Et si le Pays basque raflait toutes les coupes d'Europe… puis la Coupe du monde ?
Après Unai Emery, c'est au tour d'Inigo Perez (Rayo Vallecano) de représenter les Basques en finale face à Crystal Palace, pour motiver encore plus Mikel Arteta (Arsenal) samedi.

- Publié le 27-05-2026 à 10h55

Et si, à l'instar des rassemblements de druides à l'époque de la Gaule, on organisait un grand congrès réunissant les entraîneurs basques ? On pourrait bavarder de football pendant de longues heures. Il y aurait toutefois deux problèmes : il faudrait une grande salle pour tous les accueillir, et on ne saurait pas à qui proposer les sièges d'honneur du premier rang, tant les candidats seraient nombreux.
Il suffit de regarder le tableau actuel. Mikel Arteta (Arsenal) vient de remporter la Premier League et dispute la finale de Champions League ce samedi ; Unai Emery (Aston Villa) a soulevé l'Europa League mercredi dernier ; Inigo Perez (Rayo Vallecano) tentera de gagner la Conference League ce mercredi à Leipzig ; Luis de la Fuente (Espagne) entame sa mission pour devenir champion du monde ; et Andoni Iraola (Bournemouth) a écrit l'histoire de son club cette saison.
On peut y ajouter Xabi Alonso, qui s'apprête à prendre la tête de Chelsea ; Ernesto Valverde, qui dirige l'Athletic Bilbao ; José Luis Mendilibar qui entraîne l'Olympiacos ; Eder Sarabia qui est à Elche ; Julen Lopetegui qui sera à la Coupe du monde avec le Qatar ou Imanol Alguacil, qui a connu la gloire à la Real Sociedad. Bref, les Basques dominent l'Europe et même une partie du monde.
La culture et les valeurs
Alors, comment une région moins peuplée que la Wallonie (3,1 millions d'habitants) a créé une telle abondance de grands entraîneurs ? Certains parleront de coïncidences. Mais il s'agit plutôt d'une addition de différents ingrédients qui poussent en terres basques.
D'abord la réussite sportive des clubs basques. Ils sont actuellement quatre en Liga (Athletic Bilbao, Real Sociedad, Deportivo Alavès et Osasuna) et tous ont pour principes fondateurs de grandir avec des joueurs régionaux, grâce aux excellents centres de formation, où l'on prône des modèles footballistiques forts mais pas figés. Or beaucoup d'entraîneurs sont évidemment des ex-joueurs.
Nous sommes des travailleurs dans l'âme.
Chacun est par ailleurs formé avec les valeurs basques. Mikel Etxarri, le mentor de Xabi Alonso et d'Unai Emery, estime d'ailleurs que la culture commune à la région – alliant sérieux, transmission, travail et sincérité – joue un rôle énorme. Les Basques ont aussi la réputation de ne pas causer de problèmes en interne et d'être très fidèles. Avez-vous d'ailleurs entendu une polémique concernant Arteta, Alonso ou un autre ?
"Nous sommes des travailleurs dans l'âme, nous expliquait en 2024 Josu Zubia, directeur sportif de la fédération de football de Guipuscoa (la province de la ville de San Sebastián). On dit aussi souvent de nous que nous ressemblons aux Anglais, d'où le succès de nos coachs en Premier League. Il y a beaucoup de similitudes culturelles entre eux et nous. Le climat, les gens, le caractère, on se ressemble."
Historiquement, les Basques ont en effet davantage de facilité à s'ouvrir et s'attacher à ceux qui les ressemblent. "Je suis né dans un quartier populaire de Pampelune, et mes racines sont les mêmes que celles de tous les habitants de Vallecas, a expliqué Inigo Perez, l'entraîneur du Rayo Vallecano, club pourtant situé à Madrid. Nous savons que le succès est possible grâce au travail et à la discipline. Nous avons la même vision de la vie."
Il n'y a donc pas une recette unique. Contrairement à la fierté de toute une région qui pourrait entrer dans l'histoire du football. Imaginez : trois entraîneurs basques (Emery, Perez et Arteta) remportant les trois grandes compétitions européennes puis un quatrième (De la Fuente) être sacré champion du monde. Le tout, en l'espace de deux mois.