant le coup d'envoi, Duranville a tout de suite montré à Alejandro Balde – le back gauche barcelonais – ce qui l'attendrait durant le reste de la soirée. En allant déjà le provoquer pour gagner un coup de coin. Défier Balde, le dépasser puis centrer : il a réussi ce mouvement à quatre reprises rien qu'en première période. Avec la plus grosse occasion allemande de la 1re période à la clef, lorsqu'il a trouvé Sabitzer (17e).
C'était juste après un solide quart d'heure des Blaugranas qui, avec Raphinha (3e) puis Yamal (4e et 14e), sont passés très proches de l'ouverture du score. Fragile défensivement, Dortmund est toutefois parvenu à tenir bon avant d'équilibrer davantage les débats. On a ensuite revu Duranville à l'œuvre. Très souvent cherché par ses partenaires, il a par exemple obligé Iñigo Martinez à s'accrocher à son maillot pour l'arrêter (16e) avant de mettre Pedri dans le vent avec un double contact (24e).
Le Barça en marche
Le début de la seconde période fut plus compliqué. Hansi Flick a demandé Balde de ne plus laisser le moindre espace au Diable rouge, tout en signalant à Pedri de venir l'aider. Puis le Barça a ouvert le score, via Raphinha, parti à la limite du hors-jeu (53e). La réponse fut néanmoins rapide : Guirassy, poussé par Cubarsi dans le grand rectangle, s'est fait justice lui-même sur penalty pour égaliser (60e).
Mais le Barça avait encore des ressources. Si Lewandowski n'a pas trompé Kobel pour son retour à Dortmund, son remplaçant Ferran Torres s'en est chargé en poussant au fond une reprise de Fermin mal dégagé (75e). Dortmund a encore pu répliquer, via un bon ballon de Couto et l'opportunisme de Guirassy (78e), qui s'est racheté de ses nombreux ratés. Mais les Catalans sont encore parvenus à repasser devant, avec la vista de Yamal et le sang-froid de Torres, à nouveau et une dernière fois (75e : 2-3, score final).
Ce match lui donnera un peu de confiance en lui.
Quelques instants avant ce quart d'heure de folie, Julien Duranville avait cédé sa place (73e) sous les applaudissements du Mur jaune et de tous les Borussen. Celui qui n'avait jusqu'alors disputé que 176 minutes en deux ans mais reste considéré comme l'une des grandes promesses du football belge aura déposé sa carte visite à l'Europe entière.
"Je pense qu'il a joué avec exactement la fraîcheur et la facilité que nous attendions de lui, s'est réjoui le directeur sportif Sebastian Kehl. Il est très bien entré dans le match et a réalisé une bonne première action avec laquelle il a pu faire la différence. Il était très heureux, l'entraîneur lui a fait confiance. Il a bien fait et nous voulons maintenant franchir les prochaines étapes avec lui cet hiver. Ce match lui donnera un peu de confiance en lui."
Est-ce le véritable commencement de son aventure dans la Ruhr ? Il aura en tout cas d'autres occasions de s'exprimer. Malgré la défaite, le BVB (9e) reste aux portes du top 8 et tentera d'y rejoindre le Barça (2e) lors des deux dernières journées, en janvier 2025.